‹ Les origines du style gothique en BrabantChapitre 18 sur 55 · EGLISE DE HÉRENT. ÉLÉVATION LATÉRALE AVANT LE XVII" SIECLE · texte numérisé non relu

EGLISE DE HÉRENT. ÉLÉVATION LATÉRALE AVANT LE XVII" SIECLE

dans les archives de la cure. Auparavant, la grande nef était couverte d'un I^'égltse de

plafond horizontal. Parmi d'autres indices, la présence d'une couche de mor- lièrent,

tier et de badigeon sur les murs goutterots au-dessus des voûtes le prouve à

l'évidence. Vraisemblablement, les bas-côtés étaient alors couverts par une

voûte en bardeaux, car on remarque encore, en dessous des doubleaux, de

petits modillons du xvn' siècle qui semblent avoir porté les arbalétriers

d'une charpente.

Cette nef curieuse, ces voûtes et ce plafond plat témoignent, tout d'abord, de l'extraordinaire perdurance des formes ogivales en nos contrées, sutout pour ce qui concerne la construction proprement dite. La nef de Hérent, édifiée en plein xvu' siècle, est aussi gothique de conception que bifn des monuments du xv'. La voûte, plus récente encore d'un siècle, pourrait passer sans difficulté pour une œuvre du xvi' siècle ; les ornements et moulures viennent seuls y trahir l'influence de la Renaissance. On peut y voir l'effet d'une louable préoccupation de mettre les nouvelles constructions en harmonie avec la tour et le chœur préexistants. Et il faut dire que le reconstructeur du xvii' siècle a parfaitement réussi dans sa tentative.

Telle est la nef encore existante. Mais il y en eut une autre auparavant, celle qui fut détruite par l'incendie. 11 serait intéressant de la retrouver. De quelle époque était-elle? La tour et le chœur diffèrent d'âge et de style. La nef fut-elle indépendante, fut-elle construite avec le chœur, dans son style et à son échelle, ou bien dépendait-elle de la tour? Jl priori, ces trois hypothèses sont également vraisemblables, mais, après étude, la dernière est la seule admissible.

Nous verrons, en parlant du chœur, que celui-ci est une œuvre indépendante ajoutée à un vaisseau préexistant. Nous pouvons cependant observer qu'il serait pour le moins étrange que l'incendie, en détruisant les nefs, ait laissé intacts le transept et le chœur, si ceux-ci étaient dans les mêmes conditions de structure, c'est-à-dire s'ils avaient une voûte; tandis que tout s'explique si nous supposons à la nef un plafond plat, donc une origine romane.

Pour confirmer cette hypothèse, nous trouvons, en examinant la tour, plusieurs traces de son union très intime avec les nefs anciennes. Au second étage du clocher, en dessous de la toiture actuelle de l'église, nous voyons clairement indiquées par un larmier et des arrachements, les pentes de la

'L'archttec - toiture ancienne dont le faîte et la corniche ont été compris exactement entre ture romane les deux larmiers qui délimitent cet étage de la tour. Au rez-de-chaussée, enBrabant. existent les restes, plus précieux encore, de deux pilastres, ou plus exactement de deux demi-piliers engagés dans le massif du clocher et qui nous indiquent, avec la largeur des nefs, la hauteur et la forme de tous les piliers et même approximativement la hauteur des bas-côtés. Quant à la largeur de ces derniers, elle fut sans aucun doute, ce qu'elle est encore aujourd'hui.

FiG. 82. Église de Hérent. Profils des Moulures.

autrement nous devrions retrouver dans les transepts la trace des anciens murs qui furent greffés sur eux. C'est pour ce même motif et pour d'autres encore, que nous n'admettons pas davantage, que les trois nefs furent d'abord couvertes par une toiture unique et que celle du milieu n'était pas directement éclairée.

Les nefs furent, sans aucun doute, fermées par des plafonds plats. Des voûtes sur une nef de cette disposition et à cette époque constitueraient un fait unique en Brabant, et il faudrait des preuves sans répliques pour établir cette exception. Dans les rares églises de Belgique où l'on trouve des voûtes romanes, les piliers ne sont pas carrés, ils ont des pilastres ou des colonnettes engagées qui portent les arcs doubleaux. Or, nous venons de voir qu'il n'existe à Hérent nulle trace de pareils organes. L'église était donc semblable aux autres édifices bâtis à cette époque dans nos contrées. Le niveau de son plafond était inférieur d'environ o'So à la voûte actuelle; il est indiqué sur le mur de la tour par le seuil de la porte qui menait aux combles, seuil qui donne maintenant dans l'intérieur de l'église. Le nombre des travées ne peut être déterminé avec une certitude absolue ; cependant l'architecte du xvu' siècle a probablement posé ses colonnes sur les fondations des anciens piliers ; il n'y avait aucun motif d'agir autrement et il

y avait une excellente raison d'économie et de solidité pour le faire. Il U église avait d'ailleurs agi de la même manière pour les murs. Aussi avons-nous Héretlt, adopté cette disposition, qui concorde avec celle des églises similaires. C'est aussi à ces églises que nous avons pris la forme des fenêtres. Elles varient si peu aux environs de Louvain, qu'on peut presque établir d'avance leurs dimensions. Les fenêtres des bas-côtés sont ordinairement moins larges que celles de la nef.

Le cachet d'extrême simplicité que nous avons donné à notre restitution est motivé par l'absence absolue de documents en ce qui concerne l'ornementation. On ne peut rien induire de la décoration de la tour. 11 en est de très ornées à côté d'églises très simples. Les étages du clocher, qui correspondent aux nefs, sont des moins ornés et les nefs de la plupart des autres églises rurales de l'époque romane n'ont aucune décoration.

Le transept et le chœur de l'église de Hérent comptent parmi les meilleures productions de l'époque de transition en Belgique. Leur agencement et leur style démontrent qu'ils furent ajoutés aux nefs à une époque postérieure à la construction de celles-ci. La question se pose, dès lors, de savoir quelle était la disposition primitive de la partie orientale? Il est probable que, dès l'origine, l'église eut un transept et que les murs occidentaux de celui que nous voyons furent

édifiés sur des fondations anciennes. On pourrait Fig. 83. — Église de hérent. peut-être en trouver une preuve dans la manière ^'''^^ nord-ouest du transept

et son raccordement au mur

très curieuse dont on a relié entre elles les deux constructions. La substitution des massifs cruciformes actuels aux piliers anciens du croisillon avait

pour effet de reculer l'arc qui les reliait aux murs du transept et qui, dès lors, ne correspondait plus à ceux-là. Le constructeur dut racheter cette

des bas-côtés.

(T^etevé de l'auteur.)

FlG. 84.

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