‹ Les origines du sénat romain:Chapitre 51 sur 116 · XXXIX · texte numérisé non relu

XXXIX

VI. — De l'époque à laquelle- les sénateurs cessèrent de faire partie des six centuries sénatoriales, — De l'interprétation proposée par M. Madvig pour un- texte de Cicéron dans le quatrième livre de la République.

Le moment arriva où ce ne furent plus quelques sénateurs, mais tous qui se retirèrent du corps équestre. On a cru trouver dans une phrase énigmatique de Cicéron un éclaircissement, sur ce point obscur. Il met les paroles suivantes dans la bouche de Scipion Emilien : « Quelle sagesse dans cette division des citoyens par ordres , par âges , par classes ! Dans cette institution du corps équestre qui comprend aussi les suffrages du Sénat! Avantagé précieux que tant de gens ont la sotte idée de supprimer ! » Le reste de la phrase doit être cité dans le texte : « Nimis multis jam stulte hanc utililatem tolli cupientibus qui novam largitionem quserunt aliquo plébiscite reddendorum equorum (1). » Ce sont ces derniers îQOts qui, très clairs sans doute pour Cicéron et ses lecteurs contemporains , ne le sont plus du tout pour ceux d*aujourdhui. M. Madvig en a essayé une explication qui a été généralement suivie (2). Il faut la reproduire avec le développement qu'elle comporte.

• L'avantage qu'il s'agit de supprimer est pour les sénateurs. C'est celui que leur assure leur vote dans les six prérogatives. On comprend que Scipion y ait tenu. Non- seulement il lui paraissait inopportun de renoncer à la direction des comices au moment où l'autorité du Sénat était battue en brèche par la démocratie , mais il pensait aussi que ce rapprochement forcé des sénateurs et des chevaliers sur le Champ de Mars était de nature à faciliter une entente devant laquelle tous les projets de loi agraire devaient échouer (3). C'était la politique d'un adversaire des Gracques. Ce fut plus tard celle de Cicéron qui, toute sa vie, poursuivit l'accord de l'ordre sénatorial et de l'ordre équestre. Il était naturel qu'il la prêtât à son héros, ou plutôt qu'il la lui empruntât. Mais quels sont les auteurs ou les instigateurs de ce plébiscite malencontreux? Des sénateurs évidemment, car s'il était

(1) De flep., IV, 2.

(2) OpuscuL academ,, I, p. 72-87. Cf. Die Verfassung und Verw, des Rôm.t Staates, I, p. 159-161. — Cf. Marquardt, Hist. eq. rom., p. 22. Zumpt.. Uéher die rômischen Ritter,, p. 21-24. Belot. Cheval, rom., l\ p. 212-214.

(3) Cf. De amicit.f 12 : « Videre jam videor populum a senatu dléjanctum. »

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