Quelques résultats de la destruction des monastères
Dès Tannée 1551, l'envoyé vénitien Barbaro \ rendant compte de son ambassade en Angleterre, signalait en ces termes quelques résultats déjà apparents de la suppression des maisons religieuses : « Rien n'est si désastreux, disait-il, que la destruction des abbayes qui entretenaient une grande partie de la population, étaient un refuge pour les pauvres, une ressource pour les voyageurs et utiles aux souverains en temps de guerre. »
Il fut bientôt évident que la confiscation des terres monacales ne profitait qu'aux riches. Les moines étaient des propriétaires indulgents qui se faisaient payer en nature; ceux qui les remplacèrent doublèrent bientôt les fermages et n'habitèrent pas sur leur domaine. Ils entourèrent de clôtures les pâturages communaux qui avaient, en fait, appartenu aux moines mais que ceux-ci avaient laissés à la disposition des pauvres gens. Il fut désormais impossible à des milliers d'artisans et de journaliers de garder quelque bétail. Tout ce petit peuple alla s'enfonçant de plus en plus dans la misère de même que beaucoup d'ouvriers agricoles employés par les monastères et qui furent congédiés par les nouveaux maîtres. Dès l'année 1540 le parlement2 fut obligé de venir en aide à cinquante- sept villes tombées en décadence par suite de la destruction des abbayes à qui elles étaient redevables de leur prospérité dans le passé. Des districts entiers furent appauvris et dépeuplés. La première quête pour les indigents, début du fameux impôt des pauvres, eut