‹ Les origines du sénat romain:Chapitre 50 sur 116 · LES SÉNATEURS DANS LES SIX GENTUHIES · texte numérisé non relu

LES SÉNATEURS DANS LES SIX GENTUHIES

interpréter un texte. Heureusement voici qui ne permet plus d'hésiter. Il résulte du discours de Laevinus qu*à Tanneau d'or qui du temps de la deuxième guerre punique distinguait les sénateurs nobles, il faut ajouter les phalères d'argent. Mais le même discours nous apprend que s'ils partageaient l'usage de l'anneau d'or avec leurs fils, ils s'étaient réservé celui des phalères. En effet Laevinus les engage à abandonner les anneaux d'or de leurs fils avec le leur ; mais il considère le sacrifice des phalères comme devant leur être personnel (l). Et si cet insigne était d'un usage exclusif aux sénateurs en 544 u. c. =210, à plus forte raison devait-il en être de même en 450 u. c. = 304 , quand l'idée d'une noblesse sénatoriale ne faisait que de naître. Il suit de là que les nobles qui en 450 u. c. = 304 déposèrent leurs phalères ne pouvaient être que des sénateurs. Les sénateurs ne cessaient donc pas, dès cette époque, d'être inscrits parmi les chevaliers.

Tite-Live, en rapportant les mesures de rigueur prises l'un cx)ntre l'autre par les censeurs Livius et Claudius , dit qu'ils se trouvaient par hasard avoir tous deux le cheval public (2). Ces paroles surprennent. On les rapproche aussitôt du passage de Valère-Maxime où ce compilateur, racontant le même incident, ajoute , en guise d'explication , que les deux censeurs étaient alors dans tonte la force de l'âge (3). Mais , comme le remarque très bien M. Belot (4), pour Valère-Maxime, qui vivâtit en un temps où les centuries ou plutôt les turmes ne contenaient plus que des jeunes gens, le maintien du cheval public à deux personnages sénatoriaux était un fait exceptionnel , qu'il se croyait obligé d'expliquer. Pour Tite-Live au contraire qui rappelle encore quelques livres plus loin la privation du cheval infligée à Scipion l'Asiatique, un consulaire (5) , le même fait ne pouvait présenter rien que de régulier. Est-ce donc par simple inadvertance qu'il s'exprime ainsi? Ou bien donne-t-il à entendre que tous les sénateurs ne se considéraient pas comme tenus de conserver jusqu'à la fin leur place dans les centuries? Il se pourrait. Rien , en tout cas , ne les y forçait. Dix ans de service effectif étaient tout ce qu'on avait le droit de leur demander.

(1) « ..: ita ut anulos sibl quisque et conjugi etliberis... ; argenti, qui curuli sella sederunt, equi ornamenta deferamus. »

(2) XXIXr 37 : « Et ambo forte censores eqaum publicum habebant. »

Page 1