‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 67 sur 253 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

L EGLISE D ANGLETERRE SOUS LE GOUVERNEMENT DU ROI ET DE SON VICAIRE GENERAL, CROMWELL. LES MARTYRS.

schisme.

Le parlement, qui venait de voter les lois schismatiques, avait modifié l'acte d'hérésie de la deuxième année de Henri IV. Les évêques avaient le droit jusque-là d'emprisonner les gens soupçonnés de professer des opinions contraires à la foi. Ce droit lut en partie transféré aux shériffs, et l'accusation n'entraînait la prison que si elle était appuyée par deux témoins. Désormais aucune parole, aucun acte contre le pape et ses décrets ne devaient être considérés comme hérétiques. Les deux évêques italiens Campeggio et Ghinucci furent privés de leurs évêchés de Salisbury et de Worcester.

Un des premiers soins du roi avait été de lier ses

BIBLIOGRAPHIE. — Documents : Letters andpapers, Henry VIII, t. VU. VIII, IX. — Calendar of State papers, Spanish, t. V. — Calcndar of State papers, Venetian, t. V. — Rymer, Fœdera, t. VI. — Chauncey, Historia aliquot nostri sœculi martyrum, 4583, éd. 1888.

Livres : Voir les biographies de More par Roper, Stapleton et Bridgett,

citées au chapitre n; Bridgett, Life of cardinal Fisher, Londres, 1891, 8°.

Voir aussi les articles du Dictionary of national biography sur cha-

sujets à sa destinée par un engagement solennel. La chambre des Lords avait voté le 23 mars un « acte de succession » qui appelait à la couronne la petite Elisabeth, née le 7 septembre 1533, d'Anne Boleyn. Tout Anglais et toute Anglaise ayant atteint l'âge de raison furent obligés de prêter serment à cet acte. La formule en fut donnée par lettres patentes ; elle impliquait la renonciation à l'autorité du pape *. Une commission où siégeaient Cranmer, Norfolk, Suffolk et le chancelier Audley reçut le serment à Lambeth. Chacun des membres du parlement le prêta le 30 mars.

Au même moment, Cranmer visitait sa province ecclésiastique et faisait signer au clergé, qui y consentit généralement, une déclaration où il était dit que « l'évêque de Rome n'a pas reçu de Dieu une autorité plus grande sur ce royaume d'Angleterre que nïmporte quel autre évêque étranger ». L'assemblée du clergé du nord et celle du sud répudièrent également l'autorité du Saint-Siège, le 31 mars et le 5 mai. 11 est nécessaire d'ajouter que la question fut, à dessein, très mal posée à ces deux assemblées. L'archevêque demanda - : « 1° Le pape, d'après la Sainte Écriture, a-t-il plus de pouvoir en Angleterre que n'importe quel autre évêque ? 2° Y a-t-il quelque renseignement, dans l'Ecriture, sur les relations entre Rome et l'Angleterre ? »

11 était trop évident que la Bible n'avait pas parlé de

cun des martyrs. Chaque article est suivi d'une bibliographie, généraiemenl très soignée. Morris, Troubles of our catholic Forefathers, t. i; Wright, Létters relating to the suppression of Monasteries; Lingard, Bistory of England, t. Y; Spillmàn, Die Engliscfier Martyre* unter Beinrich VIII und Elisabeth, L5$t*43. Fribourg, 1900, S' : Gasouot, The last abbot of Glastonbury, Londres. 1895, 8°.

i. Statute* of the realm% 15, Benry YllL chap. xxn. pp. ïti-T'* et -2*;. Henry i ///, chap. xi, p. »(>-j 93.

■i. Wilkins, Concilia, t. m, pp, 772. ttg.

L'Angleterre; poser de cette manière tout le problème de l'autorité papale était une véritable moquerie. La réponse des deux universités, identique à celles du clergé, fut prise pour une répudiation formelle du Saint-Siège *.

Le serment imposé aux religieux était beaucoup plus explicite2, parce qu'ils étaient soupçonnés, non sans raison, d'attachement au pape. Ils devaient jurer de déclarer et de prêcher que le « chaste et saint mariage entre Anne et Henri » était juste et légitime, d'accepter le roi comme « chef suprême » de l'Eglise d'Angleterre. Ils devaient déclarer que l'évèque de Rome n'a pas plus d'autorité que les autres évêques, renoncer à tous les décrets du Saint-Siège contraires au roi, adhérer à tous les décrets d'Henri et le nommer dans leurs prières, avec Anne Boleyn. Cette formule était composée dans l'intention évidente de voir les monastères décliner en masse la prestation du serment, afin d'avoir un prétexte à les dissoudre pour s'emparer de leurs biens.

Deux moines 3 eurent la bassesse de s'offrir à Cromwell pour parcourir l'Angleterre et faire prêter le serment dans tous les monastères du royaume : ils s'appelaient Georges Brown, prieur des frères augustins, et Hilsey, provincial des dominicains. Leur besogne, commencée en mai 1534, dura jusqu'à la fin de l'année.

Il est profondément pénible pour des catholiques romains de constater que les ordres religieux cédèrent enmasse. Cette capitulation douloureuse s'explique, en partie, par la différence des temps. La promulgation

1. Rymer, Fœdera, t. VI, part. II, p. 195 et suivantes, nombreuses prestations de serments.

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