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CHAPITRE IV

DU RAPPORT DU SÉNAT AVEC LES CENTURIES ÉQUESTRES DANS LES TEMPS HISTORIQUES. LES SIX CENTURIES SÉNATORIALES.

I. — De la distinction entre les chevaliers de rang sénatorial et les antres. — Les équités illustres. -* L'anneau d'or.

IL — Les six centuries sénatoriales. -- Leur rôle politique.

III. — Les six centuries sénatoriales. — Si elles avaient un rôle militaire spécial. — Les légions urbaines.

IV. — Les six centuries sénatoriales. <— Si elles étaient patriciennes et jusques k quand elles le restèrent.

V. — De l'inscription des sénateurs dans les six centuries sénatoriales.

VI. — De l'époque à laquelle les sénateurs cessèrent de faire partie des six centuries sénatoriales. — D'une interprétation proposée par M. Madvig pour un texte de Cicéron dans le quatrième livre de la République.

I. — De la distinction entre les chevaliers de rang sénatorial et les autres. Les équités illustres. Vanneau d'or.

Quand les historiens s'attachaient à ce rapport entre le Sénat et les centuries, en dépit des raisons qui en démontrent Timpossibilité, ce n'était pas seulement parce qu'ils voyaient dans toute l'antiquité les mêmes hommes qui étaient appelés à servir dans la cavalerie, en possession du gouvernement de la cité. S'ils n'avaient eu sous les yeux que cette vérité incontestable, mais toute générale, l'idée ne leur serait pas venue, sans doute, de la dénaturer, en la ramenant à une conception systématique. Ils se seraient contentés de signaler l'analogie de composition entre le Sénat et la chevalerie, sans poursuivre dans le tableau de leurs accroissements successifs un parallélisme purement imaginaire. Mais ils étaient dominés et trompés par le spectacle du présent, autant et plus que par le souvenir du passé. Lorsque la chevalerie se fut complétée par l'addition des douze centuries de Servius , le lien qui unissait le Sénat aux six centuries anciennes

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apparut d'autant plus fort que les nouvelles en étaient plus dégagées, et plus il résistait à toutes les transformations politiques et sociales, plus on dut juger qu*il avait été à l'origine étroit et puissant. Ainsi y parce que le Sénat et les six centuries continuaient de se recruter dans la même classe de citoyens et que, pour figurer dans le deuxième corps , il fallait être issu d'une famille ayant figuré dans le premier (1), on arriva à se persuader qu'ils avaient eu tous deux , durant leur période de formation , un développement rigoureusement identique. Ce caractère exclusivement sénatorial des six centuries primitives , par opposition aux douze autres, est un des traits qui dans la Rome nouvelle rappellent directement la vieille constitution. A ce titre, et bien qu'il ait persisté fort tard , il appartient à l'histoire du patriciat. Il importe donc de le démêler et de le fixer avec quelque précision.

Il n'est pas douteux que de tout temps on ait distingué parmi les chevaliers equo publico une catégorie plus honorée. Tite-Live , énumérant les pertes des Romains dans un combat de la deuxième guerre punique (551 = u. c. 203) termine par ces mots : « Environ vingt-deux chevaliers illustres succombèrent avec quelques centurions (2). » M*. Weissenborn (3) croit qu'il s'agit des chevaliers equo publico , distingués de la cavalerie légionnaire. Mais , si l'on considère l'acception que cette épithète a illustre » a prise par la suite , il ne semble pas que telle soit l'idée de Tite-Live. Sous l'empire, les chevaliers illustres étaient ceux qui portaient le laticlave, soit qu'ils l'eussent reçu par la faveur de l'empereur , ou qu'ils y eussent droit par le fait de leur naissance. Co sens est nettement affirmé par Tacite , quand il dit que l'Egypte était fermée aux sénateurs, ainsi qu'aux chevaliers illustres (4). Il résulte en efifet de ce rapprochement que ces chevaliers illustres ne différaient pas des chevaliers à dignité sénatoriale , dont il est question dans un autre endroit (5). Tite- Live lui-même applique l'épithète illustre à des chevaliers dont la noblesse sénatoriale est notoire, T. Sempronius Gracchus, M. Junius Silanus , M. Ogulnius , P. Claudius (6). Sans doute ,

(1) n va sans dire, une fois pour toutes, que les familles sénatoriales qui n'avaient point le cens de la première classe étaient exclues des centuries équestres; mais ces cas étaient très rares. Y. Willems, Sénat , I, p. 189-197,

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