Concile d'Altignies, 822, canons
fJ. Concile de Rome, 826, sous Etienne U, canon 34. 6. Concile de Paris, 829, canon 30.
à l'empereur, ou font appel aux grands et aux riches pour les aider à en établir. Louis le Débonnaire presse autant que son père ce mouvement. Dans un Capitulaire de 823, il rappelle aux évêques leurs engagements ^ Trente-six ans plus tard, sous Charles le Chauve, le concile de Langres prie le souverain et recommande aux évêques d'établir des écoles publiques pour l'enseignement des saintes Ecritures et des lettres humaines, partout où se rencontreront des personnes capables de professer : « Ainsi, dit le concile, avaient fait les princes dans les années précédentes, au grand avantage de l'Eglise, tandis que maintenant nous voyons avec douleur la vraie intelligence de l'Ecriture déchoir de telle sorte, qu'à peine en trouve-t-on quelque vestige ^. »
Ces ordonnances, ces canons renouvelés, montrent que le désir ae Charlemagne n'avait point été partout réalisé. Il avait cependant rencontré chez quelques-uns une grande bonne volonté.
Le Bavarois Leidrade, que Charlemagne employa comme missus dominicus, et qui fut un des plus illustres archevêques de Lyon ^, rappelle, dans un mémoire adressé à l'empereur, ce qu'il a fait dans cette ville : « J'ai tâché d'avoir les clercs nécessaires
1. • Scholae saue ad Glios et minislros Ecclesiae instruendos velj edocendos, sicut nohis praeterilo tempore ad At'iniacum promisi-1 stis, et vobis iiijunximus, in congniis locis. uhi nedum perledum est»! ad inullorum utilitutcni et prutectum a vobis ordiiiari non negli-| gantur. • Capiuilalrcde 8:23, c. 5; Ualuze, t. 1, p. (i34.
â. Concile «le Laiifires, 8.9, canon 10.
3. Sur I.eidrade, voir Alcuin, Ep. i, 8tt, 1()3, 108 (Migue, P. L., t. G,] col. 141, 28U,317, 349).
pour célébrer l'office, et, grâce à Dieu, j'en ai une bonne partie. Pour m'y aider, vous m'avez fait rendre les revenus qui avaient appartenu autrefois à l'Église de Lyon : ainsi, l'ordre de la psalmodie y est rétabli, selon l'usage de votre palais. Car j'ai des écoles de chantres, dont laplupart sontassez instruits pour en instruire d'autres. J'ai encore des écoles de lecteurs, non seulement pour lire les leçons de l'office, mais encore pour méditer les livres divins. Il y en a qui entendent déjà en partie le sens spirituel des Evangiles ; la plupart savent celui des prophètes, des livres de Salomon, des psaumes, et même de Job. J'ai travaillé autant que j'ai pu pour faire écrire des livres pour cette Eglise \ »
L'évêque d'Orléans, Théodulfe, qui fut probablement d'origine italienne, et vécut comme Leidrade dans l'intimité d'Alcuin et de Charlemagne, édicta deuxrèglements ou Capitulairespour l'administration de son diocèse. Dans le premier, il ordonne que des écoles seront établies dans les monastères qui en font partie, Sainte-Croix^, Saint-Aignan, Saint-Liphard, Saint-Benoît ^. Dans ces écoles seront élevés les enfants apparentés à des membres du clergé^. Mais, en plus, les prêtres des paroisses devront donner renseignement à tous les enfants qu'on leur enverra pour être instruits '■".
1. Leidrade, Ep. ad Carolum (Migno, P. L., t. XCIX, col. 871).