Cilé par Guorard.t. III, p. '.HS
4. • Ermeuarius, »er\us domni al>balii>. et uvurejuslitiera, nomiue Ermengardis. Mauel in Manoilo. Tenet mausum i insenuilem, lia beatem de terra arabili bouuaria x. de viueu aripeunum i. de prato
tion aussi à Fulda non pas d'un serf, mais d'un colon qui « sert dans la maison de l'abbé ' . » Ces tenanciers ne peuvent être confondus avec des esclaves.
Des hommes d'une condition plus élevée remplissaient quelquefois aussi le rôle de serviteurs. C'était souvent le cas de ceux qui avaient reçu d'une abbaye des terres en bénéfice. On leur imposait, comme condition de la jouissance bénéficiaire, « des services à l'intérieur et à l'extérieur » du couvent. Les Statuts de Saint-Pierre de Corbie veulent que, dans ce cas, un cadeau de vin ou de cervoise leur soit donné à Noël et à Pâques -.
Dans une vive discussion sur un sujet de théologie, Elipand, évêque de Tolède, fit grief à Alcuin de posséder vingt mille serfs. Il est certain qu' Alcuin était fort riche. On connaissait déjà, au ix^ siècle, cette multiplicité des bénéfices ecclésiastiques ou religieux, qui fut une des plaies d'une époque plus moderne. Comblé de dons par la reconnaissance et la libéralité de Charlemagne, il gouvernait quatre grandes abbayes. La comparaison avec les chiffres
tertiam partem de aripenno. Débet omne censum solvere sicut de integro manso, sed iste tiihil inde fecit. » Polyptyque, xxr, 43.
1. « Oclavus colonus habet dimidiam liubam et servit ia curia abbatis. -> Guérard, t. ni, p. 928.
2. « De laicis autem qui pro beneficio quod tenent, abbali aut priori vel praepositis, intus autforis, vel equitando vel aliud servitiuin faciendo, serviunl; constituimus ut, in nataliDoniini etPascha, habeant aut duo sextaria cervisae, aut unum sextarium vini, non hereditario jure, sed pro charitate seu loci honore : lioc tamen sii iu voluntate abbatis et prioris et praepositorum. >> Statuta antiqua abbatiae S. Pétri Corbeiensis, i, 4; dans Guérard, t. II, p. 310.
que nous avons vus ailleurs, particulièrement avec ceux de Saint-Germain des Prés, permet de prendre le mot d'Elipand à la lettre. Les terres de quatre grandes abbayes pouvaient avoir, mises ensemble, ce chiffre de tenanciers. Mais on a vu combien, dans les domaines de Saint-Germain, le nombre des serfs était petit en comparaison de celui des colons '. Très probablement il en était ainsi dans lesterres de Saint- Martin de Tours, de Saint-Loup de Troyes, deFerrières, de Cormary, les quatre abbayes d'Alcuin. Aussi doit-on entendre de l'ensemble des tenanciers, colons aussi bien que serfs, le mot seri>i employé ici par Elipand-, La réponse d'Alcuin est à retenir. Sans chicaner sur la condition des personnes ni contester le chiffre, il déclare simplement « qu'il n'a jamais acheté un seul homme pour son service personnel^. »
Une autre catégorie de gens assurait encore le travail intérieur des monastères. C'étaient les oblats, c'est-à-dire de pieux laïques qui s'étaient consacrés à Dieu pour vivre et collaborer avec les moines. Ceuxci se déchargeaient souvent sur les oblats des tâches ou des courses au dehors qui les eussent trop distraits de la vie contemplative. Domestiques volontaires, ces frères lais, que nous retrouvons dans les communautés modernes, recevaient du monastère