Térence, Phormio, II, i
». Plaute, CurcuUo, V, ii, 630.
K. Diyeste, XXII, v, 7, 2t. Voir Wallon, II ist.de l'esclavage, t. II, 187 , p. 18 1.
LE POLYPTYQUE D'IRMINON. 227
disais tout à l'heure que dans l'inventaire de plusieurs fiscs du Polyptyque d'Irminon se lit l'attestation de représentants des tenanciers en affirmant l'exactitude. Cette affirmation était faite sous serment, isti jiwati dixerunt. Les jureurs étaient pris à peu près indifféremment parmi les tenanciers de toute condition '. On trouve surtout parmi eux des colons, ce qui est naturel, puisque les colons forment la très grande majorité de la population soumise à Saint-Germain. Mais on y trouve aussi des lides et des serfs ^. Sur les quatorze qui authentiquent par leur serment l'inventaire du fisc de Thiais, il y a un serf, Gaugius, investi des fonctions de doyen, c'est-à-dire d'adjoint au maire ^. La liste des témoins jurés de l'inventaire du fisc de Boissy, au nombre de quarante-deux, contient neuf serfs.
L'association est très fréquente sur les terres de Saint-Germain. Un grand nombre de manses sont cultivés par l'effort réuni de plusieurs ménages de colons. Mais les serfs s'associent aussi.
I. Ce s^u'iiient pouvait être invoqué contre eux en cas de contestation. Voir plus haut, p. 36, note \.
•2. Dès le VII' siècle, le serment des serfs du roi et de l'Église est admis, quand ils sont poursuivis en justice; loi des Ripuaires (attribuée à Dagoijertll, 6-28-638), lviii, 20, 21.
3. Sur les fonctions de doyen, voir Guérard, t. I, p. 4G1. Mais Guérard se trompe en disant que « tous les doyens du Polyptyque sont colons. • Celui de Thiais est serf, « Gaugius servus sancti Germani, » et, à la liste des témoins jurés, « Gaugius decanus. • On ne trouve pas d'autre Gaugius parmi les tenanciers de ce fisc.
Quelquefois un mansc, ou même une fraction de manse, est cultivé par une société formée de plusieurs serfs ou serves. Quelquefois aussi, et même fréquemment, les serfs se mettent en société avec des tenanciers de condition plus élevée. Dans le fisc de Palaiseau, un manse qualifié de servile est cultivé par un serf, époux d'une femme libre, et associé d'un colon'. Le fisc de Neuilly contient de nombreux manses cultivés en association par des serfs : ici, trois ménages associés, un serf époux d'une lide, un serf et sa femme lidc également, et un autre lidc; ailleurs, sur un même manse, un serf époux d'une lide, un serf époux d'une serve, et une serve veuve; ailleurs encore, des sociétés formées d'un serf et de sa femme colone, d'un serf et de sa femme lide, et de deux serfs, ou encore d'un serf et de sa femme lide associés à un serf et à sa femme colone. Le fief de Bussy est un de ceux où se rencontrent le plus souvent des mariages mixtes et des associations composées de personnes de condition difterente. Ces communautés agricoles sont ordinairement de deux ménages, quelquefois de trois, de quatre, même de six. Comprenant, quand les enfants étaient en état de travailler, un nombre de mcml)res quelquefois très grand 2, elles devaient fournir un travail intensif, et mettre facilement en valeur les terres de dimension moyenne qui composaient un manse.