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I. ^^ Les traditions relatives aux trois tribm

Il faut examiner maintenant si cette conclusion ressort également de Tétude de Thistoire romaine, indépendamment des rapports que cette histoire peut offrir avec celle des autres peuples.

Les anciens ne s'entendent pas très bien sur ce sujet. Tandis que Denys d'Halicarnasse montre le fondateur de Rome distribuant dès Torigine la population en trois tribus et trente curies (1), Cicéron (2), Tite-Live (3), Plutarque (4) voient dans cette organisation un effet du rapprochement des Latins de Romulus, des Sabins de Tatius et d'un troisième groupe sur la nationalité duquel ils ne sont point d'accord. En présence de ces assertions contradictoires, on ne sait à laquelle se ranger.

Il est vrai que les Romains aimaient à se croire issus d'un mélange de races diverses. Le jour où ils prirent conscience de leur mission historique , cette tradition se trouva dans toutes les bouches. Elle devint le lieu commun des historiens, des orateurs, des hommes d'Etat (5). On pouvait invoquer à l'appui la situation

(2) De JRep., II, 8.

(4) Rom., 20.

(5) Sali., Catilin., 6. Florus, 1, 1. Cic, pro Balb., 13. Tac. Ànn.y XI, 24. —

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géographique de Rome, placée sur les confins des pays latin, sabin et étrusque. Mais, fondée ou non, cette tradition importe peu ici. Les étrangers admis dans la cité ont pu être, versés dans les trois tribus, si elles existaient auparavant. C'est ainsi que Denys se représente rentrée des Sabins (1). Tite-Live lui-même ne se représente pas autrement celle des Albains (2),

Les noms des tribus n'apportent non plus aucune lumière. L'étynaologie de Lucumo^ proposée pour Luceres (3), n*a pas satisfait même les anciens. Tite-Live aime mieux confesser son ignorance par un aveu d'autant plus significatif qu'il est moins dans ses habitudes et dans celles de l'antiquité (4) ; car le même Tite- Live n'hésite pas, avec tous les historiens latins, à dériver Ramnés de Romulm ou Roma (5), étymologie aussi peu soutenable que la précédente. Celle de Titus Tatius pour Tities, Tatienses (^) , est la seule qui ne soit pas grammaticalement absurde, mais elle n'apprend rien. Les efforts des modernes n'ont pas été beaucoup plus heureux que ceux des anciens. Si toutefois ils aboutissent à un résultat, c'est que les noms des tribus sont plutôt honorifiques, et n'indiquent, par suite, aucune' diversité d'origine (7).

On a fait l'observation suivante (8) : Les membres de chaque tribu portent un nom générique, ce qui n'est pas le cas des membres de la curie. 11 en est des tribus comme des gentes et des curies comme des régions de Servius. On dit les Ramnes, les Tities, comme les Cornelii, les Fabii, et un tel de la curia Veliensis ou Foriensis^ comme un tel de la région Esquilina ou CoUina. D'un côté , la tribu ou la gens n'est désignée que par le nom de ses membres. De l'autre, les membres de la curie ou de la région ne sont désignés que par le nom de la région ou de la curie. Les noms des régions et des curies sont géographiques (9). Ils impli-

V.Schwegler, Rôm,Gesch., I, p. 503. Amédée Thierry, Tableau de l'empire rom., c. I. Fastel de Coulanges, Cité antique, l. Y, c. II, § 1.

(3) Varr., L £., V, 55. Cic. De Rep,\ II, 8, etc. Cf. Plut., Rom., 20, et Paul Diac., p. 119.

(5) md. Cf. Varr , ibid. Cic, ibid. Plut., ibid,

(6) Ibid.

(7) Corssen, ûber Ausspr., II, p. 85, 2* édit.

(8) Genz, Das patrieische Rom, p. 90.

(9) Cela est vrai de la plupart des curies, non de toutes. Par ex. la curia Rapta. V. Plut., Rom., 20. Denys, II, 47. Becker, Alterth., II, p. 32. Willems, Droit publie, p. 35, 4* édit.

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