XII
LE DÉVBLOPPBBCENT DES GBMTES PATRICIENNES. 153
a le cognomen Esquilinus. Puis apparaît le cognomen Fidenas porté par L. Sergius G. f. C. n. Fidenas cos. en 317 u. c. = 437, tr. m. c. p. en 321 u. c. = 433, cos. Il en 325 u. c. = 429, Ir. m. c. p. II en 330 u. c. = 424, III eu 336 u. c. = 418, par M' Sergius L. f. L. n. Fidenas tr. m. c. p. en 350 u. c. = 404, II en 352 u. c. = 402, sans doute petit-fils du précédent , enfin parle fils de Manius,L. Sergius M' f. L. n. Fidenas tr. m. c. p. en 357 u. c. == 397.
M. Willems fait Tobservation suivante : « M* Sergius, tribun consulaire de 350 u. c. = 404 et 352 u. c. = 402 est, d'après les Fastes Capitolins, L. f. L. n.; il ne peut être le fils du consulaire L. Sergius qui est, d'après les mêmes Fastes, C. f. C. n.; en outre, rintervalle entre le premier consulat de L. Sergius (317 u. G. = 437) et le premier tribunat consulaire de M' Sergius (350 u. G. = 404) n'étant que de trente-trois ans, il n'est pas possilDle non plus de considérer M' comme le petit-fils de L. Partant M' Sergius est d'une branche collatérale et, néanmoins, il porte lui aussi le cognomen Fidenas : preuve évidente que ce cognomen indique l'origine de la gens Sergia. Il résulte aussi do là que le cognomen Fidenas est antérieur à celui d'Esquilinus , adopté par une autre branche qui est arrivée la première aux magistratures curules (1). »
Rien n'est moins prouvé que la deuxième partie de la proposition de M. Willems avec les conséquences qui en découlent, car il se peut fort bien que Manius ait été le petit-fils de Lucius. En effet L. Sergius, élevé pour la première fois au consulat en 317 u. c. =437, a, il est vrai, encore une assez longue carrière à parcourir, puisqu'on le retrouve tribun consulaire en 336 u. c. = 418, dixneuf ans après; mais l'élément décisif du problème, la date de la naissance de ce personnage, nous échappe. Supposons donc, et la conjecture sera des plus admissibles, qu'il ait eu trente-cinq ans environ en 317 u. c. = 437, lors de son premier consulat. On pourrait même lui en prêter davantage, car, à ce compte, il n'aurait eu que cinquante-quatre ans quand il exerça pour la dernière fois la suprême magistrature. Mais ce minimum suffit, et le raisonnement n'en paraîtra que plus convaincant. Agé de trentecinq ans, Lucius pouvait avoir un fils d'au moins douze ou treize ans. On n'ignore pas, en efi'et, que les mariages sont généralement précoces dans les sociétés aristocratiques. Ce fils, d'ailleurs
(1) Sénat, I, p. 14 et n. 4.
inconnu, et que nous appellerons également Lucius, aurait eu, trente-trois ans plus tard, lors du premier tribunat consulaire de Manius, en 350 u. c. = 404, de quarante-cinq à quarante-six ans. Dans ces termes, rien n'empêche que Manius (L. f. L. n.) n*ait été son fils. Il pouvait , avec un père de quarante-cinq ans , en avoir lui-même vingt-cinq, et Ton a vu plus haut les faits d'où il ressort que le consulat était accessible à un âge moins avancé (1). Ainsi , il n'y a pas lieu d'imaginer une deuxième branche des Sergii Fidenates , et le cognomen Fidenas , n'étant pas , au point où le croit M. Willems, lié au nom même des Sergii, n'indique pas nécessairement leur extraction, et peut avoir succédé à celui d'Esquilinus. La démonstration serait complète si le premier Fidenas , C. f. C. u., pouvait être considéré comme le fils ou le petit-fils de Sergius Esquilinus le décemvir. Pour cela, il n'y aurait qu'à substituer au prénom M., attribué à ce dernier par Tite- Live et par Denys, le prénom C. qui lui est donné par le témoignage non moins autorisé de Diodore. Si toutefois, entre ces deux versions, on trouve une raison quelconque de se décider pour la première , il reste à faire descendre L. Sergius Fidenas d'un frère du décemvir ou d'un collatéral plus éloigné. Il pouvait s'appeler Esquilinus ou Fidenas. Dans'le premier cas, le cognomen aurait changé dans toute la gens d'une génération à la suivante. Dans le second, il serait constaté que le cognomen Fidenas n'était pas antérieur à Esquilinus, autant du moins qu'on en peut juger.. Ce résultat, qui nous intéresse peu en ce moment, n'en a pas moins son importance, ainsi qu'on le verra par la suite de ces recherches (2).
La gens Sergia offre un autre exemple, moins contestable, d'un changement de cognomen dans la même ligne directe. On ne connaît pas le cognomen de C. ou Cn. Sergius, trois fois tr. m. c. p. entre 367 u. c. = 387 et 374 u. c. = 380, ni celui de M. Sergius tribun légionnaire en 549 u. c. = 205 (3), ni celui de L. Sergius ambassadeur à Carthage en 551 u. c. = 203 (4); mais à l'époque où vivent ces deux derniers, on voit s'ajouter au nom de Sergius, à la place du cognomen Fidenas, un cognomen nouveau, celui de Silus, qui apparaît pour la première fois avec M. Sergius Silus, le héros de la deuxième guerre punique, préteur
(2) V. 2° partie . ch. I , g 6.
(4) Polybe.. XV, I. T.-L., XXX. 25, dit M. Servilius.
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en 557 u. c. = 197 (1). 11 est par son fils, M. Sergius Silus, et par son petit- fils , également surnommé Silus , rarrièregrand-père d'un Sergius qui s'est choisi un autre cognomen devenu tristement célèbre, L. Sergius Catilina (2).
VETURIA. — P. Veturius Cicurinus Geminus cos. en 255 u. c. = 499 ouvre la série, suivi de T. Veturius Cicurinus Geminus consul cinq ans plus tard, en 260 u. c. = 494, lequel doit être frère du premier (3) et a probablement pour fils T. Veturius Cicurinus Geminus, cos. en 292 u. c. = 462. Publius a deux fils : 1** C. Veturius P. f . Cicurinus cos. en 299 u. c. = 455 (4), duquel descend peut-être au troisième ou au quatrième degré C. Veturius tr. m. c. p. en 377u. c. = 377, II, en 385 u. c. = 369(5) : 2«Sp. Veturius, dontrhistoirenefaitpas mention, mais qui nousest connu par son fils, Sp. Veturius Sp. f. P. n. Crassus Cicurinus Xvir en 303 u. c. = 451 , père lui-môme de Sp. Veturius Sp. f. Sp. n. Crassus Cicurinus, tr. m. c. p. en 337 u. c. = 417 (6). Celui-ci a deux fils qui, comme leur bisaïeul Spurius, ne sont connus qu'indirectement , Tiberius par son fils M. Veturius Ti. f. Sp. n. Crassus Cicurinus
(1) Willems, Sénat, I, p. 333, n" 60. On ne sait si C. Sergius Plancus préteur en 554 u. c. = 200 était patricien. M. Willems (Ibid., p. 333, u» 111) le range parmi les plébéiens.
(2) V. Pauly, EncykLf VI, p. 1068. C. Sergius Orata {ibid.) a un cognomen qui semble déceler une origine servile. V. un Cn. Sergius Silus dans Val. Max., VI, l, 8.
(3) T. L. (II, 19) substitue au prénom P., donné par Denys (V. 58) au consul de 255 n. c. = 499, le prénom T., et, d'autre part, la Chron. Pasch. ajoute la mention II au consulat de 260 n. c. = 494, ce qui conduirait à identifier les deux personnages ; mais il doit y avoir là une double erreur, car le consul de 260 u. c. = 494 a partout le prénom T., et les Fast. Cap. donnent au consul de 299 u. o. = 455 l'ascendance P. f. Il faut donc qu'il y ait eu antérieurement un P. qui ne peut être que le consul de 255 u. c. = 499.
(4) Les Fast. Cap. ne mentionnent que ce cognomen. Il n'y a là sans doute qu'une omission , car ce personnage serait le seul de la gens qui n'eût pas eu deux cognomina. Mais s'appelait-il Geminus comme son père, ou Crassus comme ceux qui viennent après lui dans la descendance de son frère, la seule connue? Le Chron. de 354 v, donne Greminius.
(5) Sans cognomen connu. Il n*est signalé que par les historiens.
(6) Tite-Live (IV, 47) qui donne le cognomen Crassus dit Sp. Rutilius par une erreur flagrante, car on ne connaît pas de Rutilii patriciens, et les Rutilii plébéiens n'ont pas le cognomen Crassus. Diodore dit Veturius (XIII, 7). Les autres documents font défaut. Le deuxième cognomen Cicurinus est incontestable. Il est porté par tous les membres de la gens, et notamment par le père et les petits-fils du personnage en question.
tr. m. c. p. en 355 u. c. = 399, et Lucius par son fils, L. Veturius L. f . Sp. n. Crassus Cicurinus tr. m. c. p. en 386 u. c. = 368, II en 387 u. c. = 367. En comparant les dates des tribunats gérés par les deux cousins, on remarque que Lucius a dû être beaucoup plus jeune que Marcus. La distance paraît même assez grande pour qu'il y ait lieu d'apporter une correction au tableau qu'on vient de présenter, en mettant le premier à un degré plus bas que le second. Ainsi le Lucius que nous avons supposé être fils de , Spurius tr. m. c. p. en 337 u. c. = 417 ne serait que son petitfils , par l'intermédiaire d'un autre Spurius, également inconnu, qui prendrait sa place. Et de même, au lieu d'être le frère de Tiberius, il serait son neveu.
La gens Veturia a donc deux cognomina, dont l'un, Cicurinus, persiste durant six ou sept générations, tandis que l'autre, Geminus, tombe à la seconde ou à la troisième pour être remplacé par celui- de Crassus. Il est vrai que, sur les trois Veturii qui représentent la deuxième génération, T. Veturius Cicurinus Geminus cos. en 292 u. c. = 462 na point de postérité à nous connue. Son cousin, C. Veturius Cicurinus cos. en 299 u. c. = 455 a peut-être un rejeton éloigné dans la personne de C. Veturius tr. m. c. p. en 377 u. c. = 377, mais précisément on ignore son cognomen, Spurius, frère de Caius, est le seul dont on puisse suivre la descendance qui se ramifie au troisième degré en deux branches ayant deux cognomina communs , Crassus Cicurinus. Il y a là un point obscur qu'il était bon de signaler.
Ces deux cognomina disparaissent à la fin du quatrième siècle avec la gens Veturia elle-même. Mais celle-ci, après une longue éclipse, fait sa rentrée dans le commencement du sixième avec le cognomen nouveau de Philo. Le premier qui le porte est L. Veturius L. f. Post. n. Philo cos. en 534 u. c. = 220 , père de L. Veturius L. f. L. n. Philo, COS. en 548 u. c. = 206. A la même époque , on trouve un T. Veturius Philo flamen Martialis en 550 u. c. = 204 (1). On rencontre encore un L. Veturius Philo au septième siècle (2).
Le fractionnement des génies Julia, Veturia, Sergia peut encore être considéré comme douteux. Il n'en est pas de même des génies
(2) V. Pauly, EncyU,^ VI, p. 2540. Les Veturii Galvifai sont plébéiens. Momms.» iiom. Forsch., l, p. 120.
suivantes; mais elles ne se sont pas fractionnées toutes sur la même échelle ni en même temps.
L3Lgens HORATIA,qui disparaît après les lois liciniennes, sort de la légende avec M. Horatius Pulvillus cos. en 245 u. c. = 509, II en 247 u. c. = 507. Il a pour neveu P. Horatius Codes, célèbre par l'exploit du pont Sublicius, et qui représente peut-être une branche distincte (1). M. Horatius Pulvillus a deux fils
10 C. Horatius M. f. M. n. Pulvillus cos. ' en 277 u. c. =477
11 en 297 u. c. = 457, duquel descend L. Horatius Pulvillus tr m. c. p. en 368 u. c. = 386 ; 2© L. Horatius, père de M. Horatius tous deux connus seulement par le fils de ce dernier, arrière petit-fils du consul de 245 u. c. = 509 (2), M. Horatius M. f L. n. Turrinus Barbatus cos. en 305 u. c. = 449 et premier représentant de la branche des Barbati , détachée de celle des Pulvilli (3). L. Horatius Barbatus tr. m. c. p. en 329 u. c. = 425 doit être son fils ou son neveu. M. Horatius tr. m. c. p. en 376 u. c. = 378 n'ayant pas de cognomen connu, on ne sait à quelle branche le rattacher.
La gens VERGINIA, qui disparaît également après les lois liciniennes, est divisée, dès Torigine, en deux branches :
1» La branche des Tricosti (4) Caeliomontani où Ton distingue deux lignées : 1® T. Verginius Tricostus Caeliomontanus cos. en 258 u. c. = 496, duquel descend probablement T. Verginius Tricostus Cseliomontanus cos. en 306 u. c. = 448 ; 2<» A. Verginius A. f. (5) Tricostus Caeliomontanus cos. en 260 u. c. =494. Ce dernier a deux fils : A. Verginius Tricostus Cseliomontanus cos. en 285 u. c. = 469, et Sp. Verginius A. f. A. n. Tricostus Caeliomontanus cos. en 298 u. c. = 456 , père de Sp. Verginius, dont parle Denys (6) ;
2o La branche des Tricosti, représentée par Opet. Verginius Opetr. f. Tricostus cos. en 252 u. c. = 502, duquel sortent les deux branches des Tricosti Rutili et des Tricosti Esquilini. La
(1) Denys, V, 22.
(2) ma., XI, 5.
(3) V. Fast. Triumph. Cf. Fast. fer. lat. Ephem, epigr,, II, p. 95. V. Broghesi, Fast. I, 3t.
(4) Le cognomen Tricostus est le cognomen primitif, commun à toutes les branches de la gens. V. Borghesi, o. c. p. 45.
(5) Denys, VI, 69.
première est représentée par Proc. Verginius Opetr. f. Opetr. n. TricostusRutilus cos. en 268 u. e. = 480, T. Verginius Opetr. f. Opetr. n. Tricostus Rutilus cos. en 275 u. c. = 479, A. Verginius Opetr. f. Opetr. n. Tricostus Rutilus cos. en 278 u. c. = 476, tous trois fils du consul de 252 u. c. =502 (1). La seconde a pour chef Opet. Verginius Opetr. f. Opetr. n. Tricostus Esquilinus COS. en 276 u. c. = 478, frère des précédents. Il a pour fils L. Verginius Opetr. f. Opetr. n. Tricostus Esquilinus cos. en 319 u. c. = 435, père lui-même de L. Verginius L. f. Opetr. n. Tricostus Esquilinus tr. m. c. p. en 352 u. c. = 402 (2), lequel est identique peut-être à L. Verginius tr. m. c. p. en 365 u. c. = 389.
Les gentes suivantes prolongent leur existence très avant sous la république.
La gens MANLI A débute , avec le cognomen Cin€innatus dans la personne de Cn. Manlius P. f. Cincinnatus cos. en 274 u. c. = 480. Ce cognomen^ remplacé dès la deuxième génération par le cognomen Ynlso (3), et peut-être dès la première, associé à celui-ci, n'annonce pas une branche distincte.
Cn.ManliusP. f. Cincinnatus cos. en 274 u. c. = 480 a deux fils : r Cnaeus, connu indirectement par sa descendance, père de M. Manlius Cn. f. Cn. n. Vulsotr. m. c. p. en 334 u. c. =: 420(4), grand-père de P. Manlius M. f. Cn. n. Vulso tr. m. c. p. en 354 u. c. = 400 (5). Il faut sauter par-dessus plusieurs générations pour arriver à L. Manlius A. f. P. n. Vulso Longus, qui fut consul cent quarante-quatre ans plus tard , en 498 u. c. = 256 , II en 504 u. c. = 250. C'est ici peut-être qu'il convient d'intercaler L. Manlius Vulso , qui se présenta au consulat en 537 u. c. = 217 (6), père de Cn. , et grand-père de Cn. Manlius Cn. f. L. n. Vulso COS. en 565 u. c. = 189 (7), de A. Manlius Cn. f. L. n.
(1) Borghesi, o. c, p. 47.
(2) Ibid.y p. 139.
(3) Les Fastes Gapitolins manquent pour le premier Manlius.
(4) Le numéro II, donné par le Chron. de 354 , doit être une erreur.
(5) Nous supposons un Cnseus entre le consul de 274 n. c. = 480 et le tribun consulaire de 334 u. c. = 420 , parce qu'un intervalle de soixante ans entre la magistrature du père et celle du fils parait trop long.
(0) T.-L., XXll, 35.
(7) V. Willems, Sénat, I, p. 313, n«21.
Vulso COS. en 576 u. c. = 178 (1), de L. Manlius Cn. f. L. n. Vulso préteur en 557 u. c. =: 197 (2). P. Manlius Vulso préteur en 544 u. c. = 210 (3) pourrait être Toncle des précédents.
On remarquera que le cognomen Longus, ajouté à celui de Vulso par le consul de 498 u. c. = 256, disparaît après lui. On peut en conclure qu'il lui est personnel, à moins de supposer qu'il ait été recueilli et perpétué dans une descendance que nous ne connaissions point.
2« A. Manlius Cn. f. P. n. Vulso cos. en 280 u. c. = 474, Xviren303 u. c. = 451, deuxième fils du consul de 274 u.c. =480, a trois fils qui se détachent de la branche des Vulsones proprement dits et fondent la branche des Vulsones Capitolini devenus , à la deuxième ou à la troisième génération, les Capitolini tout court. Ce sont : A. Manlius A. f. Cn. n. Vulso Capitolinus tr. m. c. p. en 349 u. c. = 405, II en 352 u. c. = 402, III en 357 u. c. = 337 ; Q. Manlius A. f. Cn. n. Vulso Capitolinus tr. m. c. p. en 358 u. c. = 396, et sans doute aussi L. Manlius Capitolinus tr. m. c. p. en 332 u. c. = 422 (4). I^es deux derniers n'ont pas de postérité connue. Le premier est, par un fils inconnu Titus, le grand père de M. Manlius T. f. A. n. Capitolinus cos. en 362 u. c. = 392, celui qui essaya de soulever la plèbe contre le patriciat. Marcus adeux frères, Titus et Aulus (5), celui-ci tr. m. c. p. en 365 u. c. = 389, II en 369 u. c. =r 385, III en 371 u. c. = 383. Le fils d'Aulus, L. Manlius A. f. T. n. (6) Capitolinus dictât., en 391 u. c. = 363, ajoute au premier cognomen le cognomen nouveau de Imperiosus, et donne naissance à la branche des Capitolini Imperiosi qui continue la précédente, et à celle des Imperiosi Torquati qui s'en détache. La première n'est représentée que par Cn. Manlius L. f. A. n. Capitolinus Imperiosus cos. en 395 u. c. = 359, II en 397 u. c. = 357. La seconde , dont l'auteur est T. Manlius L. f. A. n. Imperiosus Torquatus cos. en 407 u. c. = 347, [I en 410 u. c. = 344, III en 414 u. c. = 340, subsiste jusqu'à la- fin de la république (7). T. Manlius Torquatus cos. en 455 u. c. =
(1) V. Willems, SéfMt, 1, p. 324, n» 67.
(2) md,, p. 322, n° 59.
(3) iWd., p. 321, n» 51.
(4) S'il était leur oncle ou leur cousin , on ne verrait pas bien comment il pourrait partager avec eux le cognomen Capitolinus.
(6) ÏjSl restitution i. iV., dans les Fasti. cons. Capitol. C. /. L. I, p. 430, ann. 391, parait erronée.
(7) Pauly, Encykl. IV, p. 1491-1495. Willems, Sénat, I, p. 618, n. 1.
299 , petit-fils sans doute de celui qui fat trois fois consul , a deux fils, dont Tun , T. Manlius T. f. T. n. cos. en 519 u. c. = 235, II en 530 u. c. = 224, continue la branche des Torquati, et dont l'autre, A. Manlius T. f. T. n. cos, en 510 u. c. = 244, II en 513 u. c. = 241, ajoute au cognomen Torquatus celui d'Atticus. Mais on ne lui connaît pas de postérité, et ce nouveau cognomen disparaît avec lui.
La branche des Manlii Acidini apparaît dans le courant du sixième siècle de Rome, sans qu'on puisse dire comment elle se rattache aux autres branches de la même gens. Elle a d'ailleurs des destinées plus modestes : L. Manlius Acidinus n'arrive qu'à la préture en 544 u. c. = 210 (1). L. Manlius L. f. L. n. Acidinus Fulvianus cos. en 575 u. c. = 179, n'est que le fils adoptif du précédent, fils, selon la nature, de Q. Fulvius Flaccus (2). On signale encore des Acidini à la fin du sixième siècle (3) et au commencement du huitième (4).
La gens PAPIRIA, qui est signalée dès les premières années de la république et plus tôt (5), n'arrive pas au consulat avant le commencement du quatrième siècle de Rome, et même alors son histoire offre d'assez grandes obscurités.
Elle se divise, dès le principe, en deux branches :
1*^ La branche des Mugillani est représentée par L. Papirius Mugillanus cos. en 310 u. c. = 444 (?) cens, en 311 u. c. = 443 (6), L. Papirius Mugillanus cos. en 327 u. c. = 427, L. Papirius L. f. Mugillanus, tr. m. c. p. en 332 u. c. == 422, M. Papirius L. f. Mugillanus tr. m. c. p. en 336 u. c. = 418, II en 338 u. c. = 416, COS. en 343 u. c. = 411 (7).
Ici finit la branche des Mugillani, mais il semble qu'elle a été continuée par celle des Cursores, soit que les seconds descendent réellement des premiers et n'aient fait que substituer un cognomen à un autre, soit qu'ils aient recueilli celui que la branche
(1) V. Willems, Sénat, I, p. 321, n» 52. On ne voit pas pourquoi M. Willems l'appelle L. f.
(2) ma, p. 315, n» 29.
(4) Cic, ad Attic, XII, 32. Ad FamiL, IV, 12. Pour M. Brôcker(PauIy, Encykl, IV, p. 1495), les Acidini sont plébéiens. M. Willems, L c, les tient pour patriciens.
(5) V. 2° partie, ch. I, g 9.
(6) V. ihid.
(7) C'est par erreur que Tite-Live (IV, 52) donne à ce personnage le cognomen Atratinus.
plus ancienne laissait vacant (1). En effet, L. Papirius Cursor, le premier de cette branche, tr. m. c. p. en 367 u. c. = 387, II en 369 u. c. = 385, a pour fils Sp. (?) (2) Papirius L. f. Cursor tr. m. c. p. en 374 u. c. = 380, et pour petit-fils L. Papirius Sp. f. L. n. Cursor cos. cinq fois de 428 u. c. =326 à 441 u. c. = 313, lequel porte, d'après quelques annalistes, le cognomen Mugillanus (3). Ce cognomen^ s*il ne lui est pas attribué par erreur, s'ajoute à celui de Cursor que le môme personnage portait sans conteste, puisque notoirement il a des Cursores dans son ascendance et dans sa descendance. D'autre part, on remarque que le premier des Cursores n'est signalé qu'alors que les Mugillani viennent de disparaître. La conséquence de cette double observation est facile à tirer.
C'est la seule fois, du reste, que l'on constate l'association des deux cognomina. L. Papirius L. f. Sp. n. cos. en 461 u. c. =293, II en 482 u. c. = 272, s'appelle Cursor tout court. De même son neveu Spurius (4), et L. Papirius, cens, en 482 u. c. = 272, qui paraît être son fils (5). Il n'est plus question des Papirii Cursores après ce dernier.
2** La branche des Papirii Crassi apparaît en même temps que celle des Mugillani avec M. Papirius Crassus cos. en 313 u. c. = 441. La généalogie de cette branche peut s'établir ainsi qu'il suit : Marcus a deux fils : 1° L. Papirius Crassus cos. en 318 u. c. = 436, II en 324 u. c. = 430, père de C. Papirius Crassus tr. m. c. p. en 370 u. c. = 384, grand-père de Sp. Papirius C. f. Crassus tr. m. c. p. en 372 u. c. = 382, arrière-grand-père de L. Papirius Sp. f. C. n. Papirius Crassus tr. m. c. p. en 386 u. c. = 368 ; 2» M. Papirius, personnage inconnu, père de L. Papirius M. f. Crassus tr. m. c. p. en 372 u. c. = 382, grand-père de L. Papirius L. f. M. n. Crassus cos. en 418 u. c. = 336, II en en 424 u. c. = 330 , et peut-être aussi de M. Papirius Crassus dictât, en 422 u. c. = 332 (6).
Les Papirii Crassi ont disparu depuis soixante et dix ans environ.
(1) V. Momms., Rôm. Forsch,, II, p. 233. Hirschfeld, Hermès, 1875, IX, p. 95, 96.
(2) T.-L. (VI, 27) l'appelle P. Diodore (XV, 50), T. Spurius est une conjecture de Pighius, laquelle paraît justifiée par l'ascendance de L. Papirius L. f. Sp. n. cos. en 461 u. c. = 293. V. plus bas.
(5) V. Boor, Fasti censorii^ p. 79-80.
162 LOS ORiaiNES DU SÉNAT ROMAIN.
les Cursores depuis plus de vingt ans, quand apparaît la branche des Masones destinée à une carrière moins brillante et plus courte. Elle ne fournit qu'un consul, C. PapiriusG. f. L. n. Maso COS. en 523 u. c. = 231. L. Papirius Maso préteur en 578 u. c. = 176 (1) est le dernier Papirius patricien (2).
La gens POSTUMIA se divise en deux branches, dès le troisième siècle de Rome .:
1° La branche des Tuberti, qui ne compte que deux représentants, P. Postumius Q. f. Tubertus (3) cos. en 249 u. c. = 505 , et A.Postumius Tubertus dictât, en 323 u. c. ==• 431 (4);
2o La branche des Albi ou Albini Regillenses, plus nombreuse que la première. Elle se détache des Tuberti et commence avec A. Postumius P. f. Q. n. Albus Regillensis cos. en 258 u. c. = 496, fils de P. Postumius Tubertus cos. en 249 u. c. = 505. Son ascendance a pu être reconstituée avec celle qui est mentionnée pour ses deux fils, A. Postumius A. f. P. n. Albus Regillensis COS. en 290 u. c. = 464, et Sp. Postumius A. f. P. n. Albus Regillensis COS. en 288 u. c. = 466, Xvir en 303 u. c. = 451.
La descendance des deux frères continue à ne former qu'une branche.
Du premier sont issus : P. Postumius A. f. A. n. Albinus Regillensis tr. m. c. p. en 340 u. c. = 414 , et M. Postumius A. f. A. n. Albinus Regillensis cens, en 351 u. c. = 403. A. Postumius Albinus Regillensis tr. m. c. p. en 357 u. c. = 397 doit être le frère des précédents. C'est lui ou son fils qui, sous, le nom de A. Postumius Regillensis, exerce la même magistrature en 373 u. g. = 481.
• L'autre des deux frères, Sp. Postumius A. f. P. n. Albus Regillensis, cos. en 288 u. c. = 466, est très probablement le père de Sp. Postumius Albus tr. m. c. p. en 322 u. c. = 432, et le grand-père de Sp. Postumius tr. m. c. p. en 360 u. c. =
Ici le fil de la généalogie nous échappe. M. Postumius tr. m. c. p. en 328 u. c. = 426 n'a pas de cognomen connu, et son prénom ne nous apprend rien. De L. Postumius, tr. m. c. p. en 365 u. c. = 389 , le même, sans doute, qui exerça cette magistrature
(1) T. L., XLl, 14.
(2) V. Pauly, JBncyW., V, p. 1151-1152.
(3) Deny8, VI, 69.
une seconde fois en 373 u. c. =481, nous pouvons dire qu'il appartient à la branche des Albini Regillenses, Je cognomen Albinus lui étant donné dans son premier tribunal par le Chron.de 354, et le cognomen Regillensis dans son second par Tite-Live , mais son ascendance reste ignorée. Avec Sp. Postumius Albinus cos. en 420 u. c. = 334, II en 433 u. c. = 321, nous revenons, semble-t-il , à la descendance de Spurius , le consul de 288 u. c. = 466, le décemvir de 303 u. c. = 451. Elle se continue par L. Postumius L. f. Sp. n. COS. en 449 u. c. = 305 , II en 460 u. c. = 294, petit-fils du précédent par l'intermédiaire d'un L. Postumius inconnu.
L. Postumius , dont il vient d'être question , ne porte dans les Fastes Capitolins que le cognomen Megellus. Il ne semble pourtant pas que l'apparition de ce cognomen annonce la fondation d'une famille nouvelle. En effet L. Postumius a pour fils L. Postumius L. f. L. n. COS. en 492 u. c. = 262 qui s'appelle Megellus dans les Fastes Capitolins, mais auquel les Fasti Hisp, et la Chron. Pasch.y sans parler de Pline l'Ancien (1), donnent le cognomen Albinus. Ce qui est plus significatif, c'est que le petit-fils de ce personnage, A. Postumius A. f. L. n. cos. en 512 u. c. = 242 , reprend tout simplement le cognomen Albinus , qu'il lègue à son file L. Postumius A. f. A. n. Albinus, cos. en 520 u. c. =234, II en 525 u. c. = 229, à son petit-fils Sp. Postumius L. f. A. n. Albinus COS. en 568 u. c. = 186, et à son arrière-petit-fils L. Postumius Sp. f. L. n. Albinus cos. en 600 n. c. = 154.
Cette lignée n'est pas la seule qui soit sortie du consul de 512 u. c.= 242. Il a un deuxième fils, qu'il faudrait plutôt appeler le premier, car son prénom indique qu'il est l'aîné, A. Postumius, connu par son fils , A. Postumius A. f. A. n. Albinus cos. en 574 u. c. = 180. Les Fastes Capitolins ne lui donnent que le cognomen Albinus, mais Tite-Live, à deux reprises, ajoute celui de Luscus (2). Toutefois ce cognomen , pas plus que tout à l'heure celui de Megellus, ne paraît représenter une branche distincte. En effet, le fils ou le petit-fils de Luscus(3), A. Postumius A. f. A. n. cos.
(1) H. K. XI, 37, édit. Detlefsen. Pline nomme un rex sacrorum qui est probablement identique au personnage en question. V. Paoly, Encykl., Y, p. 1939, n» 20.