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LE GOGNOMBN DANS LA GENS PATRICIENNE

pas qu'ils proviennent d'un tombeau réservé à cette famille à l'exclusion des autres Cornelii (1). La mention du cognomen y paraît donc indispensable.

Il faut répondre ici à une objection. Si l'omission du cognomen est générale au sixième siècle, qui nous dit que les ignobiles dont il a été question tout à l'heure n'en avaient pas un aussi bien que les nobles dont on vient de parler ? La seule différence n'estelle pas que l'histoire nous fait connaître les surnoms de ces derniers , tandis que ceux des autres restent ignorés ? Ce raisonnement est assez réfuté par les textes où les trois noms sont présentés comme un signe de noblesse (2). On remarquera de plus que le cognomen devient de règle sur les monuments élevés à des nobles, alors qu'il est encore très clairsemé sur ceux des petites gens. C'est vers la fin du sixième siècle que se produit cette nouveauté dont l'inscription de L. Cornélius Scipio en 561 u. c. = 193 (?) offre sans doute un des premiers exemples (3). Puis viennent celles de M. iEmilius Lepidus cos. en 567 u. c. = 187 (4), de L. Manlius Acidinus III vir colon, deduc. en 573 u. c. = 181 (5), etc., etc. Pourtant, à la même époque et plus tard encore , quand le cognomen est requis parla loi Acilia repetundarum (631 u. c. = 123 ou 632 u. c. = 122), pour la confection de Valbum judiciaire (6) , il demeure exclu des actes publics , plus fidèles , comme on sait, aux anciennes formules. Les sénatus-consultes de la république sont à ce point de vue particulièrement intéressants. On ne le trouve ajouté aux noms des témoins ni sur le sénatus-consulte qui est adressé aux Delphiens (565 u. c. = 189 (7), ni sur celui des Bacchanales (568 u. c. = 186) (8), ni sur celui de Thisbé (584 u. c. = 170) (9) , ni sur celui des Tiburtins (595 u. c. = 159) (10), ni sur celui de Narthakion (entre 604 u. c. = 150 et 608 u. c. = 146) (11), ni sur celui de Priène (619 u. c. = 135) (12), ni sur les deux qui sont transmis par Josèphe (615 u. c. = 139

(2) Auson., IdylL, XI, 80. Sch. Juvm.^ V. 127. *

(7) Léb, Wadd., 852.

(9) Ephem. epigr., I, p. 278.

(U) Bulletin de correspondance heUénique, YI, p. 363« (12) Léb. Wadd., 195, 196.

et 618 u. c. = 136) (1), ni sur celui d'Astypalaea (649 u. c. = 105)* (2), ni sur celui qui concerne Asclépiade de Clazomène (676 u. c. = 78) (3). Le premier où on le rencontre est celui d'Aphrodisias (698 u. c. = 56) (4). U est vrai que la mention du cognomen suit une marche moins régulière pour le magistrat qui préside à l'acte. Le sénatus-consulte de Narthakion est le premier qui le donne, puis il ne reparaît que sur celui d' Asclépiade pour disparaître encore une fois sur celui d'Aphrodisîas (5). De même sur les autres textes officiels. S'il n'accompagne pas les noms des consuls sur le monument découvert à Pouzzoles et rappelant certains travaux exécutés dans cette colonie en 649 u. c. = 105 (6), d'un autre côté, il fait suite, douze ans plus tôt, à ceux des deux Minucii;, sur la table de bronze qui nous a conservé leur sentence dans le différend entre les Génois et leurs voisins (637 u. c. = 117) (7). Il y a là, évidemment, une période de transition où l'usage n'est pas bien fixé (8).

C'est encore à la gens patricienne qu'il faut remonter pour avoir la clé de ces singularités. C'est elle qui a fait le cognomen ce qu'il est et qui a imprimé cette direction à son histoire. Qu'on la suppose en effet composée dès le principe de familles indépendantes ; n'est-il pas vrai que dès le principe le cognomen aurait dû être utilisé pour servir d'étiquette à chacune d'elles ? Ainsi on ne verrait pas de gentes réduites à un seul surnom. On ne verrait pas non plus celles qui en possédaient plusieurs attribuer indif» féremment à tous leurs membres le droit de les porter. Toutes au contraire auraient commencé par s'en choisir un certain nombre ayant chacun leur destination propre. Enfin le cognomen^ remplissant, comme le nom et le prénom , une fonction nettement définie, aurait fait partie de la série, et, soustrait à l'arbitraire, il se serait trouvé soumis à la loi. On se demande, il est vrai, corn-

(1) Antiq, lud., KIY^S, 5 ; XIII. 9, 2.

(4) Leb. Waddingt. , 1627. Le sénatus-consulte d'Adramyttium (après 621 u. c. = 133 ?) ne donne pas les eognomina des témoins. Aussi M. Mommsen le croit-il antérieur à Cicéron. {Éphem. epigr., IV, p. 216.)

(5) Les sénatus-consultes cités par Aulu-Gile (XY, 11). ne peuvent être invoqués , car ils ne reproduisent pas Ten-téte de l'original. Y. Foucart^ Archives des missions sdentifiques, 1. c, p. 343.

(7) Ibid., 199.

(8) Y. sur cette question Foucart, l, c, p. 339-341 , et Laticheff, BuUetin de correspondance heUénique, Y-YL Sénatus-consuUe de Narthakion, p. 373 et 374>

LB DÉVBLOPPBUBNT DBS GBNTB8 PATRIGIENNB8. 143

ment la règle ne lui a pas été appliquée par la suite, quand Tunité de la gens fut brisée. C'est apparemment que Tlxabitude étant prise et le système des noms propres arrêté de longue date, on ne se donna pas la peine d'y rien changer.

YI. — Le cognomen dans les diverses gentes patriciennes. — Le

développement des gentes patriciennes.

L'étude du cognomen au sein des diverses gentes patriciennes complète ces recherches et vient à l'appui de ces conclusions en môme temps qu'elle en prépare d'autres qui se retrouveront plus tard.

Il faut laisser de côté les gentes dont on ne connaît pas le cog^ nomen^ la Gamilia, la Canuleia, la Gispia^ la Gaelia, la Fulcinia , la Galeria, l'Hostilia, la Lemonia, l'Orbinia, la Pœtelia, la PoUia, la Pompilia, la Potitia, la Pupinia , la Raboleia, la Ra* cilia , la Romilia, la Roscia , la Yerania , la Yitellia, la Yoltinia.

Il faut écarter aussi les gentes auxquelles on ne connaît qu'un représentant , de sorte que le caractère de leur cognomen ou de leurs cognomina reste tout à fait indécis : l'Antonia (Merenda)(i), l'Aquilia (Tuscus) (2), l'Aternia (Yarus Fontinalis) (3) , la Gassia (Vecellinus) (4) , la Cominia (Auruncus) (5) , la Guriatia (Fistus Trigeminus) (6), la Gurtia (Ghilo) (7), la Junia (Brutus) (8), la Marcia (Goriolanus) (9), la Mucia (Cordus Scaevola) (10), la Numicia(Priscus) (11), l'Oppia (Gornicen) (12), la Sestia (Gapito ou Gapitolinus Yaticanus) (13), la Siccia (Sabinus) (14) , la Tarpeia

(1) Fast. Gons. 304 u. c. =s 450. On renvoie aux Fasti Consul irUer se collait,

(4) 252 n. 0. = 502. II. 261 u. o. = 493. III. 268 u. o. = 486. Ad. tHumph., 252 u. 0. = 502. II. 268 u. o. =3 486, Sur la forme du cognomen , Y. Momms., Bâm. Forteh., II, p. 153, n. 2.

(5) 253 n. 0. = 501. II. 261 u. c. = 493.

(9) T. L., II, 33, etc.

(10) Dcnys, V. 25. T.-L., U, 12, 13.

144 LES ORIGINEfi DU SÉNAT ROMAIN.

(Montanus Capitolinus) (1), la Tarquinia (CoUatinus) (2), la Tarquitia (Flaccus) (3), la TuUia (Longus) (4), la Volumnia (Amintinus Galliis) (5).

Les génies suivantes, qui ne sont représentées que par deux de leurs membres , ne paraissent pas non plus ouvrir à l'observateur un champ assez vaste.

La gens ÂTILIA est représentée par L. Atilius Luscinus tr. m. c. p. en 3t0 u. c. = 444 (6) et par L. Atilius. L. f. L. n. Priscus. tr. m. c. p. en 355 u. c. = 399 , qui doit être le petit-fils du précédent. Cette gens ofifre donc un exemple d'un changement de surnom dans la même ligne directe (7).

La gens DUILIA est représentée par C. (8) Duilius Xvir en 304 u. c. = 450, et par G. Duilius K. f. K. n. Longus (GN dans Tite-Live^ V, 13) tr. m. c. p. en 355 u. c. =^ 399. Il n'est pas douteux que le second ne descende en droite ligne du premier. En effet , le premier a , d'après Denys (9) , le prénom K , et comme les Fastes Gapitolins offrent une lacune en ce qui le concerne , nous sommes autorisés à croire qu'ils lui donnaient le même prénom , d'autant plus que la confusion entre G. et K. est facile. S'il en est ainsi, nous pouvons supposer que le premier avait aussi le cognomen Longus que nous lirions dans les Fastes si ce fragment n'avait pas péri (10).

l^ gens FOSLLA est représentée par M. Foslius Flaccinator tr. m. c. p. en 321 u. c. ==:.433, et par M. Foslius G. f. M. n. Flaccinator COS. en 436 u. c. = 318, qui descend en droite ligne très probablement du précédent.

La gens LARTIA est représentée par Sp. Lartius ces. en 248 u. c. = 506, COS. II en 264 u. c. =490(t 1), et par T. Lartius cos. en 253 t. c. = 501, COS. II en 256 u. c. = 498. Le cognomen Rufus, qui est attribué à tous deux dans leur premier consulat, est remplacé

(3) Fast Gap., 296 u. o. := 458.

(6) Pour les magistrats consolaires , on renvoie aux Fatti Cons, inter se

eoUaft.

(7) V. Willems, SAiol , I , p. 59-60.

(10) V. Willems, Sénat , I , p. 56.

(il) Denjrs, cette fbis (Yll, 68), l'appelle Sergios. La chronologie, non plas^ n'est pas bien fixée.

dans le second par celui de Flavus , ou du moins en ce qui concerne Titus, Flavus vient s'ajouter à Rufus. Quant à Spurius, il ne s'appelle plus que Flavus. De ce chassé-croisé et de l'identité des deux épithètes , on peut conclure que les deux personnages n'avaient qu'un même cognomen.

De ces quatre gentes , l'histoire ne signale qu'une branche. Il semble qu'on en distingue deux dans la gens HERMENIA .

Elle fournit deux consuls : -T. Hermenius Aquilinus en 248 u. c. = 506 et Sp. Hermenius Coritinesanus en 306 u. c. = 448. Remarquons pourtant que pour l'un comme pour l'autre nous n'avons que l'indication fournie par le Chron. de 354, quinedonne jamais qu'un cognomen.

Restent trente gentes dont on peut suivre le développement d'un peu plus près.

Enumérons d'abord celles qui se présentent indivises à tous les moments de leur histoire. Ce sont les gentes (1) ;

iEBUTIA: — T. iEbutius Helva cos. en 255 u. c. = 499 , L. iEbutius Helva cos. en 291 u. c. = 463, et Post. iEbutius Helva cos. en 312 u. c. = 442 paraissent représenter trois générations successives ; mais l'on ne sait s'ils appartiennent à une mêinc ligne directe ou à des branches collatérales. Le dernier a, daiis Tite-Live , le cognomen Cornicen , tandis que le Chron. de 354 , suppléant aux Fastes Capitolins, les Fasti Hisp. , la Chron . Pasch. , et Diodore (2), lui donnent celui d'Helva. Tite-Live lui-même nomme, quelques années après, un Post. iEbutius Helva mag. eq. en 319 u. c. = 435 qui doit être identique au précédent (3). Le cogno- . men Cornicen , étant associé h celui de Helva , ne paraît donc pas représenter une famille distincte. Au reste, il n'est pas attribué au dernier iEbutius patricien , M. ^Ebutius Helva préteur cri 586 u. c. =168(4).

(1) Pour ce qui suit , voir les textes justificatifs et de plus amples détails dans Borghesi (Op. IX. l« partie. Nouveaux fragments des Fastes contulair es yCiié avec la pagination des œuvres complètes), dans Mommsen {C. L L. Commentarii annales, p. 443-457), et dans les articles de l'Encyclopédie de Pauly. On s'abstiendra de retracer le cursus des personnages qui vont être énumérés. On se bornera à mentionner leurs magistratures consulaires, ou, à défaut de celles-ci. la plus haute magistrature qu'ils aient exercée. On n'indiquera l'ascendance que si elle est donnée par les Fastes consulaires ou triomphaux, ou si elle peut être établie avec certitude.

(2) XII, 34. OOXexoç est une mauvaise leçon. Dindorf traduit Helva,

(4) T. L.. XLIV, 17. Cf. XLI, 1. V.Momms., Rom. Forsch., I, p. 112, n. 90, Willems, Sénat, I, p. 350, n» 234.

CLQELIA. — Cette gens est représentée par six personnages , sans compter la légendaire Clœlia , depuis les origines de la république jusque vers la fin du sixième siècle. On manque d'indications pour établir leur généalogie. Il suflftra de les énumérer. Ce sont : Q. Clœlius Siculus cos. en 256 u. €. = 498, T. Clœlius Siculus tr. m. c. p. en 310 u. c.=: 444, P. Clœlius Siculus tr.m.c. p. en 376 u. c. = 378, Q. Clœlius Siculus censeur la mêmeannée(l), P. Clœlius Siculus rex sacrif. en 574 u. c. = 180 (2). Enfin Tite- Live mentionne en 316 u. c. = 438 un sénateur du nom de Clœlius Tullus (3). Mais il semble qu'il a, par erreur, donné la place d'un cognomen au mot Tullm qui est un ancien prénom (4). Cicéron appelle le même personnage Tullus Cluvius (5).

LeChron. de 354 donne au premier Clœlius cos. en 256 u. c. = 498 le cognomen Vocula ; mais Denys (6) , d'accord avec les Fasti Hisp. et laChron. Pasch., donne celui de Siculus, le seul qui soit signalé par la suite. Les Fastes Capitolins font défaut et Tite- Live ne donne point de cognomen. Vocula n'est peut-être qu'une faute de copiste (7). En tout cas , ce deuxième cognomen, s'il est authentique , ne paraît pas avoir une autre portée que celui de Cornicen dans la gens ^butia (8).

GEGANIA. — Cette gens est représentée à la fin du troisième siècle et au commencement du quatrième par T. Geganius Macerinus cos. en 262 u. c. = 492, par L. Geganius sénateur, frère du précédent (9), par M. Geganius M. f. Macerinus cos. en 307 u. c. = 447, II en 311 u. c. = 443, III en 317 u. c. =437, par Procul. Geganius Macerinus cos. on 314 u. c. = 440. Le rapport de parenté de ces deux derniers personnages , entre eux et avec les deux premiers , ne peut pas être déterminé. L. Geganius tr. m. c. p. en 376 u. c. = 378 , et M. Geganius Macerinus tr. m. c. p. en 387 u. c. = 367 descendent sans doute de L. et de M. nommés plus haut (10).

(l)T. L., VI, 31.

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