‹ Les origines du servage en FranceChapitre 111 sur 163 · Continuateur d'Ammoin, De gestis Francorum, V · texte numérisé non relu

Continuateur d'Ammoin, De gestis Francorum, V

3. Longnon, Polyptyque de l'abbaye de Saint-Germain des Près, 1. 1, p. 187.

4. Gourcy, Quel fut l'état des personnes en France sous la prc rniére et la seconde race de nos rois. Paris, 1769, p. 121, note i.

1844 par Guérai«d, et réimprimé de 1886 à 1895, avec un commentaire beaucoup moins étendu, mais contenant quelques points de vue nouveaux et quelques rectifications utiles, par Auguste Longnon. Ce document se présente à nous avec une clarté et une précision qui en font une pièce hors ligne. C'est un monument de statistique, d économie rurale, légale et sociale comme peut-être aucune époque de l'histoire n'en peut offrir de pareil.

Il nous reste du Polyptyque de Saint-Germain la description sommaire {brei>e) * de vingt-cinq des fisci ou çillae possédés sur divers points de la France par l'abbaye ^. Cet ensemble comprend au total plus de 1.600 manses ou tenures, habités par 2.800 ménages, qui forment une population de plus de 10.000 personnes '^.

i. Par exemple : Brève de Palatiolo, invenlaire de Palaiseau ; brève de Wigniaco, inventaire de Gagny, etc. Ces descriptions sommaires s'appelaient, en latin classique, breviarium (Sénèque, Snétone); plus lard on emploie le mot brève (Vopiscus). Saint Grégoire le Grand s'en sert (£/)., in, 42; XIV, 14). Les Annales de Snini- Bertin (p. 18:;) disent qu'en 8«9 Charles le Chauve ordonna • ut episcopi, abbates et abbatissae brevin de tionoribus suis, quanta massa quisque liaberet, déterre curarent. • le même mot s'emploie pour les relevés de comptes : le Capitulaire De villis, Uti, ordonne aux intendants d'envoyer le brève de leurs recettes et de leurs dépendes.

'2. Dans neuf départements : 16 en Seine-et-Oise, 2 en Eure-et-Loir, i dans la Seine-et-Marne, l'Orne, l'Eure, l'Aisne, la Nièvre, l'Indre.

■'). Le manuscrit unique du Polyptyque d'irminon (Bibl. nationale, ms. laliu 138^(3) nous est parvenu incomplet au commencement et .i la Dn : pour seize autres villas que l'on sait par divers documenls avoir appartenu à Saint Germain des Prts. la description manque

LE POLYPTYQUE D'IRMINON. 199

Disons d'abord de quoi se compose chaque brève.

L'inventaire d'une villa commence par la description de la réserve seigneuriale, mansus indominicatus. Ce chef-lieu de la villa renferme une cour, édifiée de la maison d'habitation, sala ou casa, et de divers bâtiments d'exploitation et ateliers, nombreux et bien construits, cum casis et aliis casticiis sufficienter et ahundanter . Les terres dépendant directement du mansus indominicatiis sont d'une étendue qui varie selon l'importance de la villa, mais qui est ordinairement considérable : par exemple le manse seigneurial de la villa de Palaiseau, la seconde qui soit décrite dans le Polyptyque, comprend six grandes pièces de terre de labour, mesurant ensemble deux cent quatre-vingt-dix-sept bonniers ' , sept arpents de vignes ^, cent arpents de prés, une forêt d'une lieue de tour^, trois moulins. Cette réserve du maître est exploitée par les corvées de labour et autres travaux qui sont imposés aux tenanciers des divers manses composant l'ensemble de la villa*.

{voir dans l'édition Longnon, t. I, p. 188 et suiv., l'Appendice II). Le premier éditeur, Guérard, estime {et cette estimation est acceptée par l'éditeur plus récent) que, en tenant compte des parties manquantes, le nombre des manses devrait être porté approximativement à 2200, et leur population à 13,000 (Guérard, t. I, p. 358; Longnon, t. I, p. 44),

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