‹ Les origines du servage en FranceChapitre 21 sur 163 · Code Throdosien, XI, i · texte numérisé non relu

Code Throdosien, XI, i

3. C'est ainsi qu'à Aulun, Constantin dut réduire d'un quart l'impôt foncier. Euméue, Oralio Flaviensivm nomine, 6, 7.

généraliser le remède déjà tente : on avait fixé au sol les colons libres : on voulut y attacher étroitement la population servile. Une fois immatriculés sur les registres du lise, censiti, les esclaves ne durent plus, à partir de la loi de Valentinien, être distraits du domaine avec lequel ils avaient été inscrits. Dès lors il paraissait impossible que les terres devinssent improductives et que le propriétaire fraudât l'impôt. Cela arriva, cependant, car, pendant toute la seconde moitié du iv® siècle, de même qu'au siècle suivant, on voit les empereurs gémir sur le nombre croissant des terres abandonnées, les offrir en vain au premier occupant \ et se résoudre enfin à concéder aux curies épuisées des remises d'impôt-. « En Campanie, écrit en 395 Honorius, il y a, suivant les rapports de nos inspecteurs et les anciens cadastres, 528.042 Jugera de terres désertes et incultes : nous faisons remise de l'impôt, et ordonnons de brûler les rôles désormais inuiiles^. » Telle était l'impuissance des moyens empiriques, même les meilleurs en apparence, pour enrayer un mouvement qui remontait, en réalité, aux dernières années de la République et aux premiers temps de l'Empire.

\. Voir tout le titre lviii du livre XI du Code Juslinien, De omni agro deserto.

2. Voir au Code Théodosien,\l, tout le titre xxvmi, De indulgentiis debitorum ; lois de 363, 395, 40i, '»08, ilO, il3, iU, 413, 410, 418, iûi, 423, m, 433, 436.

3. • Quingenta viginti octo millia quadraginta duo jugera, quae Campania provincia juxta inspeclorum relaiioncniet veleruin monumenta chartarurn in dosertis et squalidis lucis habere dignoscilur, iisdem provincialibus concessimus, et oharlas superiluae descriptiouis creinari censemus. » Ibid., i.

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Mais si l'institution du servage — que Ton pourrait définir le colonat des esclaves, comme le colonat pourrait être appelé le servage des libres — n'eut pas, au point de vue politique et fiscal, les avantages que ses auteurs eussent été, ce semble, en droit d'attendre, elle exei'ça, en revanche, une influence très grande sur toute une partie de la population servile. Cette partie était considérable, car le nombre des esclaves attachés à la culture des champs paraît encore immense à la fin du iv^ siècle. Rappelons-nous ces deux propriétaires espagnols, parents de Théodose, qui, en 408, essaient de lutter par leurs seules forces contreunusurpateur, et, pour lui opposer une armée, n'ont qu'à lever les serfs de leurs domaines'. Souvenons-nous d'un des innombrables domaines de sainte Mélanie la Jeune, qui, outre la maison seigneuriale et les réserves dont celle-ci était entourée, comprenait soixante métairies ou tenures, sexaginta i>illas circa se, exploitées par quatre cents serçi agricultores, moyennant un cens ou une redevance ^ : comme le biographe énumère seulement les hommes en état de travailler, il faut ajouter à ce chiffre leurs femmes et leurs enfants, ce qui devait tripler ou quadrupler la population ; tel domaine cultivé ainsi par des serfs ressemblait à un très gros village de nos jours. Mais c'était, désormais, un très gros village à population stable, et qui pouvait devenir prospère^. Ce résultat

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