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DÉTAIL DE LA PORTE ROMANE

DE l'Hôpital de Louvain.

'L' architecture romane en Brabant.

Fig. 36. — Ditails de la porte du Sanctuaire à Berthem.

(Croquis de l'auteur.)

Fig. 37. — Corniche du chœur de Berthem.

l'église de Berthem date également du commencement du xiu' siècle — hypothèse invraisemblable étant donné le caractère rudimentaire de cette construction — si plusieurs indices ne permettaient de croire que cette

ouverture fut percée après l'achèvement de l'édifice. Ne serait-il d'ailleurs pas étrange que, dans cette construction d'une simplicité extrême, qui n'a ni une plinthe, ni une moulure, ni une sculpture quelconque, on ait adopté pour une porte d'importance secondaire et située à un endroit écarté, une décoration riche, alors que l'entrée principale, dans le bas-côté sud, ne portait pas la moindre ornementation? 11 n'est pas jusqu'à l'appareil qui ne soit aussi plus soigné que celui de l'édifice, comme le montre notre photographie (fig. 34).

Nous remarquerons plus d'une fois des ouvertures placées au même endroit dans le choeur. Or, même dans les sanctuaires plus riches que celui-ci, cette porte est très simple et très étroite.

Nous pensons donc, ou bien que le chœur de Berthem avait primitivement une entrée simple qui fut élargie et décorée au début du xju' siècle, ou bien que la porte date seulement de cette époque.

Le chevet du chœur présente le plan semi-circulaire, et n'a pour tout ornement qu'une corniche en quart-de-rond sous la toiture. 11 est couvert d'une voûte en cul-de-four et était jadis éclairé, dans le fond, par une petite fenêtre actuellement condamnée. La toiture de l'hémicycle a été renouvelée ; elle était primitivement, sans doute, parallèle à la pente des autres toitures de l'édifice, comme dans les églises analogues et s'appuyait à 45° contre le mur du sanctuaire. Aujourd'hui, elle est plus élancée et monte jusqu'au sommet du pignon du sanctuaire.

Nous avons tenu à décrire en détail l'église de Berthem, tant parce qu'elle était la première de ce type que nous rencontrions que parce qu'elle en est la mieux conservée.

LA CHAPELLE DE SAINTE- Varchttec- VÉRONE A LEEFDAEL fure romane

en Brabant.

L'oratoire de Sainte-Vérone, à Leefdael, est situé à quelques minutes de marche de l'église de Berthem, que nous venons de décrire ; il en a d'ailleurs la plupart des caractères, quoiqu'il soit de dimensions plus petites.

11 se compose également d'une tour très massive formant avant-corps du côté occidental, d'un vaisseau à une seule nef et d'un chœur divisé en deux parties.

La tour, qui n'a sans doute jamais été terminée, est couverte actuellement par une toiture en bâtière à croupes. Etant donné ses dimensions et l'épaisseur des murs, on ne peut douter qu'elle n'ait été destinée à s'élever à une

certaine hauteur. Elle ne présente, comme celle de Berthem, aucune ornementation, mais le rez-de-chaussée, au lieu d'un berceau, est couvert d'une voûte d'arêtes bien construite. Aucune trace d'escalier ; même, aujourd'hui, on ne peut avoir accès aux étages que par l'extérieur et au moyen d'une échelle.

L'entrée actuelle se trouve dans l'axe longitudinal de l'édifice, sous la tour, mais elle y a été percée lors des modifications apportées à l'église,

T.' archifec- car elle porte, comme celle de Berthem, tous les caractères d'une conture romane struction postérieure, avec cette différence que nous n'avons pu retrouver en 3rabant. l'emplacement de la porte primitive, les bas-côtés ayant disparu.

Dans la nef, les murs latéraux montrent quatre grandes archivoltes condamnées et portées autrefois sur des piliers carrés. L'éclairage est assuré,

FiG. 39.

(T^estitution de l'auteur.)

Chapelle de Sainte- Vérone, a Leefdael.

(Coupe longitudinale sur lÉtat primitif

de part et d'autre, par deux fenêtres du xvui' siècle percées sans souci des formes primitives.

Cette nef unique est-elle une disposition originelle ? Avait-elle été construite ainsi pour permettre des agrandissements ultérieurs? Les constructeurs romans n'avaient pas l'habitude d'agir de la sorte. Tout indique d'ailleurs qu'il y eut primitivement des nefs latérales, qu'elles furent abattues dans la suite et qu'on se servit des débris pour fermer les arcades qui les séparaient de la nef centrale. Ainsi le prouvent les contreforts qui remplacent les murs du chevet du bas-côté nord, les arrachements visibles aux mêmes endroits du côté sud, la forme de l'emplacement des fenêtres, l'absence de toute trace de porte dans les murs actuels et d'autres indices que fera connaître la suite de cette description. La largeur approximative des bas-côtés nous est indiquée par un léger enfoncement du terrain à l'endroit des anciens murs extérieurs.

Les piliers sur lesquels reposent les arcades sont de forme carrée et sans

Chapelle de à 'Leefdael.

FiG. 40. Chapelle de Sainte-Vérone, a Leefdael.

Les arcades bouchées et la porte du sanctuaire. (Phot. de l'auteur.)

bases. Ils sont formés d'assises alternatives de pierres plates, disposées selon leur lit, et de dalles verticales en délit. Les abaques ou impostes ont une moulure simple, formée d'un cavet. Actuellement, cette moulure a disparu, sauf sur les côtés encastrés dans les murs, mais la trace des coups de pioche est visible et témoigne que, avant la démolition des bas-côtés, elle existait sur les quatre faces. Les arcades aussi se composent alternativement de claveaux longs et courts. Les premiers ont à l'intrados une taille concave en arc de cercle et constituent des segments entiers d'archivolte.

On croirait, à première vue, que la chapelle de Sainte- Vérone formait exception à la règle générale qui veut que les églises romanes de notre pays aient une claire-voie supérieure dans la nef centrale. Ce qui porte à le supposer, c'est le manque de hauteur suffisante au-dessus des arcades. Mais à la suite d'un examen plus attentif, on trouve, derrière le crépissage du côté nord, la trace des parties inférieures des anciennes fenêtres et l'on constate que les démolisseurs ne se sont pas contentés de diminuer l'édifice

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