‹ Les origines du sénat romain:Chapitre 34 sur 116 · XXXIII · texte numérisé non relu

XXXIII

(6) Ibid. — Cf. Val. Max., IX, III, 3.

60 LES ORiaiNBS DU SÉNAT ROMAIN.

qui avaient exercé ou dont les ascendants avaient exercé des magistratures curules. Pendant longtemps on ne considéra comme de véritables sénateurs que les sénateurs faisant partie de la nobilitas. Les autres n'étaient que des chevaliers. Aulu-Gelle cite un passage de Varron où les pedarii , c'est-à-dire les sénateurs non curules, sont qualifiés de la sorte (1). Sous cette réserve seulement , on peut dire , en s'en rapportant au double témoignage de 'Tite-Live et de Pline, que Tanneau d'or était, au milieu du. cinquième siècle , un signe distinctif des sénateurs. C'est assez pour établir qu'à cette époque il y avait des chevaliers equo pwblico qui portaient l'anneau d'or et d'autres qui ne le portaient pas , car on verra que depuis l'institution d'une cavalerie nouvelle, étrangère aux centuries, les sénateurs gai*daient leurs places dans ces centuries à côté de leurs fils (2). A plus forte raison si leurs fils eux-mêmes avaient droit à cet insigne , comme Tite- Live l'aflBrme pour le siècle suivant.

En l'an 544 u. c. = 210, Rome avait besoin d'une flotte. Tite- Live met ces paroles dans la bouche du consul M. Valerius Laevinus : « Tout ce que nous avons en fait d'or, d'argent, de cuivre monnayé, il faut que nous, sénateurs, nous le portions, dès demain, au trésor public. En or, chacun ne se réservera que son anneau, celui de sa femme et de ses enfants... (3). » Ce texte ne montre pas seulement que les enfants des sénateurs portaient l'anneau d'or; il nous apprend aussi que cet ornement n'était plus exclusif à la nobilitas, car il n'est pas possible de prendre ici le mot sénateurs dans un sens restrictif à la noblesse curule. Laevinus s'adresse au Sénat tout entier, et sollicite de tous indistinctement le même effort patriotique. Il est vrai que Tite-Live est contredit par Pline; mais le témoignage de ce dernier a une valeur moindre. Pline a retracé l'histoire de l'anneau d'or avec une confusion où se reconnaît le procédé du compilateur (4). Il dit que l'anneau d'or était devenu d'un usage vulgaire (promiscum) au temps de la deuxième guerre punique (5) , en quoi il dépasse les conclusions que l'on peut tirer du texte de Tite-Live, et quelques lignes plus bas , il s'attache à prouver qu'il n'était pas encore porté par tous les sénateurs contemporains de Marius et de Sylla (6). Mais les

(1) III, 18. Sur ce texte, v. Willems, Sénat, I, p. ÏBB, etc.

(2) V. 2 5 de ce chapitre»

Page 1