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Église de Berthem en

(D'après l'Atlas de l'abbaye de ta Cambre.)

d'une grossière abaque et ne se trouve pas dans l'axe de l'édifice. Les T^' église autres étages ont de simples plafonds en bois. Aucun escalier ne les relie ; berthem. le premier étage seul communique avec l'église par une petite porte. Avant l'établissement du jubé, on n'y avait probablement accès qu'au moyen d'une échelle mobile.

Les nefs de l'église ont été modernisées à l'intérieur, au xviii' siècle, mais sans qu'on ait apporté des modifications essentielles à la construction. La transformation importante est l'agrandissement des fenêtres des bas-côtés. Elles étaient, à l'origine, au nombre de six de part et d'autre ; on en a muré trois et les autres, notablement agrandies, ont été couvertes par des arcs surbaissés.

Les fenêtres primitives étaient peu élevées et très étroites. Le seuil se trouvait à

une hauteur de 3"'40 au-dessus du niveau de l'église; et on peut se demander si cette étroitesse des ouvertures, ici comme dans la tour, ne répondait pas à des nécessités de défense?

Les arcades qui séparent les nefs reposent sur de simples abaques qu'on a retaillées au xvui' siècle pour leur donner vaguement l'aspect de chapiteaux toscans. La nef principale est éclairée directement par douze fenêtres peu élancées, mais plus larges que dans les bas-côtés, largement ébrasées, surtout au seuil, et sans aucun encadrement au dehors. Elles sont restées dans leur état primitif. Le vitrage est situé à peu près dans le plan du parement extérieur.

Jadis, comme l'indique un plein-cintre cachant probablement un linteau, il y avait une entrée dans le mur occidental du bas-côté sud. Nous n'hésitons pas à placer en cet endroit la porte primitive de l'église, qui fut probablement condamnée lorsqu'on perça, dans le mur du clocher, l'entrée actuelle. Pour confirmer cette hypothèse, nous n'avons qu'à invoquer les constructions similaires où, dans aucun cas, il n'y a deux entrées occidentales, surtout à côté l'une de l'autre; et, pour prouver que la porte actuelle a bien été percée après la construction, montrer le linteau en bois qui la surmonte.

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l'entrée existait déjà en 1 71 ] .

La partie supérieure des murs terminaux des bas-côtés ainsi que tout le pignon, ont été reconstruits au xviii^ siècle ; on remplaça, en même temps, la toiture ancienne par une autre, en respectant les lignes de la première. 11 en fut de même du plafond des nefs. On se contenta de rempl acer les pièces usées et on recouvrit le tout d'un lattis et d'une couche de plâtre à moulures. Dans la grande

nef, il reste une partie de la charpente primitive. Elle était formée de chevrons portant ferme dans lesquels on voit encore les entailles des contrefiches et des potelets.

Le chœur est la partie la plus intéressante de l'édifice. Le chanoine Reusens a cru y trouver des traces d'une influence française, attendu que l'église de Berthem dépendait de l'abbaye de Corbie (]). Or, de ce que nous avons dit dans le chapitre 11, il résulte que l'architecture de l'église

FiG. 34.

La porte du sanctuaire a l'Eglise de Berthem. (Phot. de l'auteur).

(j ) Bulletin de la Commission royale d'art et d'archéologie, t. XX,

de Berthem est plutôt rhénane. 11 existe d'ailleurs quantité d'églises du T^' église de même type en Brabant et dans les autres provinces. berthem.

Le petit presbyterium qui précède l'abside est de forme à peu près carrée et est recouvert, comme les nefs, d'un plafond plat. 11 est éclairé actuellement par une fenêtre gothique sur chacun des côtés. On voit cependant, du côté du sud, les traces d'une petite fenêtre romane, que reproduit notre restitution, ainsi que l'encadrement d'une ancienne porte aujourd'hui condamnée (fig. 34).

Cette porte était couronnée d'un arc en plein-cintre sans ornements, et d'un larmier orné d'une belle frise à feuilles trilobées, présentant les mêmes caractères que la sculpture d'un tore sur la porte romane à l'hôpital de Louvain (fig. 35). Tout comme à cette porte, les impostes sont ornées de têtes grimaçantes dont l'une est très endommagée. Les tailloirs des piédroits ont un profil analogue et l'on voit percer la volute d'un crochet. Le remplissage empêche malheureusement de pousser plus loin la comparaison.

Quelques sondages feraient peut-être découvrir une ou plusieurs retraites ornées de tores sculptés et des piédroits avec colonnettes. Ce que l'on voit permet cependant de conclure à une communauté d'origine et d'âge entre les deux portes. Or celle de l'hôpital de Louvain datant de 1220, on serait tenté de conclure, à première vue, que

Fig. 35.

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