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architecture romane en Brabant

Fig. 42. — Profil de l'imposte des arcades.

en largeur, mais qu'ils ont fait disparaître aussi une grande partie des murs goutterots. Cette découverte nous a permis de reconstituer les dimensions primitives de Tédifice d'après le plan ci-dessus (fig. 39). Seule la hauteur des fenêtres n'y est qu'approximative.

L'oratoire est couvert, aujourd'hui, d'un plafond plat. Il l'était aussi primitivement. Nous n'avons trouvé aucune trace de voûte ; du reste, les pîliers carrés simples sont incompatibles avec l'existence de voûtes romanes sur les grandes nefs.

Le chœur de cet édifice intéressant se rapproche de celui de Berthem en ce sens qu'il comporte, comme lui, deux subdivisions: une espèce de presbyterium couvert par un plafond plat et un sanctuaire proprement dit couvert par une voûte. 11 en diffère par la forme rectangulaire de cette seconde partie et par la construction de la voûte, qui est ici en arêtes. Nous retrouvons, comme à Berthem, au même endroit, sur le côté sud du presbyterium, la petite porte du sanctuaire mais avec des dimensions beaucoup • I plus réduites. Elle est couverte d'un grand linteau

semi-circulaire encadré dans un arc. Les montants sont formés de pierres alternativement posées selon leur lit et en délit et l'embrasure mesure à peine o"6o (fig. 40). Le sanctuaire proprement dit est éclairé du côté sud par une fenêtre circulaire qui nous paraît avoir été modifiée, tandis qu'on voit, dans le mur de chevet, les traces d'une fenêtre en plein-cintre. Un arc doubleau reposant sur piédroits sépare les deux parties du chœur qui est contrebuté à l'est par deux contreforts en talus.

A côté de l'autel, il y a une jolie piscine couverte de deux dalles s'arcboutant mutuellement et que nous avons fait figurer sur notre relevé. En face se trouve un beau tabernacle en pierre, de l'époque ogivale, dont la richesse contraste singulièrement avec l'aspect pauvre et nu du petit ora toire 1 1 ).

Fig. 41 . — Profil des impostes de la porte du sanctuaire.

(1) Cf. Reusens, op. cit., t.

L'EGLISE DE LEEFDAEL (village)

En continuant le chemin qui longe la Voer, on aperçoit, à deux kilomètres de la chapelle de Sainte- Vérone, une troisième église intéressante, celle du village de Leefdael. Au premier aspect on ne se douterait guère de son ancienneté. Le chœur et la nef ont été radicalement modifiés et le clocher lui-même a subi d'importants remaniements.

Le chœur est une très intéressante construction du xvi^ siècle avec une belle voûte en réseau qui est, sans doute, postérieure à la construction même ; il est terminé par une abside à trois pans sans contreforts. Les nefs, couvertes par une seule toiture à deux versants, éclairées de chaque côté par trois grandes baies, reposent sur quatre colonnes toscanes massives, sous le plâtrage desquelles on a découvert récemment d'autres colonnes très élégantes datant du xvii' siècle. Les basses nefs s'étendent actuellement jusqu'à la façade des deux côtés de la tour qui est quadrangulaire, très simple, renforcée par de nombreux ancrages. Elle est

uniquement décorée par quatre baies en arc brisé qui servent d'ouïes. On y a ajouté, du côté occidental, deux contreforts et une porte en style du xvi' siècle. Le clocher n'a pas de voûte, même au rez-de-chaussée, ni d'escalier en pierre. 11 communique avec l'église par une arcade en anse de panier. Audessus de celle-ci est percée une grande baie moderne qui donne sur le jubé.

Le plan, comme le dit notre relevé, est très irrégulier ; le clocher, surtout, s'adapte mal à l'ensemble de l'édifice. Au-dessus du plafond actuel se trouve une voûte en plâtre datant de ijSi; elle a été remplacée peu après par le

F,G. 43. ÉGUSE DE Leefdael. (État actuel.) plafond qui, à SOn tOUr, SCra bicn-

(Croquis de l'auteur.) tôt démoli.

"L' architecture romane en Brabant.

io3

L archttec- Malgré ces apparences, il n'y a aucun doute que l'église primitive de ture romane Leefdael ait été construite d'après le type de Berthem et de Sainte-Vérone, en Brabant. c'est-à-di re en forme de basilique à trois nefs sans transept. La tour est certainement une construction romane. Les grandes baies en arc brisé en ont remplacé d'autres en plein-cintre dont on peut apercevoir, en partie, les tympans bouchés au-dessous des ouïes actuelles. Le plan carré, l'épaisseur des murs et l'appareil rappellent très nettement l'église de Berthem et l'oratoire de Sainte-Vérone. La flèche, les ouïes et le larmier sont l'œuvre du xviie siècle. Jadis il n'y avait pas de porte occidentale.- 'Nous ''n'en

FiG.

Plan de l'Église de Leefdael.

(T{eleve de l'auteur.)

voulons comme preuve que le caractère moderne de la porte qu'on vient de faire disparaître et l'absence d'accès dans le mur de clôture du cimetière du côté occidental. Primitivement le clocher était en hors-d'oeuvre comme à Berthem et à Leefdael. C'est au xviii' siècle qu'on lui adjoint des bas-côtés.

Que la nef ait eu à l'origine deux rangées de fenêtres, il suffira, pour s'en convaincre, de monter jusqu'aux combles des bas-côtés actuels. On y retrouvera les petites fenêtres en plein-cintre de o™8o de large sur i"'4o de haut. 11 est évident que toute cette région supérieure des murs de la nef est restée dans son état primitif ; elle a été reprise en sous-œuvre au

xviie siècle. La partie inférieure des murs des bas-côtés actuels a été conser- 'L' église de vée également, elle a le caractère roman et le mur nord nous montre 'Leefdael. même une intéressante porte en plein-cintre qui a gardé vraisemblablement un grand linteau semi-circulaire. Comme les fenêtres supérieures sont au nombre de cinq par côté, il faut en déduire, d'après la règle générale, que l'église ancienne avait cinq travées et, par conséquent, de chaque côté, quatre piliers de forme carrée. On a dû les enlever tous pour les remplacer par deux colonnes. Nous verrons plusieurs autres exemples de semblables modifications qui paraissent extraordinaires à première vue.

Quant au chœur, s'il a été reconstruit et, sans doute, agrandi, la largeur primitive est restée ce qu'elle était : la partie inférieure des murs est ancienne, on y rencontre même, comme dans les deux temples voisins, la petite porte donnant dans le presbyterium. Selon toute vraisemblance, le choeur ancien était composé d'une travée carrée et d'une abside semi-circulaire.

Fig. 45. — État primitif. (f{estitution de l'auteur.) Fig. 46. — État actuel. (T{eîevédeM. Lattgerock.)

Église de Leefdael. (Coupes transversales.)

io5

T.* Ctrchitec- Toutes ces observations, sauf la dernière, sont prouvées par le monuture romane ment lui-même et confirmées par un dessin de VJlHas de l'abbaye de en Srabant. Cambre qui représente l'église telle qu'elle était

en 1711. Nous y constatons l'absence d'entrée occidentale, la claire-voie supérieure, les bas-côtés anciens. Nous y voyons même que l'entrée primitive se trouvait du côté sud, à la première travée de la nef, et qu'elle était précédée d'un porche couvert d'un pignon. Or, il se fait précisément que l'entrée du cimetière se trouve encore en face de l'emplacement de ce porche. Tout concourt donc à démontrer que l'église de Leefdael est étroitement apparentée à celle de Berthem et de Sainte- Vérone. Éguse de Leefdael.

(D'après YJltlas de t'abbaye de la Cambre.)

L'ÉGLISE DE VOSSEM

L'église paroissiale de Vossem (i), dédiée à saint Paul, est, malgré ses petites dimensions, tout aussi remarquable que les églises dont nous venons de parler. Elle est construite dans le même esprit et dans le même style roman que ses voisines, quoiqu'elle présente les caractères d'un âge un peu moins avancé.

A première vue, tout comme Leefdael, rien ne fait supposer l'antiquité de ce petit monument. 11 suffit de jeter un coup d'œil sur notre photographie (fig. 48) pour s'en convaincre. En 1695, date inscrite dans la voûte, peut-être même antérieurement, l'édifice fut remanié. Toutefois, ces modifications n'ont pas été assez complètes pour empêcher la reconstitution des dispositions primitives.

L'église se compose d'une triple nef sans transept; elle est précédée d'un clocher carré et terminée, du côté oriental, par un chœur carré et une abside semi-circulaire ; elle est bâtie en grès blanc recouvert aujourd'hui, même à l'extérieur, d'une épaisse couche de badigeon.

(1) Cf. A. Wauters, Histoire des environs de Bruxelles, t. 111, p. 434 et suiv. Vossem est cité pour la première fois en m 29. Ce village dépendait de Leefdael jusqu'à la fin du xin® siècle.

Le clocher, semblable à ceux de Berthem, Leefdael et Sainte- Vérone, T.' église est construit sur plan carré et n'a ni ornements, ni moulures. Au-dessus du J^OSSem, faîte de la toiture des nefs, il devient octogonal et il est couronné d'une

flèche élancée. Un escalier délabré, logé dans une tourelle ronde du côté méridional, conduit jusqu'au premier étage.

Telle que nous la voyons, cette tour ne rappelle plus que bien vaguement son état primitif. L'étage supérieur octogonal est une addition d'une époque postérieure, comme sa forme le prouve ainsi que sa maçonnerie en briques. On trouve, du reste, en dessous de cet étage, quatre petites baies en plein-cintre, dont trois sont bouchées, et qui éclairaient jadis l'étage des cloches, comme dans toutes les tours semblables. Directement au-dessus

()) Les clichés de cette notice ont été prêtés par le Bulletin des Métiers d'art.

TL' archttec- de ces ouïes, se trouvait très probablement autrefois la toiture en forme fure romctne de pyramide à quatre versants.

en ^rctbctnf. Dans la façade de la tour a été percée, au xvu' siècle, une fenêtre qui remplace, sans doute, une simple meurtrière. Elle s'ouvrait primitivement dans le rez-de-chaussée, actuellement divisé en deux étages au moyen d'un plancher en bois pour permettre l'établissement du jubé.

Le rez-de-chaussée était anciennement d'une élévation considérable, relativement à l'ensemble. 11 était séparé de la nef par une grande arcade et couvert d'une belle voûte sur nervures datant de l'époque de transition.

FiG. 49.

Église de Vossem. (Plan terrier.) (J{elevé et restitution de l'auteur.)

Fig.5o.- Profil des impostes.

L'extrados de cette voûte se présente absolument avec l'aspect bombé d'une voûte d'arêtes rhénane. Les arcs formerets sont en plein-cintre et les nervures servent uniquement de couvre-joints. Leur profil est simple : un rectangle avec les deux arêtes inférieures chanfreinées. La clef de voûte a pour unique ornement la continuation de ce même chanfrein.

Les trois nefs ne sont éclairées aujourd'hui que par une seule rangée de grandes fenêtres à arcs surbaissés donnant dans les bas-côtés, et l'église entière est couverte d'une seule toiture à deux versants. La disposition était différente à l'origine et l'église devait recevoir la lumière par une rangée de fenêtres supérieures éclairant directement la nef principale. On

aperçoit vaguement la trace de ces fenêtres dans les fissures du plâtrage 'L'église de sous la voûte intérieure ; mais, dans les combles de l'édifice, on les retrouve Vossem. toutes absolument intactes. Ces fenêtres sont étroites, peu élevées et s'ébrasent à l'intérieur et à l'extérieur. On voit également en dessous du crépissage, dans le mur méridional, le tracé des anciennes fenêtres des bas-côtés. Elles étaient plus petites encore que celles de la grande nef.

A l'intérieur, l'église est portée sur des piliers carrés, enterrés de toute la hauteur de leur piédestal et inégalement distancés. La première travée, très petite, est formée par une arcade en plein-cintre, tandis que les autres, qui ont plus du double de largeur, ont leurs soutiens reliés par des ogives. Ici encore, nous nous trouvons en présence d'un remaniement considérable efFectué lors de la construction des voûtes, c'est-à-dire à la fin du xvif siècle. Pour dégager l'intérieur, on a abattu quatre piliers intermédiaires et on a réuni les autres par des arcs plus grands, ce qui donnait à la grande nef deux travées presque carrées, faciles à voûter. 11 ne saurait y avoir de doute à cet égard : la disposition des fenêtres supérieures, au nombre de

FiG. 5;

Église de Vossem. (État primitif.) (T^estitution de l'auteur.)

deux sur les grandes travées et d'une sur la travée étroite près de l'entrée le prouve. 11 est à remarquer aussi que, si l'on suppose des piliers intermédiaires tels que les donne notre restitution, l'entre-colonnement est exacte-

T-.' Ctrchitec- ment le même dans les cinq travées, et les fenêtres bouchées ou cachées ture romane Y correspondent adéquatement. Nous connaissons, du reste, plusieurs en^rctbant exemples de semblables modifications (i).

Actuellement des voûtes sur nervures cachent l'ancien plafond plat de la nef. 11 subsiste cependant intact au-dessus des voûtes, de même que la charpente primitive de l'église, qui est d'autant plus intéressante que très peu d'églises romanes, en Brabant, ont conservé leur première charpente. Celle-ci se compose d'une suite de chevrons

FlG. 52,

Eglise de Vossem. (Coupe longitudinale.

(Tiestitution de V auteur.)

portant ferme, en chêne grossièrement équarri et de fortes dimensions distants de o"^8o. Les fermes ont pour base un entrait qui tient lieu de poutre pour le plafond et sur lequel repose le plancher.' Ces entraits s'appuyent sur les murs par l'iRtermédiaire d'une double sablière. La pente de la toiture est donnée par les deux chevrons se contre-butant sans faîtière et formant anciennement saillie à l'extérieur. Ils sont reliés vers le milieu par des faux-tirants et consolidés à la partie inférieure par des potelets. Les voliges du toit étaient clouées directement sur les chevrons. Aucun assemblage n'est à tenon ni mortaise, tous sont à mi-bois dans l'une des pièces, laissant intacte la plus importante. Des chevilles très saillantes les consolident.

(i) Parc, Saventhem, Leefdael, Grimde, etc.

Église de Vossem. (Les Charpentes.) (Phot. de l'auteur.)

La basse nef septentrionale se continue à présent à côté du clocher, T.' église de comme le montre notre photographie (fig. 48), mais cette disposition est yossem.

relativement récente. Autrefois il y avait une petite porte cintrée dans le mur nord et une autre, plus importante, également condamnée, vis-à-vis. C'étaient là, primitivement, les seules entrées, car la porte actuellement percée dans la tour date, au plus, du xvi' ou du xvii° siècle.

Le chœur se compose, comme dans les églises précédentes, d'un presbyterium carré et d'une abside semi-circulaire cachés, en grande partie, par les sacristies. La sacristie méridionale est relativement récente, mais celle du nord est beaucoup plus ancienne. Elle présente à l'extérieur le même appareil que la nef et continue la plinthe de celle-ci. Elle communique avec le chœur au moyen d'une petite porte qui a gardé son battant primitif en bois de chêne, orné d'une infinité de clous à grosse tête. Cette porte s'ouvre sur l'intérieur de la sacristie. Dans le mur oriental de celle-ci se trouve une piscine exactement semblable à celle que nous avons vue dans la chapelle très ancienne de Sainte- Vérone à Leefdael. La sacristie qui est de plan rectangulaire est couverte par Fig. 54. Église de Vossem. (Les Charpentes.)

une voûte en berceau. La (Phot. de fauteur.)

T.' Ctrchltec- seule particularité qui nous empêche d'y voir un édicule contemporain de ture romane l'église est la présence, dans le chœur, d'une fenêtre bouchée, située plus en ^rabant. bas que le toit de la sacristie. 11 est possible que, primitivement, la sacristie fut couverte d'une toiture à double versant, laissant libre la base de la fenêtre; mais comme la maçonnerie de la sacristie n'est pas reliée à celle du chœur, nous préférons y voir une ajoute un peu postérieure à l'église.

L'église de Vossem présente, avec celle de Berthem, cette différence que, dans la première, le chœur a plus d'importance relativement à l'église et qu'à l'extérieur il est couvert par une seule toiture, tandis que dans la seconde, l'abside a une toiture moins élevée. L'ancienne voûte du chevet y a été démolie et exhaussée, de même que l'arc triomphal entre le chœur et la nef. Pour le reste, la construction est soignée ; l'extérieur est décoré d'un soubassement qui se termine en moulure élégante et sert de base à une série de pilastres élancés, couronnés de tailloirs élégants et reliés par trois arcatures sur modillons. Cette Fig 55 Arca- clécoration se rencontrait, sans doute, également aux murs extérieurs ture au choeur, dcs nefs latérales, car on en trouve des amorces de pilastres dans l'angle sud-est. Ailleurs, ils ont été détruits par les remaniements. En comparant la photographie de l'église actuelle avec la restitution que nous en donnons, et que nous croyons exacte, on aura un exemple frappant des mutilations désastreuses qu'ont subies quantité de nos vieilles églises rurales.

Les quatre églises que nous venons de décrire, toutes situées dans la vallée de la Voer, relèvent, on l'a vu, du même type. Elles se sont, très probablement, influencées mutuellement.

L'ANCIENNE EGLISE D'HÉVERLÉ

L'ancienne église de cette commune (i) se rapproche beaucoup du type des quatre derniers édifices que nous venons d'analyser. Elle est malheureusement moins bien conservée ; il n'en reste plus que le clocher et une partie de la nef principale. Si l'on croit la légende, cet édifice serait la pre-

(i) Cf. E. Van Even, Louvain dans le Passé et le Présent, Louvain, 1895, p. 18.

mière église de Louvain, érigée et construite par saint Hubert lui-même T^' ancienne après qu'il eût converti au christianisme les païens de l'endroit. L'église église d'Tléactuelle occupe-t-elle l'emplacement d'un édifice en bois datant de l'époque verlé. du saint apôtre des Ardennes? Nous l'ignorons, mais les restes actuels sont certainement de plusieurs siècles postérieurs au Saint.

Avant le percement de la grande drève du château du prince d'Arenberg, le tertre isolé sur lequel elle s'élevait faisait partie du renflement de terrain sur lequel est bâtie la commune d'Héverlé. Elle servit d'église paroissiale jusqu'en 1783. On l'a désaff^ectée depuis.

Le clocher est la partie la mieux conservée. 11 est situé au côté occidental du monument et forme un massif carré sans plinthe ni larmier. La flèche a disparu et est remplacée par une plate-forme. L'étage supé- / rieur est éclairé par quatre ouïes \ en plein-cintre qui, probablement, étaient subdivisées par une colonnette en deux baies plus petites. C'étaient là, primitivement, les seules ouvertures de la tour. On y a percé depuis, probablement au siècle passé, des fenêtres rectangulaires à chaque étage. Pas de porte occidentale ; le rez-dechaussée de la tour sert actuellement de cave et est couvert d'une voûte moderne en berceau qui ne laisse percer aucune

trace de voûte ancienne. Comme le dit notre plan, la tour est petite et ses murs sont légers, ce qui nous porte à croire que le rez-de chaussée ne fut jamais voûté. Il était jadis en communication avec la nef par une arcade d'environ 2 mètres de large, bouchée maintenant par un mur de briques qui ne laisse qu'un passage étroit.

La nef centrale repose sur deux rangées de piliers carrés, sans bases, reliés par des arcs en plein-cintre retombant sur des impostes qui n'ont

Ancienne Église d'Héverlé. (Etat actuel.) (Croquis de l'auteur.)

Fig. 57.— Profil des impostes.

'L' architec- pour toute décoration qu'une moulure simple, saillante seulement du côté ture romane des arcades et non pas du côté des nefs. 11 existe actuellement quatre de en Srûbctnt. arcades de part et d'autre.

Les murs supérieurs de la nef ont été démolis, mais on peut reconstituer aisément leur hauteur primitive ; les arrachements sont très visibles dans l'appareil de la tour. Comme cette hauteur correspond sensiblement à celle des autres églises que nous avons étudiées, il est hors de doute que l'église ait eu originairement deux rangées de fenêtres. Étant donnée la forme carrée des piliers et l'absence de toute trace de voûte dans le mur de la tour, il est plus que probable aussi qu'il n'y eut jamais de voûte mais un simple plafond plat recouvrant les trois nefs. La toiture de la nef principale s'élevait à peu près jusqu'au seuil des ouïes.

On ne saurait douter de l'existence ancienne des bas -côtés.

Comme notre relevé l'indique, il reste les amorces des murs terminaux à l'occident. De plus, le remplissage des grandes arcades est fait de briques modernes.

Aucune indication ne nous révèle la largeur de ces bas-côtés.

Cependant, si on s'en rapporte à

la règle suivie dans les constructions des églises romanes du même type que nous connaissons, les nefs latérales devaient avoir environ la moitié de la largeur de la nef principale. Mais nous ne saurions indiquer l'emplacement de la porte d'entrée. 11 est probable qu'elle faisait face au village et se trouvait, par conséquent, percée dans le bas-côté sud.

]] est aussi difficile de dire si l'ancienne nef tout entière nous est restée, si l'église avait un transept et si le chœur était terminé par un mur plat ou par une abside. M"" la duchesse d'Arenberg possède un tableau du xviie siècle qui représente l'église Saint-Hubert avant sa démolition, et qui pourrait probablement nous renseigner. Certains indices nous permettent cependant de croire que l'église n'avait pas de transept. Ces indices sont d'abord la disposition à peu près carrée du plan de l'édifice avec les bas-

FiG. 58.

Ancienne Église d'HÉverlé. (Plan terrier.) (1{elevé de V auteur.)

côtés (voir plan, fig. 58), disposition commune dans les petites églises et T-.' Ctrchitec que nous avons observée également à la chapelle de Sainte- Vérone; ensuite ture romctne les dimensions de la butte sur laquelle s'élève l'édifice et qui sont suffisantes en Brabant, pour placer un chœur mais non un transept ; enfin, la forme des piliers terminaux vers le chœur qui portent des signes visibles de remaniements. Ceux-ci ne s'expliqueraient pas si ces piliers avaient été semblables aux autres, mais elles ont leur justification si on suppose qu'il y eut jadis des demi-piliers engagés dans les murs du chœur et des bas-côtés.

Cet oratoire était donc très probablement du même type que les quatre églises de la vallée de la Voer ; il devait avoir un chœur semblable à celui de Berthem ou de Sainte- Vérone.

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