‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 65 sur 253 · SENTENCE DERNITIVE DU PAPE · texte numérisé non relu

SENTENCE DERNITIVE DU PAPE

dans la Ville Eternelle au moment où le consistoire allait prononcer une sentence d'un intérêt capital pour leur souverain. En votant pour le roi d'Angleterre, ils auraient manqué à leur conscience; en votant contre, ils auraient trahi leur devoir politique. Ils aimèrent mieux s'abstenir.

Du Bellay, mécontent du pape, du Sacré-Collège et des ambassadeurs espagnols, qui se moquaient de lui, annonça le 23 mars au soir, dans un billet laconique adressé à François Ier, que sa présence étant désormais inutile, il se proposait de quitter Rome sans délai. Il ajoutait j « qu'au milieu de sa tristesse il lui restait au moins une consolation. Tous, à Rome et ailleurs, seront du moins obligés de convenir que le roi de France a tout fait pour éviter une rupture entre le Saint-Siège et l'Angleterre ». Ces paroles étaient vraies, mais depuis quelques mois seulement. Jusqu'au jour où la divulgation du mariage secret d'Henri avec Anne et le couronnement de la nouvelle reine produisirent en Europe un scandale criant, le gouvernement français avait appuyé le roi d'Angleterre dans sa lutte contre Rome de tout le poids de son influence morale. 11 avait mis à son service toutes les ressources de sa diplomatie qui, à plusieurs reprises, fit entendre à Clément des menaces non déguisées et promis, par un traité d'alliance offensive et défensive, l'appui de ses armées contre le pape et l'empereur si Henri était attaqué à cause de l'affaire du divorce. En forçant le pape à différer la sentence de plusieurs années, la France a donné à son allié le temps d'organiser peu à peu le schisme, qui aurait été impossible sans cet appui moral et matériel, parce que l'Angleterre de 1630 n'avait ni armée ni marine. La responsabilité du gouver-

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