Regales famuli, quibus est illuslrior ordo
Servitii. » (Claudien, /n Eu(rop.,\, 149-ioO.)
dans un siècle où les fonctions du palais, jadis serviles, étaient maintenant remplies par des hommes libres qui composaient la militia palatina ' . Il faut descendre à l'époque barbare pour trouver une distinction juridique entre les esclaves du prince et ceux des particuliers. Contrairement à ce qu'on aurait pu penser, la séparation des classes est, dans la société confuse de ce temps, plus nettemenUranchée qu'elle ne le fut à aucune autre époque : j'ai déjà eu l'occasion de le montrer à propos des lois relatives au mariage^. Même dans la servitude il y a désormais des degrés, une hiérarchie : les esclaves du prince ou du fisc y tiennent le premier rang.
Au même degré sont les esclaves de l'Eglise. Ce mot, tout d'abord, sonne péniblement. A l'époque romaine, l'Eglise avait fait de grands efforts, non seulement pour adoucir le sort des esclaves, mais encore pour procurer leur affranchissement^. On a vu, dans un précédent chapitre, qu'à l'époque barbare elle continua, ou plutôt recommença, son œuvre compromise parles invasions '. Cependant il eût été difficile, sans doute même impossible, que les évêchés et les monastères du \\^ ou du vu' siècle ne possédassent pas, sinon des esclaves, au moins des
\. Cf. Wallon, HisU de l'esclavage dans l'antiquité, t. III, p. Ii7 et suiv.