L'ANCIENNE ÉGLISE DE STERREBEEK
L'église de Sterrebeek (i ) a été rebâtie, en 1829, grâce aux libéralités du roi Guillaume et du prince d'Orange. Elle fut consacrée en ]836. Il ne subsiste de l'ancienne église romane que le clocher, partie insignifiante et mutilée. Aussi n'en aurions-nous pas parlé dans ce travail si nous n'avions
retrouvé deux documents intéressants qui peuvent nous renseigner sur l'église primitive. Le premier est un dessin de VJlHas de l'abbaye de la Cambre, représentant l'édifice en 1711; l'autre est le plan dressé en 1829, par l'architecte Stevens, pour la nouvelle église. Ce plan est accompagné d'un relevé de l'édifice à démolir.
D'après ces documents, nous sommes ici en présence d'un cas identique à celui signalé déjà à Vieux-Héverlé :
(1) A. Wauters, Histoire des environs de 'Bruxelles, t. 111, p. 174 et suiv. Ce village est mentionné en 1 192, sous le nom de Sterbeca. L'évêque de Cambrai avait la collation de l'ancienne église Saint-Pancrace, et les dîmes se partageaient entre le chapitre de la cathédrale, le curé, le chapelain de Notre-Dame et le seigneur du lieu.
"L' architec- le renversement complet de l'orientation par l'adjonction postérieure d'un Nre romane chœur à l'occident. Actuellement, en effet, le chœur de Sterrebeek regarde enBrabant couchant et l'entrée se trouve à l'est sous la tour. Celle-ci est une massive construction carrée, maintenant remaniée. On y a percé des fenêtres, surhaussé de plusieurs assises la maçonnerie, renouvelé la flèche et percé une grande arcade du côté des nefs. La façade est précédée d'un fronton en briques. Les nefs, couvertes de simili-voûtes en lattis, sont suivies d'un chœur semi-circulaire. Or, avant 1829, comme nous
FiG, 147. Église de Sterrebeek ancienne et nouvelle. (Plan.)
(D'après d'anciens documents conservés à la Cambre. J
l'apprennent le dessin et le plan, un autre chœur semi-circulaire était adjacent au clocher dont le rez-de-chaussée formait le presbyterium, ainsi que dans plusieurs édifices que nous connaissons. Ce chœur était très petit et éclairé latéralement par une fenêtre. L'auteur du dessin de la Cambre en a notablement exagéré la longueur.
La tour était alors couverte d'un toit en pyramide peu élancée et avait deux ouïes en plein-cintre dans chaque face. Du côté nord se voyait un escalier à vis qui subsiste encore, enfermé dans une tourelle circulaire. Sur le dessin, cette tourelle est carrée. Les nefs avaient été déjà, avant 1711, l'objet de plusieurs modifications, mais il est aisé néanmoins d'en retrouver
Ja disposition primitive. Lors de la démolition, le vaisseau se composait de T^* Ctrchîtec^ trois nefs et d'un seul bras de transept au midi. Ce transept, ainsi que la ture romane basse nef adjacente, portée sur une colonne cylindrique, était une recon- en^rdbctnt. struction datant probablement de l'époque ogivale (i). L'entrée avait été établie à côté du transept et elle se faisait par un porche. La nef septentrionale était mieux conservée. Elle avait encore ses trois piliers carrés, très solides, reliés sans doute, comme ailleurs, par des arcades en plein-cintre. Mais les trois nefs étaient déjà couvertes, en 171 i, par une seule toiture peu inclinée et, dans le mur de la nef basse, on avait percé trois grandes fenêtres. Très vraisemblablement, les baies supérieures furent alors cachées.
En somme, l'église de Sterrebeek se rapprochait beaucoup de sa voisine, l'église de Saventhem.
L'ÉGLISE DE CRAINHEM
Le clocher de Crainhem (2) est l'un des plus intéressants que nous ayons rencontrés. C'est un type unique, qu'il est impossible de rapprocher d'aucun autre. 11 est, du reste, la seule partie de l'église qui nous intéresse spécialement : le chœur date de la fin du moyen âge, et les nefs du xviii' siècle sont un élargissement de l'unique nef romane, simple rectangle de 1 ] mètres de long. Le plan général devait donc être celui des oratoires de Butsel et d'Overlaer.
Mais la tour n'a aucune ressem-
(1) Nous verrons, dans le second volume, un exemple de transformation identique dans l'église de Winxele, près de Louvain.
(2) A. Wauters, Histoire des environs de Bruxelles, t. 111, p. 232. On lit le nom de Crainhem en ioo3. L'église Saint-Pancrace
appartint, de temps immémorial, à l'abbaye Fie. 148. Tour de l'Église de Crainhem.
de Saint-Bavon à Gand. (Croquis de l'auteur.)
i archtteC" blance avec celles de ces dernières églises. Elle comprend un rez-deture romane chaussée large et massif, flanqué de contreforts et deux étages fortement en Srabant. en retraite, très irréguliers et couronnés d'un toit à quatre pans. Différents cordons et larmiers indiquent inexactement ces divers étages et quatre ouïes simples à plein-cintre éclairent celui des cloches.
Le premier étage, qui est en communication avec la nef par une large baie cintrée, est encore en partie recouvert par une voûte d'arêtes. Cet étage présente, sur les côtés nord et sud, deux retraites importantes, tandis que le côté occidental est uni et éclairé par une fenêtre étroite.
Le rez-de-chaussée se compose à l'extérieur d'un massif carré flanqué, vers les angles libres de deux contreforts à section rectangulaire. Les murs sont d'une épaisseur extraordinaire, l'appareil est grossier et irrégulier. L'éclairage se faisait jadis du côté occidental et septentrional par deux étroites meurtrières s'évasant vers l'intérieur. La saillie du rezde-chaussée est couverte d'une toiture à pente faible qui, de trois côtés, formait autrefois un appentis adossé aux murs de l'étage. On entre dans l'église, du côté sud, par une porte moderne. L'intérieur est couvert d'une épaisse voûte d arêtes reposant sur quatre colonnettes à grands chapiteaux dont la forme générale rappelle le chapiteau cubique. L'un d'eux surtour est intéressant par sa sculpture. 11 représente sur l'une de ses arêtes une tête de bouc grossièrement
FiG. 149. — Chapiteau sous
LA TOUR DE l'ÉGLISE DE
Crainhem.
(Croquis de l'auteur.)