Abbaye de Fleury, dont Théodulfe était titulaire
4. Premier Capltulalre de Théodulfe, c. 19. a. Ibid., c. 20tMigne, P. L., t. CV).
LES ORIGINES DU SERV.VfiE. 17
La lettre de l'archevôque Leidrade éclaire, s'il en était besoin, les textes législatifs et conciliaires que nous avons cités : elle montre que l'enseignement public était, au IX" siècle, presque uniquement appliqué à la formation des clercs. Mais les dispositions des Capitulaires de Théodulfe font voir aussi que cet enseignement était, en quelque sorte, à deux degrés, l'un, dans certaines écoles monastiques, réservé à une élite, l'autre offert à tous ceux qui venaient le demander.
Un mot de l'enseignement supérieur distribué dans les monastères. On en connaît de nombreux exemples. Quand, en 796, Alcuin eut pris sa retraite et se fut retiré dans son abbaye de Saint-Martin de Tours, il y ouvrit une école où étaient enseignées toutes les sciences connues de son temps, et particulièrement l'Ecriture sainte, la grammaire, l'astronomie dont on était alors très curieux'. L'abbaye de Fulda, sous la direction de Raban Maur, l'auteur du De institutione clericorum, Hirsange, une filiale de Fulda, sous la direction de l'abbé Guillaume, Selingstadt, sous l'historien Eginhard, Ferrières, sous Loup Servat, Saint-Alban, à Mayence, Saint- Germain des Prés, Saint-Denis, Corbie, près d'Amiens, Nouvelle-Corbic, en Saxe, Saint-Riquier, qui possédait une bibliothèque de deux cent trente et un volumes, Saint-Gall, qui en avait une de
1. Alcuin, Ep. 38. — Dans la correspondance d'Alcuin avec C.har- Icma^ne, il est fréquemment question de l'astronomie, dont le prince se préoccupait fort : Ep. o«, i>8, «), 70, il, 84.
quatre cents, Saint-Martin de Metz, Saint-Miliiel, gouvernée par Smaragdus, Saint-Bertin, qui paya à l'Angleterre la dette de la France en envoyant à son tour Grimbald y restaurer les lettres à la demande du roi Alfred', tous ces établissements monastiques sont des laboratoires de hautes études. Ce sont aussi des ateliers d'art, en un temps où l'écriture était de l'art ^ : d'innombrables manuscrits sortirent au IX* siècle du scriptorium de ces abbayes^, et beaucoup de ceux qui sont venus jusqu'à nous sont admirables''. Mais ces écoles sont des écoles fermées, ou plutôt ouvertes à une élite seulement. Le Capitulaire sur la réforme monastique, promulgué par Louis le Débonnaire, après le concile tenu à Aix-la-Chapelle en 816 ou 817, déclare que seuls les oblats, c'est-àdire les enfants offerts par leurs parents à un monastère, pourront les fréquenter^.
Il s'agit ici de l'école intérieure, faisant partie des bâtiments claustraux, abritée par les murs du couvent : les hôtes de celui-ci ont seuls droit à y être reçus. Elle est distincte de l'école extérieure,