INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE SAINT-VINCENT, A SOIGNIES
T.' architec - bois ou en plâtre, charpentes renouvelées ou sol surhaussé. Telles sont ture romane les églises Saint- Vincent, à Soignies ; Sainte-Gertrude, à Nivelles; de enSelgicjue^ Postel; de Celles; de Saint-Séverin-en-Condroz ; Saint-Ursmer, à Lobbes (]). Dans un grand nombre, on a remplacé soit le chœur soit une autre partie importante ; c'est le cas pour la cathédrale de Tournai et pour l'église d'Hastière. D'autres n'ont conservé que leur clocher, partie solide qui fut encastrée dans de nouvelles constructions ; il existe encore des tours romanes dans un grand nombre de communes rurales. Beaucoup furent totalement transformées, au point d'être méconnaissables; mais des études archéologiques sérieuses pourraient faire retrouver leur disposition primitive. Enfin, parmi les églises qui ont entièrement disparu, il en est un certain nombre dont on garde soit de vieux dessins, soit des descriptions qui permettent de s'en faire une idée plus ou moins exacte.
Les travaux d'investigation préparatoires à l'étude du style roman en Belgique nécessiteraient donc des études et des recherches longues et difficiles. Nous avons dû nous limiter, dans cette introduction, à un court aperçu sur la plupart des églises déjà plus ou moins étudiées. Nous ferons usage, à cet efFet, des données acquises jusqu'à ce jour et de nos observations personnelles. Nous parcourrons nos provinces en signalant les traits principaux des monuments subsistants, indiquant les dates connues ou probables, faisant remarquer les tendances régionales à mesure que nous les rencontrerons.
La partie occidentale de notre pays, l'ancienne Flandre, ne nous a gardé qu'un nombre restreint de documents romans et aucune église entière.
A Bruges même, se trouve le monument le plus intéressant, la chapelle double du Saint-Sang el de Saint-Basile (fig. 3) qui fut fondée, en iiSo, par le comte Thierry d'Alsace (2). Seul, l'étage inférieur de cet édifice, ancienne chapelle castrale, a été conservé intact. Le plan est rectangulaire, divisé en trois nefs par des colonnes, ou plutôt par des piliers ronds appa-
(1) Dans les régions immédiatement voisines de la Belgique, et qui en firent partie jusqu'en 1839, il est resté plusieurs belles églises bien conservées : Saint-Servais et Notre- Dame à Maestricht, Ruremonde, Susteren et Echternach.
(2) Cf. ScHAYES, Histoire de l'architecture, t. 111, p. iS, et Bulletin de la Gilde de Saint- Thomas et de Saint-Luc, t. XIV, 1903.
reillés reposant sur un socle carré et couronnés d'un tailloir. Le sanctuaire T.' architec -
se termine en abside semi-circulaire voûtée en cul-de-four, tandis que les ture romctne
nefs, de hauteur égale, sont couvertes de voûtes d'arêtes consolidées par en^elgicfue^ des arcs doubleaux. L'étage supérieur n'avait qu'une nef et était couvert
FiG. 3. Intérieur de la Chapelle de Saint-Basile, a Bruges.
d'un plafond plat. Il fut transformé au xv' siècle en chapelle gothique. Une maquette de l'état primitif est actuellement exposée dans la chapelle basse.
La hur de la cathédrale de Saint-Sauveur, à Bruges, date de l'époque romane, au moins la partie inférieure (i). C'est une tour occidentale
(i) Cf. K. Verschelde, De \athedraal van Sint-Salvator te Brugge, Geschiedkundige beschrîjving, 4' uitg., Brugge, 1869; — Arthur Verhaegen, Monographie de la cathédrale de Saint-Sauveur à Bruges, Bruges, Desclée, i883. — Dehio et von Bezold (taf. 280), donnent aussi la flèche comme originale. Or, elle fut construite en 1843 ! — Dans la Tlandria llîustrata {t. \, p. 229), la tour n'est représentée que jusqu'aux arcatures.
architecture romane en Belgique,
dont la grande particularité, en dehors de sa simplicité extrême, est d'être une des plus anciennes constructions en briques dans le pays. Selon toute \ raisemblance, ce clocher est encore un reste de l'édifice consacré en i 127 (i)-
Si on peut en juger par la gravure de la Tlandria Jllustrala (2), l'église démolie de Saint-Donal conservait encore, en grande partie, au xvji^ siècle, sa construction romane originale. Le clocher, inachevé, était situé au centre de la croisée.
Les deux bascôtés du chœur étaient ornés d'arcatures et éclairés par de petites fenêtres.
Ils étaient surmontés de galeries, comme le prouvent clairement les deux claires-voies superposées. Le transept, roman lui aussi, était richement décoré d'arcatures.
La petite ville de Thourout g2iXde une tour romane occidentale, récemment restaurée, de-
(l) SCHAYES, op.
cit., t. III, p. 14.
{^) Sanderus, Tlandria Wustrata,
Cologne, 1644, t. 1., FiG. 4. La Tour de l'Eglise
p. 211, Saint-Pierre, a Ypres.
vant son église moderne (i). C'est une construction imposante, bâtie en T^' (Xrchitec - 1071 par Robert le Frison, presque tout entière en petit moellon des fure romane
champs nommé « veldsteen ». Elle présente le plan carré jusqu'au faîte des nefs. Puis, par quatre retraites à angles saillants, elle devient octogonale pour se couronner par une flèche à huit pans. Elle est flanquée de deux contreforts à l'occident, et la grande porte d'entrée est percée au milieu de la façade. Elle est précédée d'un porche dont on a retrouvé les fondations lors de la restauration.
Par des dessins anciens publiés dans la T^evue de l'Art Chrétien et par la vue ancienne de la Tlandria Jllustrata (2), nous savons que l'église romane disparue n'avait pas de transept, qu'elle était formée de trois nefs reposant sur des piliers carrés, et dont, probablement, certaines parties ont été conservées dans les deux édicules adjacents au clocher.
Il' église Saint-Pierre à ITpres (fig. 4), — comme la précédente, fut fondée par Robert le Frison, en loyS (3). Il n'en reste plus que la partie inférieure de
la tour dont les étages supérieurs ont été modifiés depuis et restaurés en ] 868. Cette tour a beaucoup d'analogies avec le clocher de Thourout. Occidentale, consolidée par quatre grands contreforts en talus, elle est flanquée de part et d'autre par une cage d'escalier rectangulaire, renforcée elle aussi
en 'Belgique,
Fig. 5.
Église d'Harlebeke.
(1) 7^ex^Me deV Art chrétien, 1900, p. 319 et suiv.
(3) ScHAYES, op. cit., t. 111, p. 14 ; — Bulletin de la Gilde de Saint-Thcmas et de Saint-Luc, t. Vil, 1889, p. 5o^.
T.' archttec - par des contreforts. La porte principale, située dans l'axe de la façade, est ture rotnane formée d'arcades en retraite portées sur des colonnettes. A l'intérieur de enSelgicjue^ l'église, malgré le remaniement complet opéré au xv^ siècle, il reste certains vestiges du plan primitif. La troisième travée actuelle est formée par les quatre piles du transept ancien, renforcées de sous-arcades moins larges, portées sur des demi-colonnes par l'intermédiaire de chapiteaux cubiques. Quelques fouilles feraient, sans doute, retrouver tout le plan primitif de l'édifice.
S'il faut en croire les Jlnnales Tlandrix (i), Robert le Frison fut condamné, par le pape Alexandre 11, à bâtir ou à restaurer plusieurs autres églises en dehors de celles de Bruges, Ypres et Thourout. Ce fut encore y église d'Tiarleheke (fig. 5) dont il ne subsiste plus que la tour et le transept (2). Cette tour est centrale ; elle repose sur quatre grands piliers légèrement cruciformes et reliés par des arcades. Chacune de ses quatre faces est ornée de trois étages de baies au nombre de trois par rangée. Le plan reconstruit de l'ancienne église, tel que le donne Schayes d'après Van de Putte (3), nous semble fantaisiste. La Tlandria lllustrata (4) contient une vue de l'église au xvn^ siècle. Alors déjà, le chœur avait été reconstruit.
Les tours d'Oostcamp et de Hulste (5), construites aussi par Robert le Frison, présentent à peu près la même disposition que celle d'Harlebeke. Elles aussi sont centrales, de même que celle plus récente de Saint-Génois qui a conservé son chœur adjacent.
Certaines parties primitives, conservées à V église de Messines, datent aussi de l'époque romane (6). Le plan original revêtait la forme d'une croix grecque avec le clocher sur la croisée. Ce clocher devient octogonal audessus des toitures de l'église. L'édifice ne comportait primitivement qu'une seule nef, mais des chapelles s'ouvraient dans les transepts ; le chœur était terminé par un mur droit. Tout l'édifice était couvert de plafonds plats ; on ne trouve de voûtes d'arêtes que dans les chapelles du transept.
(1) Meyerus, Annales Tîandrix, ad ann. 1072.
(2) Schayes, op. cit., t. II, p. i3o.
(3) Annales de la Société d'Émulation de Bruges, t. 11.
(5) Schayes, op. cit., t. 11, p. )32, et Bulletin de la Commission royale d'art et d'archéologie, 1903, p. iSy.
(6) T^evue de l'Art chrétien, t. Xll, vol. 44, 5' série, 1901, p. 193 et suiv.
Les arcades qui s'ouvrent dans ces chapelles sont renforcées par des demi- "L' architeccolonnes à chapiteaux cubiques reliées par un arc de coupe semi-circulaire. fure romane V église J^otre-Dame, à Wulveringhem (i), n'a conservé que son clocher enBelgique^ primitif central et carré, éclairé sur chaque face par deux baies géminées, ainsi que le mur nord de la nef. Ce mur est formé de l'ancienne rangée de piliers dont les arcades ont été bouchées lors de la démolition du bas-côté. Ces piliers sont carrés, mais leurs angles, du côté intérieur, sont arrondis en forme de colonnette engagée sans chapiteau ni base. Au-dessus de ces arcades, s'ouvrent les anciennes fenêtres romanes. Toute la partie de la construction primitive est en pierres ferrugineuses. L'ensemble a un caractère des plus archaïques.
Les églises paroissiales de Wercken et de Bovekerke (2) ainsi que celle de Snellegem (fig. 6), près Bruges, n'ont d'anciens que leurs clochers. Situés devant la façade, ceux-ci sont carrés jusqu'au-dessus des nefs, puis deviennent octogonaux. Les baies, percées dans chacun des huit côtés, sont encadrées de tores qui se relient en cordon autour de la construction. Au-dessus des ouïes de l'église de Bovekerke, on trouve un oculus circulaire.
Enfin, les églises de Lampe misse zt d'Elverdinghe xznizrment encore certains fragments romans ou de la transition. YJéglise de Wacken avait, anciennement, une tour centrale octogonale très massive (3).
Fig. 6. — Eglise DE Snellegem.
La Flandre orientale actuelle ne renferme aucune construction religieuse de style roman qui soit demeurée intacte. En revanche, la ville de Gand possède, dans le domaine de l'architecture militaire, le plus beau monument du pays : le château restauré des comtes de Flandre. Elle conserve aussi quelques parties d'églises qui présentent un certain intérêt.
(1) Bulletin de la Gilde de Saint-Thomas et de Saint-Luc, t. VII,
(2) Annales de l'Académie d'archéologie, t. XIII, i856, p. 129.
(3) Tlandria ïllustrata, t. Il, p. 43i .
», p. 524 et suiv.
'L' archivée- La cathédrale de Saint-Bavon (i ) possède une grande crypte, dont la partie fure romane antérieure appartient au style roman, encore qu'elle ait été construite à deux en3elgiciue, époques différentes. La partie centrale, celle qui soutient le sanctuaire de l'église actuelle, est plus ancienne et semble être la construction élevée, au début du xie siècle, par Lausus, ami de saint Poppon de Stavelot. Elle repose sur cinq colonnes octogonales monolithes à bases carrées. Les deux nefs latérales, plus larges et de construction plus récente, sont couvertes de voûtes d'arêtes très surbaissées retombant sur de gros piliers carrés. Dans ces soutiens sont engagés des demi-piliers aux angles coupés supportant les arcs-doubleaux.
XJéglise Saint-Jacques (fig. 7) est une grande construction primitivement romane, mais si profondément modifiée à la fin du xv' et au début du xvi' siècle (2) qu'elle n'a guère conservé que ses trois tours dont deux se trouvent devant la façade et la principale à l'intersection de la nef et du transept. Ces parties datent de la première moitié du xu' siècle.
Les deux tours occidentales sont de plan carré et s'élèvent sans retraites de toute la hauteur de leur maçonnerie. Les étages ne sont accusés que par des cordons et sont éclairés chacun par une fenêtre en plein cintre divisée en deux baies par une colonnette. Aux étages supérieurs ce même motif est répété plusieurs fois, dans un but purement décoratif. La tour méridionale fut couverte d'une flèche en pierres à l'époque ogivale. Entre les deux clochers s'élève la façade couronnée de son pignon ; elle est percée d'une porte à colonnettes en retraite, d'une fenêtre de même style et elle est ornée d'une corniche d'arcatures portées sur des culs-de-lampe. Le clocher central octogonal a des arcatures du même genre et il repose à l'intérieur sur quatre gros piliers cruciformes. 11 fut exhaussé à l'époque gothique.
Ces quelques fragments nous permettent de conclure que l'église primitive de Saint-Jacques était une vaste basilique à trois nefs avec transept.
11 en était de même pour Y église Saint-JNicolas qui n'a guère conservé
(1) ScHAYES, op. cit., t. 111, p. 60; — Van den Gheyn, L<ar Cathédrale de Saint-Bavon, Gand, 1902.
(2) ScHAYES, op. cit., t. 111, p. 17; — Messager des sciences historiques, 1874, p. 42; — Van den Gheyn, Les Églises de Gand, extrait de Gand, guide illustré, Gand, 1905, p. 14.
de vestiges plus importants de son état originel (i).
Au lieu de deux tours carrées à la façade, elle n'a en tout que deux tourelles d'escalier de forme]circulaire, ornées d'arcatures sur pilastres. La même ornementation d'arcatures se retrouve dans l'intérieur du clocher central audessus de la croisée. Les extrémités des transepts présentent, à peu près, la même disposition
que la façade et ont aussi leurs tourelles d'escalier. De l'église du xii' siècle subsistent aussi les murs supérieurs de la grande nef percés de fenêtres en plein cintre. Cette église, qui avait été brûlée en 1120, fut totalement réédifiée en style de transition, dans la première moitié du xn' siècle. Les parties gothiques, le chœur, les étages supérieurs de la tour et les bas-côtés, datent de 1429.
\J église Saint-Martin, à Gand, qui date presque entièrement du xvi' siècle, devait présenter originairement un plan semblable à celui des églises dont nous venons de parler, car on a découvert récemment, dans le clocher actuel,
Eglise Saint-Jacques, a Gand.
'L'architecture romane en Belgique.
(i) ScHAYES, op. cit., t. 111, p. 34 ; — Bulletin de la Gilde de Saint-Thomas et de Saint-Luc, t. 111, 1 875, p. 92 ; — Van den Gheyn, op. cit., p. i 8.
X.^ archttec- des vestiges de style roman (i). Par le fait même, ce clocher rentre, vu sa fure romane situation centrale, dans le type des églises Saint-Jacques et Saint-Nicolas. enSelgî(Jue, L'ancienne abbaye de Saint-Bavon date en grande partie de la fin de la période romane. Son beau cloître aux colonnettes élégantes est malheureusement en ruines. 11 en subsiste cependant la partie la plus intéressante, la chapelle octogonale de Saint-Macaire, qui formait, sans doute, !e lavabo du cloître ancien (2). L'édicule, nouvellement restauré, se compose de deux étages. Le rez-de-chaussée est un portique, ouvert sur cinq côtés, reposant sur de gros piliers à impostes et couvert par une voûte nervée en coupole. L'étage forme une chapelle couverte d'un plafond et éclairée sur chaque face par une fenêtre en plein-cintre. Sur la face antérieure, cette fenêtre revêt la forme tréflée qui, jointe à l'existence de la voûte, nous incite à considérer ce petit édifice comme contemporain du reste du cloître, c'est-àdire de la fin du xu^ siècle. La chapelle de l'étage fut consacrée en 1 179.
Tout près de Gand, sur la Lys, subsiste en partie une petite église des plus intéressantes, c'est celle d'Jlfsné (3). Elle présente le plan d'une croix • latine sans bas-côtés, avec choeur et transepts rectangulaires. Sur le croisillon, une tour octogonale semble avoir été reconstruite au xui^ siècle. Les transepts sont plus bas que la nef qui n'est éclairée que par une seule rangée de minuscules fenêtres en plein cintre. La position de ces fenêtres, situées immédiatement en dessous des corniches, jointe à la présence de grandes arcades aveugles portées sur des piliers à l'intérieur, démontrent que, jadis, l'église eût trois nefs portées sur des piliers sans bases ni chapiteaux et dont deux furent supprimées dans la suite.
Du même type était aussi l'église actuellement démolie de Saint-Denis- Westrem (4). Bâtie en croix latine, à trois nefs, le transept et le chœur terminés par des murs droits, elle avait un clocher sur la croisée. Ce clocher restait carré jusqu'à la flèche et avait, en dessous de l'étage des cloches, un étage orné, sur chacune des quatre faces, de trois arcades portées
. (1) Van den Ghyen, op. cit., p. i5.
(2) ScHAYES, op. cit., t. 111, p. i33.
(3) Messager des sciences historiques, 1847, p. 1 et suiv. ; — A. Van Houcke et P. Langerock, Oude gebouwen in V îaanderen, t. I, pl. 49; — BuUetijn der Maatschappij van geschiedenis en oudheidskunde te Gent, 1904, blz. 1 i 5.
(4) Messager des sciences historiques, 1847, p. 17, et suiv. ; — Schayes, op. cit,, t. II, p. 65.
sur des sommiers. Les piliers portant la nef n'avaient ni bases ni chapiteaux, les fenêtres étaient très petites et tout l'édifice avait des plafonds plats. L'entrée se trouvait dans l'axe, du côté de l'occident.
Il nous reste un nombre considérable d'édifices du même type que les églises d'Afsné et de Westrem, soit qu'ils datent de l'époque romane, soit au moins qu'on les ait reconstruits sur plan roman à l'époque ogivale, en conservant certaines parties de la bâtisse primitive.
Nous citerons, parmi beaucoup d'autres, les édifices suivants :
\J église d'Oudeghem (i) qui date de l'époque de transition, et a conservé, de cette époque, son clocher central et sans doute son chœur rectangulaire;
h'égîise de Lebbeke (2), de la même époque, dont la tour centrale et le chœur furent reconstruits au xvii^ siècle sur les bases primitives. Les nefs furent alors élargies ;
h'égîise de JVeveîe (3) dont la tour centrale reste carrée sur toute sa hauteur et dont les parties inférieures des murs de la nef datent de la période romane, ainsi qu'une partie du transept ;
h' église deMariakerke (4) qui a gardé des parties romanes dans le clocher et dans les murs de la nef. Avant sa restauration, les trois nefs étaient réunies sous une seule toiture ;
\J église de Loolenhulle (5) où les nefs sont modernes, mais où la belle tour qui surmonte la croisée est encore en partie romane. Certains débris de même style se remarquent aussi dans le transept ; ils permettent de supposer que l'église actuelle a été rebâtie en grande partie sur les fondations primitives ;
\J église d' Tlsper fut profondément modifiée au point de ne conserver, de l'état primitif, que la partie inférieure du clocher ;
\J église de Moortzeele, une des rares églises qui aient conservé des piliers carrés dans la nef. En revanche, on a modifié le chœur et démoli la tour centrale pour la remplacer par une autre construite devant la façade.
Sont encore du même type, tout en n'appartenant plus à l'époque
'L'architecture romane enBelgtque.
(1) Van Houcke et Langerock, op. cit., t. 111, pl. 53.
(2) 7fe/J., t. 111, pl. 34 et suiv.
(3) Jhid.. t. 111, pl. 28 et suiv.
(4) Jhid., t, 11, pl. 22 et suiv.
(5) Bulletin de la Commission royale d'art et d'archéologie, t. XLll, 1903, p. 207.
'L' architec - romane : Véglise de JMieuwenhove (i) qui appartient au style gothique ture roniCtne primaire ; Végltse de Schelderode dont le clocher date probablement de enSelgtCJue^ l'époque romane ; Véglise de Vurste, du siècle ; dz Maria-'Laethem, qui n'a qu'une seule nef et revêt absolument la forme d'une croix grecque ; de Scheldewindeke (xni^ siècle); de Zwyndrecht, qui a conservé des piliers carrés, et parmi les églises plus importantes : J\oire-Dame de Pameîe, à Oudenaarde (xiii® siècle) et JNctre-Dame, à Deynze (xiv^ siècle).
Comme on le voit, ce type d'église a dominé le long delà Lys et de l'Escaut, depuis la frontière française jusqu'à Anvers.
Quelques très petites églises romanes existent aussi dans cette contrée. Elles ont, ou bien le clocher central, comme celle de Maria-'Leerne actuellement démolie (2), ou bien le clocher occidental comme celle de Mespelaere (3) dont la tour est très intéressante, avec ses belles ouïes à colonnettes et ses figures sculptées aux angles. Cette dernière église n'avait primitivement qu'une seule nef et un chœur carré un peu moins large, dont les fenêtres bouchées et la corniche à corbeaux sont restées intactes.
La petite église de Lands^outer est construite sur un plan analogue mais les bas-côtés ont été ajoutés après coup. Elle date de l'époque de transition.
Ces deux dernières églises se trouvent dans la partie orientale de la province ; de là, peut-être, leur tour occidentale.
L'ancienne église de V abbaye d'Eename, dont Sanderus nous donne une reproduction (4), appartenait à un troisième type. Elle avait deux tours, une de chaque côté du chœur, trois nefs, une entrée occidentale, un chevet plat et un transept moins élevé que les nefs.
\Jéglise de Houthem-Saint-Liévin (5) a été renouvelée, pour la majeure partie, en 1769 ; maison a épargné le chœur et l'oratoire de Saint-Liévin, restes de l'église primitive. L'abside est flanquée de deux tourelles et, dans les murs latéraux du chœur, on remarque deux arcs aveugles en plein-cintre reposant sur des colonnes trapues à chapiteaux en forme de cône tronqué et renversé.
(1) Bulletin de la Commission royale d'art et d'archéologie, t. XUI, J874, p, i83.
(2) SCHAYES, op. cit., t. 111, p. 66.
(3) Van Houcke et Langerock, op. cit., t. 111, pl. 49.
(4) Tlandria Jllustrata, t. 11, p. 514.
(5) Bulletin de la Commission royale d'art et d'archéologie, t. XLll, 1903, p. 3oo et suiv.
FiG. 8. Transept de la Crypte de l'Église
Sajnt-Hermès, a Renaix.
La ville de Renaix a conservé, dans Véglise de Saint-Hermès (fi g 8), l'une des cryptes les plus importantes du pays (i). Sa partie ancienne s'étend sous les deux bras du transept et sous les premières travées du chœur. De part et d'autre, quatre colonnes disposées en carré portent de grossières voûtes d'arêtes consolidées par des doubleaux. Ces colonnes, les unes octogonales, les autres circulaires, ont des chapiteaux cubiques et des bases variées de forme. Le transept est abondamment éclairé par des fenêtres agrandies, car, à cause de l'inclinaison du terrain, la crypte est presque au niveau du sol extérieur. Certaines parties plus récentes ont des voûtes portées par des nervures de section rectangulaire. De l'église romane à laquelle cette crypte appartenait, il ne reste plus guère que le mur terminal du transept gauche qui est orné, à l'extérieur, de trois arcades aveugles encadrant des fenêtres.
(i) 'Bulletin de la Commission royale d'art et d'archéologie, t. XVII 1, 1879, p, 172.
Ctrchttec - 11 n'entre pas dans le cadre de cette étude de faire la description détailture rOïïlCtne lée des grands édifices qui sont suffisamment connus, tels que la cathédrale en^elgiciue, cl^ Tournai (fig. 9) et les autres monuments de cette ville, maintes fois décrits f 1).
Pour la cathédrale, bornons-nous à en indiquer les caractéristiques qui ont de l'importance à notre point de vue.
D'après Dehioetvon Bezold, il ne faut pas faire remonter les nefs de cette église au delà du milieu du xii^ siècle, la date de 1070 se rapporterait à un édifice disparu (2). Les transepts datent environ de l'an 1 200 (fig. 1 o).
L'édifice appartient à la catégorie des églises à plan rayonnant combiné avec le plan longitudinal. L'importance de la croisée avec sa tour-lanterne est encore mise davantage en relief par la disposition des quatre tours secondaires tout autour de la lanterne centrale.
La grande nef était couverte, avant le xviii^ siècle, par un plafond ; les nefs basses étaient voûtées en arêtes et surmontées de galeries. Dans les nefs on a fait usage de piliers composés, dans le transept de colonnes maçonnées.
La cathédrale de Tournai est, en somme, un monument exceptionnel qui n'est pas le fruit d'une conception indigène. Elle est sœur des grandes églises de Champagne et de Normandie, de Soignies, de Saint-Remi de Reims, de Noyon, de Cambrai, de Cerisy, tant par sa lanterne centrale et ses galeries, que par la forme de ses piliers et l'absence de voûtes. ]1 ne faut donc pas chercher dans son entourage ses prototypes, mais bien plutôt ses imitations. Comme elle ne fut édifiée que vers la fin de la période romane, ce seront surtout les monuments de l'époque de la transition et de la première période gothique qui porteront la marque de son influence.
C'est surtout à la fin du xii^ et au xiii^ siècle que s'est formé et développé le « style tournaisien ». Deux monuments romans de Tournai appartiennent
(1) Nous citerons, à leur propos, les ouvrages les plus intéressants : Renard, JWono^rapibie de T^otre-Dame de Tournai, Tournai, i856 ; — L, Cloquet, Tournai et Tournaisis, Bruges, 1884; — A. De la Grange et L, Cloquet, Études sur l'Art à Tournai, Tournai, 1887-1888; — E.-J. SoiL DE fAoKWfA-k, ta Cathédrale de Tournai, Tournai, 1900; — H. Hymans, Zfî Villes d'Art célèbres: Gand et Tournai, Paris, 1900; — Dehio et von Bezold, op. cit., t. 1, p. 277 ; — Bulletin de la Gilde de Saint-Thomas et de Saint-Luc, t. X.
(2) Dehio et von Bezold, op. cit., t. I, p. 277.