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(3) On sait que ce mot a fini môme par s'appliquer, en dehors du Sénat, à toute espèce de commission ou de corporation. Par ex. les décuries de licteurs, de viateurs.
(4) V. eh. I, § l.
(6) V. les comptes rendus de l'Académie des Inscriptions. Séance du 29 juin 1882. Communication de M. Ernest Desjardins. Cf. .avec Tinscription de Pise , citée plus bas : « Statuknus Juncus princeps colonix ».
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a le titre de Xvir (1). Ce monument est lui-même illustré par un troisième provenant de la ville d*Ostippo, située à une petite distance de la précédente. Il représente la base d*une statue élevée à Drusus, fils de Tibère, par Q. Larius Xvir maximum, c'est-à-dire le premier du conseil des decemviri{2). Comme les deux inscriptions espagnoles sont Tune et l'autre antérieures à la concession du droit latin par Yespasien , on est d'autant plus autorisé à reconnaître une institution indigène dans celle qui s'y trouve mentionnée (3). Si, d'autre part, nous jetons les yeux sur la partie orientale du monde romain, ou, pour être exact, sur l'Asie Mineure et les îles de l'Archipel, les documents épigraphiques , commentés par les codes, nous y parlent fréquemment d'une fonction municipale dite $exaicp<i>Te(a (decemprimatm) , du nom de ceux qui en étaient revêtus, les SexdficpcDTot (decemprimi). On appelait ainsi dix décurions chargés pour un certain temps du recouvrement des impôts, moyennant quelques immunités, et responsables du succès de cette opération (4). Ici, pas plus que tout à l'heure, on n'est en présence d'une importation étrangère, mais d'une institution qui a ses racines dans la contrée où elle paraît s'être développée exclusivement. Il est probable seulement que l'administration romaine s'est emparée de ce qui existait avant elle et l'a transformé pour en tirer parti (5).
C'est l'Italie surtout, dans ses colonies et ses municipes, qu'il faut observer. On n'ignore pas que la constitution des colonies romaines, qui servit de modèle à celle des municipes , était
(1) c. /. I., II, 1953.
(2) Ibid., Addenda, 5048.
(3) Ibid.t p. 248 et n^ 1953. M. Ernest Desjardins signale un Jvtr de la colonie d'Aquincum, dans la Pannonie inférieure {Ann, deW Inst, 1868. p. 107. V. C. i. I., III, 3467 : a interpretationis desperatœ). » On trouve la mention de' la môme dignité dans deux inscriptions italiennes, l'une de Ferentinum, l'autre de Falerii (Henzen, 7128, 7129). M. Henzen pense qu*il s'agit d'un collège de magistrats extraordinaires pour le cas où l'on ne pouvait procéder à l'élection des magistrats ordinaires. Il invoque la deuxième inscription, celle de Falerii, «Jmr «. c. pro lîll vtr(o). S'il en est ainsi , ces decemr>ir\ n'auraient rien de commun avec les decemviri italiens dont il va être question , ni , sans doute . avec les decemi)iT% espagnols dont il vient d'être parlé.
(4) V. Marquardt, Staatwervo,, I, p. 521.
(5) Y. sur cette question Marquardt, t&td., p. 517, etc. On trouve les decemprimi dans la ville grecque de Centuripœ. en Sicile. Y. Gicéron, in Verr., II, 67. Cette ville était alors une civitas Ubera et immunû (Marquardt, Staatsverw.j I, p. 93). Les deeemprimi de Genturipse ne doivent donc pas être empruntés aux institutions romaines. Or , fl est à remarquer qu'ils paraissent avoir le môme rôle que les deeemprimi des sénats de Rome et d'Italie.
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exactement calquée sur celle de Rome primitive. Par le nombre des citoyens, par leur groupement , par la nature des pouvoirs, elles offraient autant d'images réduites de la cité patricienne (1). Et comme les colonies étaient de fondation relativement récente, comme de plus elles échappaient aux révolutions qui, dans la métropole, amenèrent la chute des vieilles institutions, il n*est pas surprenant que les formes patriciennes se soient conservées plus longtemps dans Torganisation municipale, et s'y retrouvent en traits plus lisibles que dans celle de Rome. Les colonies latines ne différaient pas sur ce point des romaines. Elles avaient les mêmes magistrats, le mâme sénat (2). Rome n'était-elle pas elle-même une colonie latine , et n'avait-elle pas commencé par tenir sa place- dans la confédération des trente villes sous l'hégémonie d'Albe? S'il en est ainsi , on ne reverra pas sans intérêt, dans les sénats italiens, ces mêmes decemprimi dont quelques mots de Denys nous révèlent l'existence dans le Sénat romain des anciens temps.
Les decemprimi italiens ne sont point , comme ceux que l'on trouve en Asie Mineure, investis d'attributions spéciales. Ce sont les dix premiers personnages de leur ordre , inscrits en tête de Valbum^ et adjoints aux magistrats pour certaines missions importantes. C'est avec ce caractère qu'ils se présentent , à l'époque d'Auguste, dans le premier des deux monuments connus sous le nom de Cénotaphes de Pise. Ce monument , où se trouvent consignés les honneurs votés par le sénat de la colonie de Pise à la mémoire de L. Caesar, nous apprend que l'exécution du décret fut confiée au duumvir G. Saturninus et aux decemprimi (3). L'autre inscription , qui rapporte des mesures semblables prises en l'honneur de C. Caesar, ajoute que , en l'absence de magistrats élus, T. Statulenus Juncus, « princeps colonix^ » sera chargé de transmettre le décret à Auguste (4). Il s'agit, sans doute, d'un des decem principes , peut-être du premier d'entre eux , qui a aussi la situation de princeps senatus (5). Le monument de Pise est le plus récent de tous les textes où se trouvent mentionnas les decemprimi d'un
(1) Aul. GelL, XYI , t3, « populi romani cajos ifiliB colonise quaeù effigies parvœ simulacraque esse qoœdam videntur. »
(2) V. Momms., HUt, rom,, trad. Alex., II, p. 133.
(3) OreUi , 642.
(4) !bid,, 643.
(5) V., pour d'autres exemples de cette dignité, Tlndexvde Henzen , celui de Wilmanns, etc. V. plus haut, p. 200.
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municipe italien (1). Les autres, gui ne sont point épigraphiques, appartiennent h une période antérieure. On lit dans une lettre de Gicéron à Atticus : < (Ântonius) evocavit liiteris e municipiis deceni' primos et IlIIviros (2). » Dans le plaidoyer pour Rosciusd'Amérie, on voit que les décurions de cette ville , désireux d'intervenir en faveur de leur concitoyen, délèguent les decemprimi à Sylla. « Decurionum decretum statim fit ut decemprimi proficiscantur ad L. Sullam (3). » Tite-Live raconte qu'en Tan 550 u. c. = 204 les consuls mandèrent à Rome les magistrats et les dix premiers de douze colonies latines (4). Eiifin, en Fan 414u. c. = 340,lamême invitation est adressée aux dix premiers des Latins, à la veille de la défection des villes latines : « Decem principes Latinorum Romam evocaverunt (5). j> Ce dernier texte demande un commentaire. M. Weissenborn croit qu'il s'agit simplement de dix personnages pris parmi les plus illustres des Latins , et non point , comme l'a soutenu Niebuhr, d'une délégation du Sénat fédéral. Mais l'emploi de ce terme consacré « decem principes » est remarquable. Nous savons peu de chose sur l'organisation de la ligue latine. Il est certain seulement qu'elle présentait avec celle de Rome des analogies singulières (6). Les institutions militaires, et par suite les institutions sociales, étaient des deux côtés les mêmes. La fusion des deux armées au temps de Tarquin le Superbe le prouve assez (7). On en peut dire autant du gouvernement. La confédération a à sa tête deux magistrats appelés préteurs (8) , titre qui a été d'aborà celui des deux consuls romains (9). Elle a une assemblée générale (10), qui se compose des députés des villes et qui forme un véritable sénat. « Tarquin, dit Denys, envoya des messagers pour convoquer à l'assemblée de Ferentina ceux qui d'ha-
(1) V. pourtant, dans Orelli, 3757 , une inscription de lecture douteuse et de provenance inconnue.
(4) XXIX, 15 : « Magistratus denosque principes, »
(6) V. Niebuhr. Rôm, Geseh., II , 18, etc. Der latinische Staat. Schwegler, Rôm.Gesch», II, p. 287, etc. Mommsen, Fui. rom,, trad. AJex., II, p. 133, et«. Staatsr,, II, p. 162, etc.
(8) T. L., VIII, 3. Denys, III, 34.
(9) V. Mommsen , Staattr,, II, p. 71.
(10) Sur cette assemblée et sur la question de savoir s'il y en avait deux, l'une populaire, l'autre restreinte, v. Schwegler, o. c, II, p. 289-290.
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bitude formaient le Sénat de la confédération des Latins (1). » Plus loin : a Les conseillers, « 7cp<^fouXot » qui avaient prononcé ce serment étaient les délégués des villes suivantes , etc. (2). » Le mot a Tcp^êouXoi » est employé ailleurs par Denys pour désigner les sénateurs romains (3). Ces délégués des Latins sont apparemment les mêmes que Tite Live appelle souvent les proceres (4), les primores (5), les principes Latinorum (6). Mais quels pouvaient être ces principes , sinon les decemprimi , que le même Tite Live nous fait connaître ailleurs (7), c'est-à-dire les représentants autorisés, les députés ordinaires des sénats de chaque cité latine? Le nombre de ces cités étant invariablement fixé à trente (8), le Sénat fédéral des Latins aurait donc compris, comme celui de Rome, trois cents membres; et comme celui de Rome, il aurait eu dix chefs, ceux-là même que les consuls essayèrent d'attirer pour s'assurer de la fidélité de leurs concitoyens.
On le voit , le conseil des decemprimi est une des institutions nationales du Latium. On se demandera sur quoi elle est fondée. Les sénateurs des municipes, comme ceux de Rome, étaient classés sur Valbum d'après leur dignité respective, en commençant par ceux qui avaient exercé des magistratures , et suivant qu'elles étaient plus ou moins élevées (9). Ceux-ci formaient une classe supérieure, la classe des honoraH ^ des principales ^ des primarii (10), avec lesquels on identifie ordinairement les principes (1 1). Mais le nombre des principes était.ftxé à dix, quand celui des honorali était nécessairement indéterminé et pouvait aisément être plus grand. Il faut donc que cette identification n'ait pas toujours été exacte , et que l'institution des decemprimi se rapporte à un autre mode de classement auquel elle a survécu. IjO même raisonnement s'applique aux decemprimi du Sénat romain. Si nous en croyons Denys, il faut voir en eux les dix plus anciens
(t) IV, 45 : « ... Toùç elcoOéxoc Oicèp toO xoivoO x&y AaiCvcov ouveôpeôetv. »
(6) I, 50» 51. Cf. Denys, V, 52, « of Se icpoeoTYixoTec râW Aarivcov. »