INTÉRIEUR DU CHŒUR
t'architec- L'ÉGLISE DE HAUT-ITTRE
ture romane
en^rctbant. petit village de Haut-lttre (i) a conservé son ancienne église, peu
importante il est vrai, mais très pittoresque et qui a un certain mérite archéologique. Cette église se compose d'un ensemble de parties différentes d'âge et de style. Le clocher est situé au centre de l'édifice, entre la nef, les transepts et le chœur.
11 y a trois nefs. Les murs extérieurs sont en briques, sauf celui du nord.
(Dessin de l'auteur. )
Ce dernier n'est percé d'aucune fenêtre, tandis que les deux autres côtés ont de grandes baies ogivales encadrées de pierre bleue. La porte se trouve au milieu de la façade. La nef centrale repose de chaque côté sur une seule
(j) A. Wauters et Tarlier, op. cit., canton de Nivelles, communes rurales, p. ^5 et suiv. On ne trouve le nom de ce village qu'à partir du xin' siècle. L'église Saint-Laurent était jadis une dépendance de celle de Braine-le-Château ; la cure était à la collation du chapitre de Sainte-Waudru à Mons.
colonne qui sert d'appui à des arcades en anse de panier ; elle est couverte L'église de d'un plafond plat. Une toiture à deux versants recouvre tout le vaisseau de Haut-Jttre. l'église.
Telle n'était pas la disposition primitive. Sans aucun doute l'église n'avait, au moment où elle fut construite, qu'une seule nef : le bas-côté nord y a été ajouté dès l'époque gothique, le bas-côté sud probablement dans le courant du xvii^ siècle. Le peu de longueur de l'édifice est déjà une preuve suffisante en faveur de cette opinion : l'église actuelle est plus large que longue, mais la grande nef présente les proportions des autres petites églises que nous avons rencontrées. De plus, dans le fond, sont restés deux anciens pans de murs que nous avons reproduits sur le plan. Les arcades actuelles ont été percées dans un mur qui leur est antérieur: elles ne correspondent à aucun des types d'archivoltes que nous avons rencontrés. L'ancienneté des murs latéraux ressort encore de l'examen de la charpente. Celle de la nef principale est, en grande partie, ancienne. Elle ofiFre une ressemblance frappante avec la charpente de Vossem, mais elle est moins bien conservée : les faux-entraits ont été enlevés, ainsi que la plupart des potelets. Les fermes-chevrons sont distantes entre elles de o'So et les planches du plafond sont clouées directement sur les entraits. A ces chevrons furent ajoutés après coup ceux qui supportent le toit des bas-côtés. 11 est malheureusement impossible de pénétrer dans les combles des bassesnefs, sinon on y retrouverait à coup sûr les anciennes fenêtres de l'église. Celles-ci sont bouchées et on ne les distingue plus de l'intérieur.
La nef de l'église de H aut-Ittre appartenait donc au même type que celles de Vieux-Héverlé et d'Humelghem. L'examen du clocher et des autres parties déterminera plus clairement encore sa première forme.
Le clocher est trapu. La maçonnerie dépasse à peine le faîte des toitures de la nef et du chœur. L'extérieur n'a guère subi de modifications. Les murs, construits en petits moellons sablonneux, n'ont que o""6o d'épaisseur et nulle ornementation ne rompt leur monotonie. Dans la région supérieure, deux petites baies, sans vitrages ni abat-son, servent d'ouïes. Cette tour a conservé sa toiture primitive à quatre pans, ainsi que sa charpente, dont les chevrons, engagés à mi-bois dans l'entrait, surplombent les murs en forme de corniche.
Le rez-de-chaussée de la tour a subi des modifications importantes.
L archttec- Au xviie siècle, croyons-nous, on a agrandi les arcades romanes qui ture romane s'ouvraient sur le devant et l'arrière de la tour, pour les remplacer par des enBrabant. arcs brisés en pierre bleue. Dans les parois latérales, on a ouvert des baies de même forme, donnant dans les transepts. La tour repose donc depuis lors sur quatre piliers. La croisée fut couverte par une voûte gothique à voûtains en briques. Les croisillons datent de deux époques différentes : celui du nord paraît le plus ancien ; il est rectangulaire, soutenu par des contreforts aux angles et couvert d'une voûte dont les nervures retombent
FiG. i83. Église de Haut-Ittre. (Plan.)
(T{elevé de l'auteur.)
sur des consoles ornées de figures grimaçantes. Le croisillon sud est terminé par une abside à cinq pans qui s'adapte irrégulièrement à l'ensemble de l'église. 11 est éclairé par des fenêtres gothiques et n'a ni voûte ni contreforts.
Quant au chœur de l'église, il a remplacé, depuis le début du xiii^ siècle, le sanctuaire primitif. Tout nous dit en effet que nous sommes en présence d'une œuvre de l'époque de transition. Le plan est rectangulaire, la maçonnerie est en grès blanc assez régulier, un contrefort la soutient à chaque angle et la toiture repose sur une corniche à corbeaux. Ce qui nous fixe davantage encore sur l'âge de cette construction, c'est, d'abord, la présence d'une piscine double placée dans une niche du même genre que celles de
Bierbeek et de Sainte- Vérone ; c'est, ensuite, l'existence, sous l'autel en T.* Ctrchifec bois, actuel d'une tombe d'autel très curieuse, ornée sur les côtés de trois ture romane colonnettes monolithes en faisceau, portées par des bases à griffes très en^rcibctnt. gracieuses.
Nous n'avons aucun document concernant la première abside remplacée par ce chœur, mais sa disparition précoce témoigne assez qu'elle a dû être bien petite. Sans aucun doute, elle rentre dans le type, seul usité en Brabant, de Bost ou d'Humelghem.