LES LÉGIONS URBAINES
Live et de Denys , les seuls qui semblent confirmer , par une preuve directe, la théorie de M. Belot? Celui de Tite-Live est ainsi conçu : a On avait fait de grands enrôlements à Rome. Les affranchis mêmes, qui avaient des enfants et qui se trouvaient en âge de servir, avaient été admis à prêter serment. De cette armée urbaine « ex hoc urbano exercitu, » on embarqua ceux qui avaient moins de trente-cinq ans. Les autres restèrent pour la défense de la ville (1). » Il faut se placer dans les circonstances où la mesure rapportée par Tite-Live a été prise. On venait d'apprendre le désastre de Trasimène , et le dictateur Q. Fabius Maximus rassemblait en toute hâte les forces dont la République pouvait disposer en ce jour de crise. Il commença par envoyer deux légions nouvelles rejoindre Tarmée consulaire. Tite-Live ne dit point s'il employa le mode de recrutement décrit par Polybe. A priori , on peut supposer que non. C'était un procédé bon en temps ordinaire, mais qui ne pouvait convenir en cas de danger pressant. Il exigeait que les hommes des trente-cinq tribus eussent quitté leurs territoires respectifs et se fussent transportés à Rome de distances quelquefois considérables. Quand il fallait aller vite , on aimait mieux opérer sur place, au moyen de commissaires délégués à cet effet (2), et c'est ainsi qu'on dut agir en cette occasion. Polybe , qui parle également des légions mises sur pied par Fabius, laisse entendre que leur recrutement ne s'était pas fait dans des conditions régulières (3). Les troupes consulaires étant renforcées , il restait à pourvoir à l'armement de la flotte et à la sûreté de la ville. Ce fut l'objet d'une deuxième levée où l'on prit tout ce qu'on avait à portée de la main , c'est-à-dire ceux des citoyens valides qui étaient demeurés à Rome , et jusqu'aux affranchis qui s'y trouvaient en grand nombre et qu'une loi, enfreinte ce jour-là, écartait de la légion (4). Ce fut une armée urbaine dans les deux sens.