Caton, De re rust., V
5. « Felicissimum funduni esse, qui colonos indigenas haberet, et tanquam in paterna possessione nalos, jani inde a cunabulis longa familiaritate relineret. Ita certe mea fuilopinio malam esse frequenlem locationcai fundi. » Columelle, De re agr., I, vu, 3.
cinq, cinquante années '. Si long, cependant, que fût leur bail, ces locataires demeuraient libres de se retirer quand sa durée avait pris fin, finita conductione - : même en cas de bail perpétuel et héréditaire, le preneur perdait son droit à la jouissance s'il cessait de remplir ses obligations 3; ils n'étaient donc pas attachés au sol, et le seul lien qui existât entre eux et le propriétaire était l'obligation mutuelle résultant du contrat de louage.
Tout différents sont les coloni dont la situation est fixée par la législation du iv® siècle. La classe des fermiers ou métayers, cultivant en vertu d'un bail librement débattu, était déjà en décadence au temps de Pline : à l'époque dont nous nous occupons, elle se trouvait probablement réduite à un petit nombre de représentants. Ce n'était pas l'espoir d'employer fructueusement ses bras ou ses capitaux qui, dans cette évolution nouvelle dont nous avons parlé, poussait vers les champs, au iv^ siècle, une seconde population d'origine libre, à la place de la population servile décroissante. Le mouvement qui, à la fin delà République et au commencement de l'Empire, avait attiré vers l'oisiveté et l'abondance des villes un grand nombre de paysans, et commencé la dépo-
1. Orelli. 4644; Mommsen, l.R. N., itiî:, i90l,.w0l; C. 1. L., IX, .•«J74; X, iWS; XUI, 1877.
■2. •• ... Colonurum qui, finita conduciione, (le coloniadiscesserint... • Scaevola, au Dig., XXXIII, vu, 20, .; 3.
3. • Veluti si qua res in perpetuum locata sit, quod evenit in pr;fdiis niunicipum, qua: ea Icge lorantur, ut, quamdiu id vectii<al praestetur, ncque ipsi conductori, neque hcredi ejus pracdium auferatur. • Gaius, C'omm., lil, jr«. Cf. Din., VI, ni, l.
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pulation des campagnes \ se reproduisait maintenant en sens inverse : la tyrannie de l'Etat enchaînant l'artisan à son métier, le curiale à la curie, et rivant à quelque service public tous les hommes capables de travailler, rendait à beaucoup le séjour des villes insupportable, et les mettait en fuite. Trois cents ans plus tôt, les paysans avaient quitté la campagne pour Vurbanum otium : désormais les citadins émigrent à la campagne, où ils trouveront sinon V otium, au moins la vacatio puhlici muneris. Vainement l'État met-il tous ses agents en chemin pour arrêter ces fugitifs : un grand nombre lui échappent. Des déserteurs de la curie sont cachés dans tous les lieux où ils ont pu trouver un asile, où la connivence d'un protecteur puissant ou d'un misérable complice leur a permis de se réfugier, aujourd'hui dans un palais^, demain dans une église 3, dans un atelier^, quelquefois dans une mine ou un four à chaux ^. Impuissante, malgré ses menaces, contre la dispersion des curiales^, la loi n'a guère plus de pouvoir contre celle des membres des corporations. Ceux-ci ne sont
4. « Juventus, quae in agris manuum mercede inopiani toleraverat, privalis atque pnblicis largitionibiis excita, urbanum otium ingralo labori praelulerat. » Salluste, Calilina,5T. Cf. Varrou, De rerust.,U, Prooemium; Columelle, Dereagr., Praefatio; Suétone, Octavius Auguslus, 42.