‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 66 sur 253 · Lctters andpapcrs, Henry VIII, t. YJ1, n · texte numérisé non relu

Lctters andpapcrs, Henry VIII, t. YJ1, n

nement français dans cette affaire est très grande . 11 faut ajouter, à sa décharge, qu'il rechercha lui-même l'alliance anglaise par suite d'impérieuses nécessités politiques. Charles-Quint, qui dominait le Saint-Siège, menaçait presque toutes nos frontières; l'amitié de l'Angleterre, toute faible qu'elle fût à cette date, nous apportait la sécurité sur la frontière du Nord-Ouest. Quand les ministres français virent qu'Henri se servait de notre alliance pour se détacher de Rome, ils déclarèrent qu'ils ne voulaient pas détruire l'autorité du Saint-Siège.

La sentence du 23 mars n'a pas provoqué le schisme. La séparation était chose accomplie avant que le courrier porteur de cette nouvelle n'arrivât à Londres. Les concessions du roi n'étaient pas sincères. Du Bellay, en route pour la France, rencontra à Bologne les docteurs Carne et Benettque le roi envoyait comme « excusateurs ». L'évêque de Paris leur communiqua la décision papale en les engageant à rebrousser chemin. Ils avouèrent alors qu'ils n'avaient pas de pouvoirs. Leur mission était le dernier acte d'une comédie toute remplie de fourberies, que leur maître faisait durer depuis quatre ans.

Le bon sens du peuple et l'indignation des femmes anglaises avaient depuis longtemps tranché, en faveur de Catherine, le différend entre elle et son mari. Pourtant la sentence du chef de TEglise catholique, toute tardive qu'elle fût, dut adoucir les souffrances de la reine, dont la foi et la piété étaient admirables.

Page 1