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martyr; il reste sur son nom à lui, qui reçut un pardon dédaigneux, la flétrissure qui s'attache aux renégats et aux délateurs.
L'archevêque de Cantorbéry, Cranmer, essaya de sauver Webster et Reynolds. « Je m'explique d'autant moins, écrivit-il à Cromwell, la résistance de deux hommes de cette valeur, que je connais depuis longtemps l'opinion personnelle de Webster. Le mieux, selon moi, serait de leur inculquer la pure doctrine qui a cours aujourd'hui. Leur conversion influerait sur le public beaucoup plus efficacement que le spectacle de leur exécution. Si donc vous jugez à propos de me les envoyer, j'essaierai de les convertir à notre cause1. »
Cromwell ne fut pas de l'avis de Cranmer. Houghton, Webster, Lawrence, Reynolds et Haie subirent, le 4 mai, la mort atroce réservée aux condamnés pour crime de haute trahison.
Ils furent étendus sur des claies en bois, les pieds en avant et garrottés. Les claies, traînées par deux ou quatre chevaux, protégées par un cordon de troupes, quittèrent la Tour pour se rendre à ïyburn — distant de quatre kilomètres environ — à travers des rues semées de flaques d'eau croupissante. Les témoins disent que le long de cette interminable voie douloureuse, la foule fut, ce jour-là, émue et sympathique.
Arrivé à Tyburn, le père Houghton monta sur la charrette et dit à la foule : « Je prends Dieu à témoin et je vous adjure tous d'attester pour moi, au dernier jour, que j'ai fait, avant de mourir, la déclaration suivante : Si je refuse d'obéir au roi notre maître, ce n'est ni par obstination, ni par malice, ni par esprit d'insubordination, mais uniquement parce que nia conscience m'en fait une obligation. Les décrets de Sa Majesté et du