Mabillon, Acla SS. ordinis S. Bcnedicti, 1. 1, p. Wô
3. Montalemhert, Les moines d'Occident, t. U, 1860, p. 333-335.
4. Le fisc était propriétaire de tous les terrains sans maître, si
Blidegisilus obtint du roi Glovis II'. En 075, Dagobert, sur la demande de l'abbé de Wissembourg, fit don à ce monastère d'un terrain couvert par les ruines de thormes auxquels était resté attaché le souvenir d'Adrien et d'Antonin-. Les présents faits à l'Eglise par de riches particuliers consistaient souvent en immeubles de même nature, landes désertes, champs en friche, portions de bois impénétrables : ainsi, un seigneur franc, nommé Ragnowintlie, ayant appris, en 590, que l'abbé Laumomar ou Lomer était venu s'établir dans un endroit de ses domaines autrefois habité, mais alors envahi par la végétation, lui fit abandon perpétuel de la propriété de ces taillis et de ces fourrés, fixant avec soin leurs limites^.
Pour rendre à la culture des plateaux couverts de ruines, des landes incultes ou des forêts, les nouveaux propriétaires étalant obligés à deux choses : rassembler des travailleurs, donner l'exemple du travail. Les moines travaillèrent de leurs mains : ils devaient, suivant la règle de saint Colomban, ne se mettre au lit le soir que brisés de fatigue, se relever le matin avant d'avoir pu reposer entièrement leurs
nombreux à ceUe époque. Wailz, Deulsclte Vcrfasstmgsgeschichle, t. U, i88-2, p. (il7; J. Tardif, Etude sur les inslilutions politiques et ad7ninistratives de la France, iS8l, p. 211.
t. Vita S. Daboleni. dans Du Chesne. l. I, p. 6,";9.
-2. •< Nos, ad suggeslionem viri venerabilis Hatfridi ahbatis, de nionasterio Weissenburgo, balneas illas Irans Hhenum, in pago Anciacensi sitas, quas Autoninus et Adrianus quondam impcratoies suo opère aedificaverunt, ad nionasterium quod dicitur Weisseiubui;;... visi fuimus concessisse. • Pardessus, Diplomata. t. M, p. 107.
a. Mabillon, Acta US. ordinis H. Benedicti, t. 1, p. 33S.
membres ^ ; suivant celle de saint Benoît, porter toujours à la ceinture une serpe 2, en signe de cette mission de défricheurs de l'Europe que leur avait imposée leur grand législateur. Les habitants d'un village voisin de Saint-Thierry, près de Reims, ont longtemps conservé, suspendue dans leur église, la charrue avec laquelle avait labouré pendant vingtdeux ans le moine Théodulphe^. « Il me semble que nous la contemplerions tous avec émotion, s'écrie Montalembert, cette charrue du moine, deux fois sacrée par la religion et par le travail, par l'histoire et par la vertu. Pour moi, je sens que je la baiserais aussi volontiers que l'épée de Charlemagne ou la plume deBossuet' . » En certains pays, les disciples de saint Benoît restèrent désignés, pendant plusieurs siècles, par le nom de travailleurs : on ne disait pas « les moines qui habitent tel monastère, » mais « les moines qui travaillent — ou même qui servent — dans tel monastère^. » Un canon du concile d'Epone, sur lequel nous aurons Toccasion de revenir, dit que les moines travaillent tous les jours à la terre ^. Les évê-
1. « Lassus ad stratum veniat, ambulansque dormilet, necdum expleto somno surgere compellalur. ■> Régula S. Columbani, 9 (Migne, P. L., t. LXXX).