‹ Les origines du sénat romain:Chapitre 52 sur 116 · LES SÉNATEURS EXGLUS DES SIX CENTURIES · texte numérisé non relu

LES SÉNATEURS EXGLUS DES SIX CENTURIES

venu des tribuns ennemij du Sénat, Scipion eût qualifié leur dessein tout autrement (1). Et quelle est leur raison pour commettre cette sottise? Une simple raison d*économie. L*achat et Ventretien d'un cheval constituaient une charge assez lourde de« puis que le renchérissement de toutes choses avait rendu insuffla santés les subventions allouées par TEtat. Et ce n'est pas assez de dire un cheval , car au sien le sénateur devait ajouter celui de son fils , s'il avait un fils dans les centuries , et il pouvait en avoir plusieurs (2). C'est dans ce sens qu'il faut entendre le mot largitio. Les sénateurs sollicitaient une libéralité du trésor quand ils demandaient à être délivrés d'un honneur coûteux. Ce qui prouve bien que l'assignation de Vequus publicus était un véritable impôt auquel tout le monde essayait d'échapper , c'est Tenquôte ouverte par les censeurs de l'an 545 u. c. = 209 pour rechercher ceux qui s'étaient soustraits au service dans les centuries (3); c'est l'anecdote d'iBbutius se faisant dispenser, en guise de récompense , de la même obligation (4); ce sont les paroles prononcées, vers la même époque, parCaton le Censeur, et d'où il résulte que l'efifectif du corps équestre était tombé au-dessous du nombre réglementaire (5); c'est l'autorisation accordée par Auguste à tous les hommes âgés de plus de trente-cinq ans de rendre leur cheval (6). Et, pour compléter la démonstration, le ton sur lequel Scipion le prend avec les partisans du plébiscite montre assez qu'il y avait quelque chose de mesquin dans lesjnotifs qui dictaient leur conduite.

Il semble qu'il n'y ait rien à opposer à une hypothèse aussi ingénieuse qu'elle paraît solidement construite. Pourtant on a peine à se figurer que ces motifs misérables aient pu être de quelque poids auprès de cette puissante aristocratie, enrichie des dépouilles de l'Afrique, dé la Grèce et de l'Orient. Admettons que l'indemnité de Vœs équestre et de Vœs hordearium (7) ne couvrît plus les frais. Elle en couvrait du moins une partie; mais quand

(1) Belot, i. c,

(2) Madvig, Verfau, und Verw,, p. 159.

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