‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 96 sur 253 · LE SORT DES MOINES ET RELIGIEUSES · texte numérisé non relu

LE SORT DES MOINES ET RELIGIEUSES

ceux qui furent versés dans les grands monastères sévirent priver de toute pension.

Les frères des différents ordres mendiants n'eurent pas, en principe, de pension annuelle. Seuls quelques supérieurs des maisons de Londres, en particulier l'évêque dominicain Hilsey, obtinrent de petites faveurs. Les autres furent bannis de leurs demeures avec une allocation unique de 4 à 5 shillings, en moyenne. Dans certains cas les pères expulsés ne reçurent pas la moindre indemnité.

Lors de la confiscation des grands monastères d'hommes et de femmes, une pension fut promise à ceux qui livreraient leur maison au roi; cependant, il ne semble pas que cette trahison qu'était la cession volontaire d'une abbaye ait donné un droit absolu à un dédommagement. Ainsi la soumission des trente moines deFurness ne paraît pas avoir été récompensée par une pension. Aucun des religieux habitant les douze monastères qui tombèrent au pouvoir du roi par suite de la condamnation de leur supérieur pour haute trahison ne fut pensionné.

Le chiffre de la pension variait beaucoup ; les supérieurs des grands monastères reçurent en moyenne 100 livres par an et chacun de leurs moines de 5 à 6. John Laurence, dernier abbé de Ramsey, eut 266 livres, Robert Wharton, abbé de Bermondsey et évêque de Saint- Asaph, 333 livres; l'abbesse Agnes Jordan avait 200 livres. Ces grosses pensions étaient la récompense d'une servilité exceptionnelle. Des moines, attachés autrefois à des cathédrales monastiques, reçurent un poste analogue dans un nouvel établissement.

Les pensions promises furent payées avec assez d'exactitude par la cour d'accroissement ou les administrateurs des biens monastiques, mais elles furent

18f> LA DESTRUCTION DES MONASTERES ANGLAIS.

très réduites par les prélèvements opérés à l'occasion de chaque subside nouveau que le parlement accordait au roi.

Que devinrent les religieux et les religieuses expulsés? Les documents ne permettent pas de donner une réponse générale à cette question si intéressante. Parmi les religieuses, un certain nombre passèrent à l'étranger, comme les dames de Sion qui s'établirent à Dermond, en Flandre; d'autres finirent par se marier; d'autres encore qui avaient quelque bien recueillirent auprès d'elles des compagnes moins fortunées et, en mourant, les instituèrent leurs héritières. On trouve encore dans les églises, des monuments funéraires qui rappellent le souvenir de quelque religieuse expulsée. Rien de plus mélancolique que la destinée de ces pauvres femmes.

Parmi les frères mendiants, beaucoup se rendirent sur le continent dans les maisons de leurs ordres respectifs. Ceux d'entre eux qui étaient prêtres, cherchèrent, comme les moines, à entrer dans le clergé séculier ; ils eurent plus de difficulté que ces derniers à obtenir cette faveur. De même que des religieuses trouvèrent à gagner leur vie comme dames de compagnie et servantes, moines et frères furent parfois recueillis dans des familles amies. Les abbés qui s'étaient montrés les plus accommodants avec les commissaires royaux reçurent plus tard des évêchés : Nommons dès maintenant, puisque nous les rencontrerons plus tard dans l'épiscopat schismatique : Salcot, Wharton, Rugg, Holbeach, Chambers, Kîtchen, Wakeman et Salisbury.

Parla ruine des monastères, une rente annuelle de 200.000 livres sterling fut soustraite aux 8.081 religieux ou religieuses et aux 80.000 personnes, infirmes, pauvres ou domestiques, qui en vivaient avec eux. Le

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