‹ Les origines du sénat romain:Chapitre 83 sur 116 · SI LA POPULATION DU QUIRINAL FORIIAIT UNE VILLE SABINE · texte numérisé non relu

SI LA POPULATION DU QUIRINAL FORIIAIT UNE VILLE SABINE

relations internationales (1). L'exclusion de ce collège, celle des frères Arvales, qui ne sont pas moins anciens (2)» celle des Sodales Titii ne s'explique pas bien. On remarquera toutefois que les Féciaux sont au nombre de vingt (3), les Arvales au nombre de douze (4), et que, ces nombres étant divisibles par deux, Thypothèse d'un dédoublement antérieur, pour aventurée qu'elle soit, n'est point en elle-même impossible. EUe^.n'a contre elle que le silence des auteurs dont on connait l'extrême réserve touchant la réforme de Tarquin et ses conséquences. On ne sait presque rien du collège des Sodales Titii (5). Au reste, il y a des points qu'il faut se résigner à laisser obscurs. Pourquoi, par exemple, les Luperci ont-ils été compris dans la réforme si les Arvales ne l'ont pas été? Ceux-ci, comme ceux-là, remplissaient des sacra publica (6). La cause en est peut-être dans la nature des devoirs qui incombaientjaux premiers. La cérémonie de la lustratioaMtouv de l'ancien pomerium avait en effet un caractère plus particulièrement public ,fiet l'Etat s'y trouvait plus] directement intéressé.

II L — La population du Quirinal et du ViminaL — Si elle formait une ville sabine\ — Retour sur la légende de Vêlement sahin.

Le dédoublement des cadres patriciens, coïncidant avec l'annexion du Quirinal et du Viminal , suppose l'entrée dans la cité d'une population établie sur ces hauteurs et à peu près aussi nombreuse que l'ancienne , d'autant plus que ces hauteurs offraient elles-mêmes une superiBcie à peu près équivalente à celle du Septimontium. On admet généralement que cette population constituait une ville contemporaine de celle du Palatin et qui , avant de se fondre avec elle , aurait commencé par être sa rivale. Le plus souvent on ajoute que cette ville a été fondée par des envahisseurs sabins. Ce sont deux hypothèses distinctes etqu'-il faut examiner à part, en finissant par la première qui est indépendante de l'autre, et peut rester debout dans la ruine de celle-ci.

On se rappelle la conclusion à laquelle on est arrivé à la fin du deuxième chapitre de la première partie de cet ouvrage. On

(1) V. Biarquardt, I. c, n. 2.

(2) AuL Gell., VII, 7. Plin., H, iV., XVIII, 2, édit. Detlefsen.

(3) Varro apud Nonium, p. 529, p. 618 de l'édit. Quicherat.

(4) Aul. GelL, l. c, Pline, l, c.

(5) Marquardt, Staatsverw,, III^ p. 427-428.

(6) Varr., 1. 1., V. 85.

a démontré que, s'il est entré dans la composition du peuple romain un groupe de nationalité sabine, ce groupe ne peut se confondre en tout cas avec la tribu des Tities, attendu que les anciens comme les modernes s'accordent à le localiser sur le Quirinal, dont Tanneiion est de beaucoup postérieure à la formation du système des trois tribus. Mais, ce point acquis, il reste à rechercher ce qu'il y a de vrai dans cette théorie de l'élément sabin , abstraction faite du rapport qu'il est censé soutenir avec une des tribus génétiques, et si, demeuré extérieur à la RomedeRomulus, il ne s'est pas introduit plus tard dans la Rome agrandie des Tarquins et de Servius. Reprenons donc la question là où nous l'avons laissée, et essayons d'apprécier à leur valeur les faits sur lesquels on s'appuie pour signaler dans les quartiers ajoutés par les trois derniers rois la trace de l'influence ou de la domination étrangère. Au fond , on n'en produit qu'un : c'est l'existence sur le Quirinal de certains sanctuaires consacrés à des divinités sabines , les dieux Quirinus (1), Sol (2), Senio Sancus (3), les déesses Salus (4) , Fortuna (5) , Flora (6). Mais le caractère exclusivement sabin de ces divinités n'est rien moins que prouvé. C'est Varron qui l'affirme (7), en invoquant des étymologies sur lesquelles il ne s'explique pas, mais dont on ne peut s'empêcher de douter quand on se rappelle les ressources inépuisables que sait déployer à l'occasion sa science philologique. Lui-même, il ne paraît pas très convaincu, car il avoue que quelques-uns de ces noms, « sentant le sabin (8) , » tiennent également des doux langues, « comme des arbres plantés sur les confins de deux propriétés mêlent et entrelacent leurs racines (9). » C'est dire , on d'autres termes, la même chose que M. Mommsen pour qui ces divinités, à la.fois latines et sabines, représentent des conceptions antérieures à la séparation des deux peuples (10). Bien différents des Grecs, et comme s'ils avaient eu le sentiment de leur impuissance spécu-

(1) Becker, AUerth,, l, p. 569-573.

(2) Ihid., p. 587-390.

(3) Ihid,, p. 575-577.

(4) Ibid, p, 578-579.

(5) Ibtd., p. 579-581.

(6) ïbid., p. 577-578. V. Schwegler, Rom. Geseh., I. p. 480-481, Marquardt, Staatsverw, III, p. 26-28.

(8) I. c, c Sabinam linguam oient. »

(9) L, e,f « E quis nonnulla nomina in utraque lingua habent radiées, ot arbores quse in confinio natse in atroque agro serpunt. »

(10) Hist» rom., trad. Alex., I, p. 75, n. 1.

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