La lieue, leuva, mesurait environ 2222 mètres
4. Outre ces corvées faites par l'ensemble des tenanciers, la réserve seigneuriale était quelquefois aussi cultivée directement par des serfs domiciliés sur le mansus indominicatus. Voir plus haut, p. 179. Guérard (t. l, p. 579) cite un manse seigneurial de l'abbaye de Nideralteich cultivé de cette façon. Je ne trouve aucune indication analogue dans le Polyptyque d'irminon.
Après la description du chef manse vient celle de l'église et des terres qui lui sont consacrées. Chaque domaine ou villa renferme une église, quelquefois même plusieurs. Elles sont ordinairement décrites ainsi dans l'inventaire : « bien construites, bien meublées , bien ornées ' ; » ce que nous avons dit plus haut des églises rurales à l'époque carolingienne fait aisément comprendre ces paroles -. Leur entretien, et celui des prêtres qui les desservent, est assuré, non seulement par le paiement d'une dîme^, mais encore par le revenu des terres que la loi met à leur disposition. Un Capitulaire de 816 ordonne qu'à chaque église soit attaché un manse libre do toute charge ^ : l'auteur anonyme de la Vie de Louis le Débonnaire, résumant cette ordonnance, ajoute « un serf et une serve pour la culture do ce manse ^. » Un Capitulaire de l'empereur Lolhaire veut que ce manse contienne douze bonniers de terre arable, et
1. « Cum omuiappaïaiu diligenterconstructam; » • bene constructam; » « bene constructis et decoralis. • Quelquefois il est fait mention de la maison et des bâtiments accessoires pour le prêtre- « cum casis et aliis casticiis sufficienter. » Une seule lois, à Villa Supra Mare (QuiHebeuf), l'cslise, « in honore sanctae Mariai' et sancti Germani et saudi Martini construclam, • est dite presque ruinée. • pêne dissipatam. » Dans quatre fiscs ou villas il n"y a pas d'église. En revanche, dans la villa de Murciuctum il y avait deux églises au IX* siècle {Polyptyque , xvi, 2 , et le village correspondant de Mor sang(Seine-et-Oise) n'en a plus qu'une.
2. Voir plus haut, p. 183. On consultera utilement sur ce sujet la thèse de M. Imbart de la Tour, De eccleaiis rusticanis aetate carotingica.
3. Concile de Mâcon n (585), canon .%; concile de Chalon-sur-Saône H (813), canon 19; Capit. de partibus Saroniae (789), 17; De vUlis, ti; capitulaire de Salz (804), 2, 3; Cap. d'Aix la Chapelle (810 , ââ, elc
4. Capitulaire de 816, 10; Baluze, t. I. p. 56;;; Borelius, p. 175.
5. « Super singulas ecelesias mansus tribueretur cum servo et ancilla. > Vita Ludovici PU.
LE POLYPTYQUE D'IRMINON. 201
qu'à son exploitation soient attachés soit deux serfs, soit même deux hommes libres * . Le Polyptyque d'Irminon fait toujours mention du manse dépendant de l'église de chaque villa. Quelques-unes de ces églises ont plus de terres et plus d'hommes que ne l'exigent les ordonnances : ainsi, l'une des deux églises construites sur la villa de Palaiseau a dixsept bonniers de terre arable, cinq arpents et demi de vignes, trois arpents de pré, plus un manse de quatre bonniers et de deux ansanges ^ de terre, d'un arpent et demi de vignes, de trois arpents de pré, et d'elle dépendent six hôtes, possesseurs chacun d'un journal de terre, et obligés de faire sur celles de l'église un jour de travail par semaine. La seconde église du même fisc possède un terrain un peu moins étendu, avec sept hôtes, qui lui donnent également chaque semaine un jour de travail, « à condition qu'elle les nourrisse, » La plupart des églises desservant les villas décrites dans le Polyptyque possèdent ainsi plus de terres ou de manses que n'exige la loi; quelques-unes ont seulement la contenance exigée : un petit nombre sont insuffisamment dotées. Celle de la villa de Quillebeuf n'a que huit bonniers de terre arable, mais elle a les deux serfs, mancipia duo, dont parle le Capitulaire. La présence de
1. « Quod si forte in aliquo locosit ecclesia constructa, quae tamen necessaria sil, el nihil dotis habuerit, volumus ut secundum jussionem domini et genitoris nostri mansus duodecim bunuariis de terra arabili ibi delur, et mancipia duo aut liberis hominibus... > Capitula Lhotarii imperaloris , IV, \ ; Baluze, t. H, p. 327.