LA DIVISION TERNAIRE BN GRÈCE
que chez les Dorieiis , ces derniers venus de la famille hellénique (1). Elle est si bien la marque propre de leur race qu'ils en ont reçu Tépithète homérique de triples (rpij^Aîceç) (2). Cette triple division en Hylleis , en Dymanes , en Pamphyleis , qui les caractérise déjà, dès leurs premières étapes sur le sol de la péninsule, au pied du mont Olympe (3) , ils la portent avec eux partout où les entraînent leurs courses conquérantes, en Crète (4), à Argos, à Sicyone (5), à Mégare (6), à Trézène (7), à Corcyre (8), à Corinthe, métropole de Corcyre, à Agrigente (9), colonie de Gela, qui est elle-même une colonie dorienne , en Asie Mineure. Là ils n'apparaissent pas seulement groupés en trois tribus. Us fondent avec les trois villes de Tîle de Rhodes , et les villes de Cnide, de Cos, d'Halicarnasse , l'hexapole dorienne, faisant pendant aux deux dodécapoles ionienne et éolienne (10). Au reste dans le Péloponèse même , la suprématie de Sparte avait été précédée par rétablissement d'une hexapole laconienne (11), souvenir de l'antique Tripolis, première patrie des Dorions (12). Mais c'est dans la capitale du dorisme que le système se montre le mieux avec son développement. Les trois tribus soutiennent une organisation dont les différentes parties s'ordonnent dans des rapports numériques rigoureux. Il y a trente obes (13), trente géroutes (14), trois cents cavaliers d'élite (15). Ce sont les plus anciennes institutions de Sparte, antérieures à Lycurgue (16). Elles offrent des analogies surprenantes avec celles de Rome patricienne (17).
(t) V. Ottf. MûUer, die Dorier, II, p. 70, édit. Schneidewin, 1844, etc. Grote, Hitt, grecque^ irad. Sadoux, III, p. 284.
(2) Odyss., XIX, 177.
(3) Curtius, HisL grecque, trad. Bouché -Leclercq, I, p. 127.
(4) Odyss., ï. c.
(5) Hérod., V. 68. Cf.Boéckh.C.i.G.. 1123. Cf. Plut., de MuUerumvirtutibuSyk.
(6) Bœckh. C. I. G., 1073.
(7) Steph. Bjz.. V. •nXeîç, édit. Kuehn. 1825, I, p. 432.
(8) Bœckh, C. I. C, 1845. Cf. Thucyd., III, 72, 81.
(9) Bœckh, C. /. 6., 5491.
(10) Hérod., I, 144. Sur la persistance des trois tribus à Cos, v. BuUAtin de Correspondance heïiéniqae, V. p. 217, etc., YI, p. 259, etc.
(11) Strabon, VIII, V, 4.
(12) Curtius, l, c.
(13) Plut., Lyc, 6.
(14) Hérod., VI, 57. Plut., Lyc, 5. Vingt-huit sans compter les deux. rois.
(15) Hérod., VIII, 124. Thucyd., V. 72. Plut., Lyc, 25.
(16) Curtius, Hi$t. grecque, trad. Bouché-Leclercq, I, p. 223, 224.
(17) Remarquons encore, avant de quitter l'Orient et la Grèce, que Sélencie,