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pas la centurie qui figure sur les champs de bataille ; mais la turme , ou escadron de trente cavaliers , dont dix Ramnes , dix Tities et dix Luceres. Varron fait venir de ce mode de formation le mot turme, d'un vieux mot latin terima^ issu de ter (1), et cette étymologie, donnée aussi par Festus (2), n*est pas la moins plausible de toutes celles qu-e Ton rencontre dans les auteurs anciens. Le même principe qui dominait l'organisation de la cavalerie ne pouvait manquer d'être appliqué à l'infanterie légionnaire. C'est celui qui a toujours prévalu à Rome et qui peut se formuler en ces termes : « Chaque corps de l'armée est une réduction de TEtat tout entier et comme un miroir où se reflète dans son intégrité l'image de la patrie (3). » Ainsi les tribuns , bien que représentant chacun une tribu , n'étaient pourtant pas placés à la tête de l'effectif de cette tribu ; mais ils avaient mission de le lever, de l'instruire , de le conduire sous les drapeaux. En un mot, ils exerçaient tour à tour des fonctions plus tard disjointes : celles des tribuns légionnaires et des curatores tribuufn (4) ; car c'est de cette manière seulement, et en confondant ces deux idées dans leur personne , qu'on se rend compte de l'aspect double et en quelque sorte contradictoire sous lequel ils s'offrent à notre étude, ne commandant qu'à une partie du peuple en temps de paix , et en temps de guerre à des corps de troupes où toutes les parties du peuple figuraient. Et peut-être n'est-ce pas assez dire , s'il est vrai que dès lors ils se succédaient régulièrement dans le commandement en chef, sous les ordres suprêmes du roi (5).
Comment s'est faite la transition entre ce tribunat et le tribunal légionnaire des temps historiques ? Il est probable que les tribuns restèrent trois dans chaque légion jusqu'au règne de Tarquin l'Ancien , où ils furent portés à six par une conséquence du dédoublement général qui se produisit sous ce règne dans tous les corps patriciens (6). C'est ce même nombre qui, maintenu durant des siècles, demeura, aux yeux des Romains , comme un dernier reste et comme une preuve vivante des liens qui avaient uni la légion primitive à là triple cité de Romulus. Mais dès avant Tarquin, depuis que cette légion unique se fut renforcée de plusieurs
(L) ib., £. £.
(3) Momms., Mm, Trib,, p. 132. Belot, Cheval, rom,, I, p. 153.
(4) Momms., Ihid., p. 20-30.
(5) Momms., Staaatsr.y II, p. 169.
(6) Ibid., p. 177.