Les monastères anglais, leur situation matérielle
et morale.
L'Angleterre, au moment du schisme, comptait environ 800 monastères d'hommes et de femmes, ou couvents de frères mendiants. Nous faisons entrer dans ce chiffre les 29 maisons supprimées par Wolsey entre les années 1524-1528, mais nous n'y comprenons ni les chapitres des églises cathédrales et collégiales,
BIBLIOGRAPHIE. — Documents : Lelters and papers, Henry VIII, IX à XVI. — Calendar of State papers, Venetian, t. V, qui est particulièrement intéressant à cause des longs extraits de la correspondance de Reginald Pôle.
Calendar of State papers, Spanish, t. Y et VI, moins importants que les précédents volumes.
Rymer, Fœdera, t. YI. Wilkins, Concilia, t. III.
Cox, Remains of archbishop Cranmer, Londres, 4846, 2 vol. 8°.
Les huit volumes des Letters and papers qui embrassent la période de 1538 a 1540, contiennent une foule de documents sur les événements racontés dans le présent chapitre. Nous y renverrons souvent le lecteur.
Livres :Gasquet, Henry VIII and the English Monasteries, 2 vol., 2e éd. 1888, trad. française, Paris, 1894, 2 vol. 8°. — Wright, Letters relating to the suppression of Monasteries. — Spf.lman, The history and fate of sacrilège, Londres, 1698, f°; on se sert de l'édition de Londres,
Tanner, év. anglican, Notitia monastica or an account of ail the aboies, priories and houscs of friars... before A. D. 15 W, Oxford, 1695, f°.
r.i.uNT, Reformation of the Church ofEngland, Londres, 1881,2 vol. 8°.
Raine, Inventories and account rolls of the monasteries of Jarrow and Monkwearmouth, from their commencement in 1303 tillthe dissolution, Londres, 1854, 8°.
Sir .1. Williams, Account of the monastic treasures confiscated at the dissolution of the varions houses, Edimbourg, 1826, 8°.
ni les collèges et hôpitaux qui appartenaient à des moines, ni toutes les petites fondations que les grandes abbayes avaient essaimées autour d'elles.
Les monastères d'hommes s'élevaient à peu près au chiffre de 500. Les chefs de 31 des plus importants avaient le titre d'abbés et leur place marquée à la Chambre haute du parlement. Ces « lords spirituels », à titre de grands propriétaires terriens, marchaient de pair avec les barons et les comtes de la plus haute lignée. Les gilbertins, les moines de Cluny, les prémontrés, les chartreux possédaient un petit nombre de maisons. Les trois quarts des monastères se partageaient entre les cisterciens, les chanoines de Saint- Augustin et les bénédictins.
Ces derniers avaient les célèbres abbayes de Reading, de Glastonbury, de Colchester, de Durham ainsi que huit ou neuf cathédrales, entre autres celles des grands sièges épiscopaux de Winchester, de Durham et de Cantorbéry. Le gouvernement de cette dernière église leur revenait de droit pendant la vacance du siège métropolitain et ils désignaient le consécrateur du nouveau primat. Les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem possédaient 43 commanderiez.
Les monastères de femmes étaient 140, environ. Sur ce nombre, 84 appartenaient aux bénédictines, 26 aux cisterciennes, les autres aux gilbertines, aux dames de Saint-Jean de Jérusalem, aux augustines et aux brigittines de Sion. Les religieuses s'occupaient surtout d'éducation. Leurs monastères étaient disséminés danstoute rétendue du royaume, mais le comté d'York eu renfermait un plus grand nombre qu'aucun autre.
Il y avait environ 200 couvents de frères mendiants. Ils s'élevaient en général au milieu des villes tandis que les monastères étaient bâtis, de préférence, à quelque distance des cités ou en pleine campagne.