I. I.ctlcrs and paper*, Henri VIII, t. Mil, n -Mi
LKS PREMIERS MARTYRS. 121)
partagé d'ailleurs par mes compagnons de captivité, repose sur des témoignages et des raisons autrement solides que votre doctrine née d'hier. Car nous avons pour nous toute la chrétienté et, qui plus est, la majeure partie de la nation. Seulement, beaucoup n'osent pas l'avouer, les uns par peur, les autres dans l'espérance qu'un compromis les sauvera. »
« Quels sont-ils? » demanda Cromwell. Et Reynolds de répondre : « Tout ce qu'il y a d'honnête en Angleterre. Si besoin était, je vous citerais, à l'appui de cette thèse, les conciles généraux, les historiens et les docteurs de l'Eglise : Jérôme, Augustin, Grégoire. S'il faut parler sans détour, je suis convaincu que le jour où le roi connaîtra toute la vérité, il sera vivement indigné contre les prélats qui l'ont engagé dans cette voie désastreuse. »
« Pourquoi avez-vous dit à certains de vos amis qu'il est illicite d'adhérer aux volontés du roi et à la loi du parlement? — J'affirme, répondit le moine, que je n'ai jamais émis en public une opinion qui pût tant soit peu désobliger le roi ou son conseil. Si je me suis exprimé clairement au sujet de la situation présente, ce n'a été qu'au tribunal de la pénitence, et je n'en dois compte qu'à Dieu1. »
Reynolds fut déclaré coupable.
Deux prêtres séculiers furent condamnés en même temps : un vieillard, John Haie, curé d'Isleworth, et un jeune ecclésiastique, son voisin de résidence, Robert Féron, curé de Teddington. Ce dernier obtint sa grâce en divulguant un grand nombre de conversations privées entre les moines de Sion et le vénérable curé d'Isleworth. On avait besoin de son témoignage pour perdre Haie ; il le donna largement : son voisin mourut