‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 50 sur 253 · Ibid.y n · texte numérisé non relu

Ibid.y n

étaient portés à se montrer parcimonieux. « L'article concernant les annates ayant été adopté par l'assemblée des prélats et des lords de ce royaume, écrit Chappuys le 29 mars1, les députés des villes et des villages furent d'un avis contraire, et, bien que presque tous aient été choisis au bon plaisir du roi, ils se sont opposés, autant qu'ils ont pu, à cette mesure. » Le roi intervint personnellement et sans résultat auprès des chefs de la majorité ; il eut alors recours à un procédé d'intimidation qui eut un plein succès. Il demanda à ceux qui défendaient son projet, de se ranger sur un des côtés de la salle; et à ses ennemis, de se placer de l'autre côté. La majorité des députés, pour ne pas déplaire au souverain, vint prendre place à l'endroit assigné aux amis et la loi fut votée avec de légers amendements2.

Tout cela s'était fait dans le plus grand secret ; le nonce savait vaguement qu'il se tramait quelque chose contre l'autorité du pape ; mais il lui était impossible d'envoyer à Rome des renseignements précis. Toutes les précautions étaient prises pour calmer ses inquiétudes et celles de son maître. Quand on put soupçonner que l'envoyé du Saint-Siège avait été informé par des évêques, le duc de Norfolk passant, comme par hasard, devant la maison du prélat, descendit de cheval pour aller familièrement prendre des nouvelles de Son Excellence et l'assurer que le roi n'était pour rien dans les mesures projetées. Le nonce, cette fois, ne fut point dupe, à en juger par le récit de Chappuys, et fit comprendre à son interlocuteur, en langage diplomatique. qu'il savait parfaitement d'où venaient les coups. Le bill voté, le roi en retarda la publication ; ses envoyés à Home eurent l'ordre d'entretenir le pape dans Tigno-

1. Voir Gei and Hardy, DocumenU illwtrative of thc History of the Engliêh Church, dc 19, le texte de la loi.

rance de ce qui s'était passé. Leur mot d'ordre était de ne point parler, et, s'ils étaient interrogés, ils devaient répondre que cela n'avait aucune importance, que tout s'arrangerait. Henri sentait bien que l'abolition des annates, ouvertement avouée, équivalait à une déclaration de guerre au Saint-Siège. 11 venait de couper un des grands câbles qui reliaient l'Angleterre à Rome ; mais ses intérêts, le grand désir de voir reculer le plus longtemps possible l'inévitable sentence sur le divorce, lui imposaient encore des ménagements.

3 — Le Clergé soumet toutes les lois ecclésiastiques à l'examen de Henri VIII et renonce au droit d'en faire de nouvelles sans son autorisation.

Pendant qu'on discutait le projet de loi sur les annates, Parker, vicaire général de l'évêque de Worcester, soulevait contre lui l'opinion. Un squire du comté de Gloucester étant mort, on avait trouvé des hérésies dans son testament ^. La Convocation s'occupa de l'affaire. Suivant les lois du temps, son corps, enterré dans un cimetière catholique, devait en être retiré. Parker, chargé de l'exécution de cette loi, fit exhumer le cadavre et, de sa propre autorité, le fit brûler sur le bûcher. Le parlement s'empressa de se saisir de l'incidentetcondamnaParkeràuneamendede lO.OOOfrancs de notre monnaie. C'est à ce moment que les communes présentèrent la fameuse Supplication contre les Ordinaires- . lien reste plusieurs brouillons dont l'un est de la main de Cromwell; ce qui indique suffisamment la véritable origine du document. Cromwell, comme More, constate que la mésintelligence entre civils et ecclésiastiques est récente ; il l'attribue à Tyn-

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