‹ Les origines du servage en FranceChapitre 118 sur 163 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

3. Polyptyque, xxix, SI. Cette note paraît avoir été écrite au commencement du xn« siècle.

't. « ... Si quando utriusque lundi idem dominus de possessione relerla cultoribus ad eam coloniam, quae laborabat tenuitate, colonos transtulerit... » Arcadius et Honorius, année 400, au Code Juslinien, XI, xlvu, 13. ,

On a des exemples de translations de colons et de serfs d'un domaine à un autre dans le Polyptyque de Saint-Germain'. La condition des uns et des autres n'en demeurait pas moins stable, puisqu'ils ne changeaient pas de propriétaire : le changement de résidence pouvait même quelquefois. avoir été demandé ou désiré par eux, comme chez nous un fermier qui a augmenté son avoir désire passer sur une ferme plus grande.

Mais il est un genre d'instabilité auquel, avant le ix° siècle, même le serf ecclésiastique put, dans de très rares circonstances, être exposé, et qui n'exista plus pour lui après le milieu de ce siècle. On a vaque les propriétés de l'Eglise ne pouvaient, d'après le droit canonique, être échangées que dans le cas où l'échange produi-^ait un avantage à celle-ci. Dans ce cas l'échange était permis, celui des terres et aussi celui des serfs. Le cas était probablement exceptionnel, d'abord parce que les échanges de biens sont rares, ensuite parce qu'il n'était pas toujours facile à l'une des parties d'y trouver un avantage bien marqué. Le cas, cependant, pouvait se produire. En 828, Louis le Débonnaire et Lothaire autorisent l'échange fait par Flodegaire, évêque d'Angers, d'un serf de son Église contre deux serfs cédés parle laïque Winnerade^. On comprend que la prévision

1. Polyptyque, xii, 'J, 11, 13, 10, iO, 23, -21, 10-'*% 46; xxiv, 10, U, 1-29. Cf. Guérard, t. I, p. -237.

•2. Voir, plus liant, \i. 10*.

3. lialuze, Appindix aclorum veterum, xl\i, dans Capitularia, t. II, p. 1430.

LE POLYPTYQUE D'IRMINON. 221

de semblables circonstances pût diminuer la sécurité dont jouissait à tous autres égards le serf d'Église. Ainsi s'expliquent les précautions prises quelquefois. Dans le Polyptyque de Saint-Maur des Fossés, on lit, à la suite d'une énumération de serfs du monastère, la mention suivante : « ïngelburge, fille de Vital de Buxido, s'est donnée au bienheureux Pierre, sous la condition que les moines ne la vendraient ni ne la donneraient jamais à aucun homme ^ » On se donnait fréquemment ainsi à un monastère ou, comme on disait, à un saint, par dévotion sans doute, mais aussi pour s'assurer la perpétuelle protection de l'Eglise et le sort très doux qu'elle faisait à ceux qui étaient sous son joug. Mais on craignait de l'échanger un jour contre un joug plus dur, comme était celui des propriétaires laïques.

Une telle inquiétude n'eût plus eu de raison d'être au milieu du ix*^ siècle. La situation des serviteurs de l'Église avait tellement grandi, que le législateur n'admettait plus qu'ils pussent être mis en compensation avec les serviteurs des laïques, et être dans aucun cas échangés avec ceux-ci. Deux Capitulaires le disent très nettement. « Que personne, écrit Charles le Chauve en 853, n'échange contre d'autres les mancipia ecclésiastiques, à moins que par ce moyen ils n'acquièrent la liberté. Et que les mancipia qui auront été donnés en échange demeurent toujours sous le joug de l'Église, pendant que l'homme de

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