fierbicarii
tés monastiques \ mais des ouvriers employés au travail intérieur de l'abbaye et de ses dépendances immédiates. Ils étaient très humainement traités. Treize fois par an, un repas de pain, de viande, de vin ou de bière leur était offert : ils chômaient trentesix jours par an, en plus des dimanches^.
Ils travaillaient dans les ateliers ou au dehors, en compagnie et sous la direction des religieux. Ceuxci devaient, pour obéir à la règle bénédictine, faire œuvre de leurs mains, in lahore manuum. Un récit du moine de Saint-Gall nous montre, dans son monastère, au ix® siècle, les moines âgés occupés à déraciner dans le jardin les orties et les mauvaises herbes qui empêchaient les légumes de croître, pendant que les jeunes sont occupés au dehors à de plus durs travaux-^. Ils vivaient ainsi en fraternité avec leurs ouvriers, quelquefois rapprochés d'eux par l'origine ; car les bénédictins se recrutaient dans toutes les classes de la société, et leur fondateur défend, par l'article 2 de sa Règle, que l'on choisisse pour les emplois et les dignités ceux qui sont de naissance ingénue de préférence à ceux qui viennent de la servitude, puisque tous, unis dans le Christ,
\. S'oir E. Levillain, jBa;amew critique des chartes mérovingiennes et carolingiennes de l'abbaye de Corbie, dans Mélanges et documents j)ubliés jjar la Société de l'école des Charles, 1902.
2. On lira avec intérêt la liste de ces jours chômés: Nativité, S. Etienne, S. Jean, les SS. Innocents, Octave de la Nativité, Epiphanie, S"= Bathilde, Purification^ premier jour du Carême, Jeudi saint, Vendredi saint, Samedi saint, quatrième férié de Pâques, les trois jours des Rogations, Ascension, S. Jean-Baptiste, S. Pierre, S. Marcellin, s. Firmin, S. Martin, S. André, Vigile de Noël, les Quatre Temps.