INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE DE HÉRENT
(Dessin de l'auteur.)
différence par une série d'encorbellements, ainsi qu'on peut le voir sur l^ Ctrchttec *
notre relevé (fig. 83). ture romane
Nous arrêtons ici la description de l'église de Hérent. Le choeur et les en^rabant. transepts actuels seront analysés, comme nous l'avons dit, dans le second volume de notre étude.
L'ÉGLISE DE NEERYSSCHE
L'église Saints-Pierre et Paul à Neeryssche (i) a été entièrement reconstruite dans de vastes proportions, il y a une trentaine d'années. On n'a conservé de l'édifice primitif que les deux tours qui se trouvent dans le plan des nefs basses et flanquent la nef principale de part et d'autre entre
(i) F. Nève, Louvatn pittoresque, p. 170.
TL* archttec - le chœur et l'église. Cette disposition est sans exemple dans la région (i). ture romane Aussi est-il regrettable que nous ne puissions nous rendre exactement compte en^rctbant. façon dont elles s'adaptaient à l'ancien temple. \JJlHas de l'abbaye de
la Cambre nous fournit heureusement un croquis de l'ancienne église qui, pour être sommaire, n'en est pas moins précieux et nous donne quelques renseignements importants (2) (fig. 86). Tout d'abord, l'ancienne église n'avait qu'une seule nef dont les deux clochers accostaient la dernière travée tout en formant des constructions séparées reposant sur quatre murs pleins. Comme on peut encore s'en rendre compte, le rez-de-chaussée des tours n'a jamais fait partie de l'espace utilisé pour les fidèles. 11 n'y avait pas de porte, ni même de fenêtres à la façade occidentale, ce qui indique suffisamment que nous sommes en présence d'une nef romane. L'entrée se faisait du côté nord par un porche, auprès duquel on voit un petit édicule en appentis appuyé contre l'édifice, muni d'une porte et d'une fenêtre. Quant au chœur qui, si l'on peut se baser sur ce croquis, devait être aussi long que la nef, il date probablement de l'époque gothique, car on y remarque un contrefort. Un chœur roman de cette importance aurait d'ailleurs été extraordinaire.
Les tours elles, sont carrées, percées d'étroites meurtrière^ à chaque étage et couronnées par deux étages divisés par des larmiers et éclairés par des baies en plein-cintre.
Les flèches en pyramides assez élancées sont modernes. On voit sur le croquis la forme qu'elles avaient au xviii' siècle. A l'intérieur, les étages inférieurs étaient jadis voûtés, mais les voûtes sont aujourd'hui en grande partie détruites.
Fig. 86. Eglise de Neeryssche.
(D'après l'Atlas de l'abbaye de la Cambre.)
(1) Nous l'avons rencontrée dans l'ancienne église d'Eename et dans l'église Saint-Piat à Tournai. Elle se voyait aussi à l'église Saint-Willibrord à Echternach,
(2) Ce croquis fut exécuté en ijii. Or, en i 635, l'église fut incendiée ; mais vraisemblablement, à la suite de cet incendie, on ne put renouveler que les toitures et les plafonds, La subsistance des tours prouve suffisamment que le tout ne fut pas détruit.
Le dessin de VJlHas de l'abbaye de la Cambre n'indique, dans chaque T^' Ctrchttectour, qu'un étage avec des lumières. Les deux rangées de fenêtres semblent hire romcttie bien cependant faire partie de la construction primitive. Est-ce un oubli en^rabctut. du dessinateur? C'est possible, mais il est plus que probable que les fenêtres inférieures étaient bouchées avant la restauration et l'auteur du dessin n'en aura pas tenu compte (i).
L'ÉGLISE DE BIERBEEK
La plupart des églises rurales que nous avons rencontrées sont basses et peu élégantes ; celle de Bierbeek, tout en étant d'une grande simplicité de lignes, a des proportions beaucoup plus harmonieuses. Cette élégance peut provenir, en partie, du fait que ce temple est situé sur une éminence dont
FiG. 87, Église de Bierbeek. (Plan terrier.)
(J{estitiifion de l'auteur.)
le sol ne s'est pas exhaussé, comme c'est le cas pour la plupart des monuments situés dans les bas-fonds ou près des cours d'eau. 11 est vrai aussi qu'il a été bâti sur un plan bien plus vaste que la plupart des églises rurales
(1) II n'indique du reste jamais, dans ses dessins, les portes ou fenêtres bouchées. Nous le verrons encore pour d'autres églises,
'L^archifec- de la même époque, et si la restauration peut s'achever, elle sera une des fure romane églises romanes des plus remarquables de la province. en ^rctbant. Cette restauration était urgente, car l'édifice se trouvait dans un état de délabrement absolu ; il était devenu banal comme toutes les églises du xvni' siècle, à la suite des remaniements qu'il avait subis à cette époque.
FiG. 88. Église de Bjerbeek. (Coupe transversale sur les nefs.)
(T{estilufion de Vauîeur.)
L'église se compose actuellement d'une tour occidentale, d'une triple nef, d'un transept et d'un choeur rectangulaire. La partie ancienne est construite en grès blanc grisâtre, entremêlé parfois de moellons ferrugineux et de pierres très poreuses qu'on trouve dans les environs.
Le clocher, dont la largeur dépasse extérieurement celle de la grande nef, est une construction massive qui repose, d'un côté, sur le mur de la façade, de l'autre sur deux grosses piles composées. Le rez-de-chaussée est relié avec les bas-côtés par des î\rcades en arc brisé. Ce clocher date du xiu' siècle et n'appartient pas à l'édifice roman primitif. Nous y reviendrons dans
Fia. 89.
(Phot. de l'auteur. )
INTÉRIEUR DÉ L'ÉGLISH DE BIERBEEK.
'L'architecture romane enBrabant.
Fig. 90. — Profils des piliers à la nef et à la tour dz Bierbeek.
le second volume de cet ouvrage. On s'en aperçoit, à l'intérieur, par une différence marquée dans l'appareil et par deux fissures verticales très accusées, marquant nettement la séparation entre la nouvelle œuvre et l'ancienne. La différence des formes, la construction des piliers, moulures et voûtes, tout accuse nettement la période gothique.
11 est probable cependant que le clocher actuel a été également, en partie, détruit et reconstruit au xviii' siècle, car l'étage supérieur, celui des cloches, est d'une grande banalité; à moins qu'il n'ait jamais été achevé, ce qui est peu vraisemblable, étant donné que la partie gothique primitive ne s'élève pas jusqu'à la hauteur du faîte des nefs.
La tour gothique aura sans doute remplacé un clocher roman, ou, du moins, celui qui était prévu sur le plan primitif. Nous en voyons des indices dans le monument lui-même : les pilastres romans adjacents à la tour ont la forme de demi-piliers et leur tailloir est façonné en conséquence. Or, dans toutes les églises romanes où l'on voit ces pilastres, ceux-ci sont engagés dans la maçonnerie de la tour ou dans le mur de façade des basses nefs. C'est le cas aux églises de Berthem, Vossem, Héverlé, etc. Le clocher primitif était donc isolé sur ses trois côtés; il était moins large que la nef et communiquait avec elle par une baie plus étroite que celle qui existe actuellement. 11 a été reconstruit ensuite au xni' siècle dans des proportions plus vastes et les bas-côtés ont été allongés pour former avec lui une espèce d'avant-corps.
La grande nef a une largeur de 7 mètres; elle est portée sur dix piliers carrés beaucoup plus élevés que tous ceux que nous avons rencontrés jusqu'ici. Ces piliers n'ont pas de piédestal, mais ils sont chanfreinés aux quatre angles, ce qui ajoute beaucoup à leur légèreté. De simples abaques ornés d'un cavet sur quatre côtés supportent les arcades en pleincintre au-dessus desquelles se voit, de part et d'autre, une rangée de fenêtres cintrées assez larges et entièrement intactes, elles s'ébrasent à l'intérieur par un grand glacis et leur cadre extérieur a les arêtes brisées par une échancrure. Cette nef a conservé son plafond en bois recouvert actuellement de plâtrage. La toiture, peu inclinée, est portée par une charpente intéressante, l'une des plus belles que nous ait conservée l'époque romane. C'est une véritable forêt de chêne. Elle se compose, comme celle de Vossem, d'une suite de chevrons-fermes distants de o'"8o et reposant sur
des entraits de o'"35 x o^i-j d'équarissage. Mais, comme la nef est plus large U église de qu'à Vossem, les fermes sont consolidées par deux poteaux reposant sur 'Bierbeekles entraits et les rendant solidaires avec les faux entraits et les chevrons. Chaque ferme a donc quatre pièces verticales.
Les assemblages sont faits à mi-bois dans l'une des pièces et consolidés par des chevilles très saillantes. Cette charpente est dans un excel- 1 ent état de conser vati on , à peine quelques chevrons devront-ils être remplacés.
Les bas-côtés de l'édifice ont été reconstruits au xviji' siècle en même temps que les parties supérieures du clocher.
Ils sont éclairés par de grandes fenêtres. Lors de la reconstruction, on a augmenté la largeur de
l'édifice d'un mètre de part et d'autre. Cet élargissement est bien visible dans le mur de la façade : les anciennes chaînes d'angle se distinguent clairement dans la maçonnerie. A l'intérieur aussi, on trouve, sous le crépissage, des arrachements à l'aboutissement des anciens murs contre ceux de façade. Les nécessités du culte ne permettraient pas de rendre aux basses nefs leur première largeur, ce qui est regrettable non moins pour l'art que pour l'archéologie, car la largeur démesurée de l'église actuelle brise nécessairement l'harmonie qui devrait exister entre les diverses parties de l'édifice.
Le transept, qui avait été démoli lors de la reconstruction des bas-côtés, vient d'être rétabli dans son état primitif par M. l'architecte Langerock, et
Chœur de l'Église de Bierbeek.
(Dessin de l'auteur.)
'L'architec- cette restitution contribue notablement à l'aspect monumental de l'édifice, ture romane tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Les deux bras du transept ont le plan en BrabanL sensiblement carré, ils sont couverts d'un plafond et d'une toiture à double versant s'appliquant contre le mur de la nef principale. Ils ont à peu près la même hauteur que le chœur. Les dimensions exactes du plan, la hauteur et la pente des toitures ont été données par les fondations et par des traces conservées dans les murs des nefs. On s'est inspiré du chœur pour leur décoration et leur éclairage. Le restaurateur a placé les retombées des arcs qui relient les transepts et les bas-côtés au même niveau que celles des grandes arcades du transept. Cette disposition n'est pas la reproduction exacte de la construction primitive, nous en sommes d'autant plus convaincu que nous n'en retrouvons de semblable dans aucune église du même type. Les impostes anciennes situées à la hauteur de celles des arcades de la nef étaient, du reste, bien apparentes dans les piliers. Une conséquence de cette modification est que les bas-côtés ne pourront plus être recouverts d'un plafond horizontal, attendu que l'arcade actuelle pénétre dans le triangle de la toiture.
Le grand arc triomphal qui séparait anciennement la nef et la croisée a été démoli jadis, mais ses piédroits existent encore. On peut les voir au premier plan dans notre photographie (fig. 89). Jusqu'en ces dernières années, la partie de l'église située entre cet arc et le chevet appartenait au chœur et avait été surélevée de plusieurs degrés au-dessus du pavement de la nef.
Le chœur, lui, est couvert d'une voûte d'arêtes portée sur des pilastres à angle droit dont les arcs formerets sont saillants. 11 est éclairé sur ses trois côtés par une petite fenêtre et orné à l'extérieur, sur chacune des faces, par quatre pilastres qui sont divisés par une retraite dans le sens de la hauteur (fig. 91). Sous la corniche, les pilastres sont reliés entre eux par des arcatures portées sur consoles. Ces bandes murales ne font pas partie de l'appareil des murs, mais elles sont formées de blocs en délit d'appareil plus grand. Les fenêtres n'ont ni ébrasement ni glacis, et leurs vitrages se trouvent presque à fleur de parement. Le chœur avait été couvert d'un comble aigu, mais on vient de lui rendre son pignon et sa toiture primitifs.
L'ÉGLISE DE VIEUX-HÉVERLÉ V architecture romane
L'église actuelle de ce village, dédiée à sainte Anne, se compose de trois en^rabanf. nefs portées sur des piliers carrés en briques; elle date du xvui'^ siècle. Le chœur fut ajouté en 1 823, d'après le témoignage du desservant de l'époque conservé dans le registre de la cure et d'une pierre commémorative encastrée dans le mur. Seule la tour est d'origine romane.
Chose exceptionnelle, cette tour, placée devant les nefs et composée seulement de quatre murs badigeonnés en moellons grossiers sans moulures ni
larmiers, est située non à l'ouest mais à l'est. A l'étage des cloches, sur chaque côté, s'ouvrent deux petites ouïes accouplées, semblables à celles de Berthem, mais plus simples encore. Au-dessous de ces baies, on trouve des traces des meurtrières s'ébrasant largement à l'intérieur. Deux d'entre elles sont bouchées, ainsi qu'une petite fenêtre qui se trouve au rez-de-chaussée, côté sud, cachée sous l'appentis moderne. A l'intérieur du clocher, pas de voûtes mais, dans le mur nord une arcade, actuellement condamnée, portée sur des piédroits couronnés d'un tailloir grossier. Cette arcade, qui faisait partie de la construction primitive, devait donner dans une petite
L archtfec- annexe. On voit encore, dans le mur qui la surmonte, les corbeaux qui ont ture romctne porté la lambourde d'un appentis.
en Srctbant. l^a situation orientale de ce clocher est un fait singulier et déconcertant à première vue, étant donné que la généralité des églises romanes sont orientées. Mais cette anomalie s'explique parce que, primitivement, ce clocher occupait dans l'église la place du presbyterium entre la nef et le sanctuaire, tout comme dans d'autres églises — telles Saventhem, Bost, Geest-
FiG. 93. Église de Vieux-Héverlé. (État primitif.)
(Croquis de l'auteur.)
Sainte-Marie — que nous étudierons plus tard. 11 devait y avoir, à l'ouest, une nef unique rectangulaire et, à l'est, le chœur en hémicycle (fig. 93). Lors de la reconstruction, l'église fut complètement retournée : on démolit le chevet et on le remplaça par une entrée (fig. 94).
Plusieurs indices justifient cette hypothèse, et tout d'abord le fait même de la désorientation. Si l'une ou l'autre église romane n'est pas exactement orientée, la déviation ne dépasse jamais 45 degrés, tandis qu'ici il y aurait orientation à rebours. Mais la topographie du village lui-même a changé depuis deux siècles par la construction de grandes routes dans la partie éle-
vée. Jadis, le centre de la commune se trouvait dans les parties basses, à L'église de l'ouest de l'église, et l'on voit encore l'ancien chemin qui menait à la porte yieux-Héd'entrée, située à l'endroit où se trouve actuellement le chœur. verlé
L'examen du clocher même est encore plus suggestif. La porte d'entrée actuelle et la petite fenêtre carrée qui la surmonte sont de l'époque moderne. Tout le pan de mur dans lequel elles sont percées est en briques badigeonnées et cette partie est encadrée d'une arcade qui s'élève à 5'"5o
FiG. 94. Église de Vieux-Héverlé. (État actuel.)
(Croquis de l'auteur.)
de hauteur. Au-dessus de cette arcade, on voit encore l'emplacement de deux versants d'une toiture. Les piédroits de l'arcade gardent des traces évidentes d'arrachements. Que faut-il en conclure, sinon qu'à ces piédroits étaient amorcés jadis les murs du chevet de l'église; que l'arcade bouchée avec des briques donnait communication entre le presbyterium et le chœur; que la toiture dont on voit la trace était celle de l'abside, qui, selon toute vraisemblance, avait la forme semi-circulaire. C'est le cas dans tous les édifices du même type que nous rencontrons.
Les indications sur la hauteur et la largeur de l'ancienne église nous sont
L archttec- données par le mur oriental de la nef actuelle ; les parois latérales occuture romane paient exactement l'emplacement des piliers actuels. La longueur est la en Srabant. seule dimension que nous ne puissions déterminer.
D'après la restitution que nous avons faite (fig. 93), Vieux-Héverlé est le premier exemple que nous rencontrons d'une petite église dont le clocher ne se trouve ni à l'occident, devant l'édifice, ni sur la croisée, comme souvent en Flandre, mais entre la nef et le sanctuaire.