‹ Les origines du servage en FranceChapitre 63 sur 163 · Concile romain de 502, canons · texte numérisé non relu

Concile romain de 502, canons

y. Une formule de Marculfe (II, 23) montre une église ou un monastère échangeant une villa contre celle <run propriétaire laïque : les mancipia sont compris dans l'échange, eu même temps que les terres habitées par eux, et par conséquent n'en sont point séparés : mais ceux de la villa donnée en échange par l'église perdaient probablement en sécurité à changer ainsi de joug.

établit sur la propriété nouvelle, afin qu'ils la missent en valeur : il leur assigna des tenures séparées, mansiones, et leur imposa, comme redevance, de fournir de poix et de résine, produit naturel de cette région forestière, les établissements religieux dépendant de l'évôché de Reims'. Bien que ce fait soit antérieur à l'établissement de l'inaliénabilité du domaine ecclésiastique, cependant il ne présente rien d'incompatible avec cette inaliénabilité, et des faits analogues purent se produire sous la nouvelle discipline. Mais celle-ci s'applique formellement aux serfs de l'Eglise aussi bien qu'aux terres, et interdit également l'aliénation des uns et des autres. Cela est spécifié par plusieurs conciles. Aucun évêque, dit celui d'Agde, ne peut vendre les immeubles, les esclaves ou les meubles de l'Eglise-. Un évêque, dit de même le synode de Clichy, ne peut vendre ou léofuer ni les biens ni ^es esclaves de l'Église ^.

1. '< Partem autem maxiinam silvae in Vosagio preiio comparavit, et mansionilia ibidem consiituit, hominesque in eisdeni mansionilibus de vicina Episcopii villa, quae Berna dicilur, a Krancis sibi data, manere disposuit : ut picera annuatim religiosis locis ecclesiae Kemensis adminisirarent. • Flodoard, I, 20. — Le texte ne dit pas pour quelle somme saint Uemi acheta cette foret; mais le même historien rapporte, quelques chapitres plus haut (I, i\), qu'il paya la terre d'Epernay, Sparnacum villam, 5,000 livres d'argent (que r.uérard, Polyjilyquv d'Irminon, t.I, i>. 143, évalue à 3.371.000 francs de notre monnaie). L'exemple donné par saint Uemi fut suivi par ses successeurs, qui, pendant toute l'époque méroviugienne, agrandirent le patrimoine de l'Église de Ueims au moyen d'achats successifs, notés avec soin par Flodoard (H, 2, l, r.. "T, 10, 11, 17). — Sur les achats par les Églises et les monastères, voir Lesne, Hist. de la propriété ecclésiastique, t. 1, p. 191-1!>1. — Voir, dans les Fo7-mulae Sirmo7idicae, 37, et Dignonianae, 19. des exemples de venditio ad Ecclcsiam ou ad monasterium.

-2. Canon 7.

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