Guérard, Polyptyque d'Irminon, t. I, p. l'i
LE POLYPTYQUE D'IRMINON. 197
un grand personnage, car il figure parmi les neuf abbés qui signèrent au testament de Charlemagne ' . Il eut aussi la confiance de Louis le Débonnaire. On ignore quelle fut sa valeur intellectuelle ou religieuse : mais il paraît avoir été un administrateur de premier ordre. Le Polyptyque rédigé par lui passait, au moyen âge, pour un chef-d'œuvre : on louait « le très prudent abbé )- de nV avoir oublié ni un œuf, ni un poulet, ni un bardeau ^. Ce document porte la trace de son activité : on y trouve cités les nombreux arpents de vignes qu'il planta dans les domaines de l'abbaye, les moulins qu'il y construisit en grand nombre, un parc qu'il entoura de murs, etc. Irminon est un personnage très représentatif du commencement du ix^ siècle, animé du même esprit d'ordre que l'on admire en Charlemagne. Cependant le nombre des religieux de Saint-Germain diminua sous son gouvernement : de deux cent dix qu'ils étaient au commencement du siècle ils étaient tombés à cent vingt-deux en 829^.
Le Polyptyque d'Irminon, conservé avant la Révolution dans la bibliothèque de Saint-Germain des Prés, où il fut étudié par l'auteur d'un livre trop oublié aujourd'hui, l'abbé de Gourcy^, a été mis en lumière par la grande publication faite de 1836 à
i. Baluze, Capit., 1. 1, p. 490.