‹ Les origines du sénat romain:Chapitre 35 sur 116 · XXVI · texte numérisé non relu

XXVI

(4) XXXill, 4-9, édit. DeUefsen.

(6) md.

l'anneau d'or. 61

exemples qu'il cite tournent contre lui ; car pourquoi les historiens se seraient-ils donné la peine de les recueillir, s'ils ne les avaient considérés comme des exceptions? La vérité est qu'ils s'expliquent par une affectation de simplicité et d'archaïsme. Tel est le motif que Pline lui-même paraît attribuer à la famille des Quinctii, quand- il rapporte qu'elle répudiait l'usage de l'or, même pour les femmes (1). On ne dira pas que les Quinctii n'avaient pas droit à l'anneau d'or. S'ils ne le portaient pas, c'est qu'ils le voulaient bien. N'est-ce point pour une raison du même genre que Marins, le rude plébéien d'Arpînum, ne prit l'anneau d'or qu'après son troisième consulat? Lorsqu'il triomphait de Jugurtha avec l'anneau de fer, il suivait un ancien usage et fut remarqué pour l'avoir suivi (2). Tout ce qui résulte des faits mentionnés par Pline, c'est que l'anneau d'or, restant d'un usage facultatif, n'était pas, comme le laticlave, le signe officiel de la dignité sénatoriale. C'est une question des plus obscures de savoir à quelle époque il commença à être porté par tous les chevaliers equo publico. Quand Pline le montre tombé dans une sorte de promiscuité dès la deuxième guerre punique (3), c'est sur la foi de l'anecdote fameuse de Magon répandant , dans le vestibule de la curie carthaginoise, trois mesures, quelques-uns disaient trois mesures et demie (4) , d'anneaux d'or ramassés sur le champ de bataille de Cannes. Mais cette anecdote paraissait peu vraisemblable même aux anciens. Florus réduit les trois mesures à deux (5) , et Tite- Live croit qu'il vaut mieux les réduire à une (6). M. Belot trouve que cette dernière évaluation est elle-même exagérée, car les chevaliers equo publico n'étaient pas alors plus de deux mille quatre cents, et il aurait fallu qu'ils eussent tous laissé un anneau d'or à l'ennemi pour qu'il pût , avec ces menus objets, remplir un récipient ayant une capacité do plus d'un décalitre (7). Quant aux cavaliers légionnaires, on sait, par Pline, que les hommes de la première classe, dont ils étaient tirés, avaient encore l'anneau de fer au temps d'Auguste (8). Il est donc permis de négliger cette anecdote, qui repose peut-être sur un premier fond de vérité,

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