INTÉRIEUR DE LA CATHÉDRALE DE TOURNAI
Ctrchttec- qui éclairaient la nef principale avait été conservée des deux côtés, derrière ture romane le crépissage. Une voûte moderne remplaçait le plafond primitif. La tour qui enSelgicjue^ semble un peu plus récente que les nefs avait une voûte d'arêtes au rez-dechaussée et aussi à l'étage. Cet étage communiquait avec l'église par une large arcade.
Au nord de Tournai, sur les bords de l'Escaut, se trouve la petite église d'Esqueîmes (i), qui est sans doute l'une des plus anciennes de la contrée. Elle ne comprend qu'une seule nef rectangulaire. Le chœur se compose d'un presbyterium carré et d'une abside semi-circulaire ; un clocheton de date plus récente s'élève devant le chœur. L'ensemble a un aspect des plus simples. Des fenêtres très étroites, en forme de meurtrières, éclairent la nef. En dessous, on remarque, de part et d'autre, quatre arcatures aveugles qui empiètent sur l'épaisseur des murs. Un plafond plat recouvre la nef, tandis que l'abside a une voûte en cul-de-four.
Bien conservée aussi, mais de date plus récente, V église de Chaussée- INotre-Dame (2) a trois nefs à piliers carrés et un plafond plat. Le clocher est situé au centre de l'édifice.
La petite église d'Ere (3) avait, anciennement, trois nefs romanes; elle en a perdu deux, les arcades bouchées en témoignent. Elle est terminée par un mur plat et, chose rare, couverte de tuiles en terre cuite, peut-être primitives. Cet édifice doit être très ancien, car on remarque, dans son appareil, une foule de débris de briques romaines.
L'une des églises les plus intéressantes du pays est celle de Saint-Vrsmer, à Lobbes (4). Elle appartient à un type difiPérent de celles que nous venons de mentionner. C'est une basilique à transept plus bas que les nefs, au chœur rectangulaire et au clocher de façade. Trois porches consécutifs conduisent à l'église qui est édifiée au sommet d'une colline. Elle n'est pas voûtée et ses nefs sont séparées par des piliers carrés alternant avec des colonnes octogonales. Ses fenêtres sont hautes et étroites. Le chœur est
( ) ) Bulletin de la Société historique et littéraire de Tournai, t. 11, 1 85 i , p. 266.
(2) Annales du Cercle archéologique de Mons, t. V, 1878, p. 595.
(3) Bulletin de la Commission royale d'art et d'archéologie, t. XXXVlll, i 899, p. 419 et suiv ; — Gilde de Saint-Thomas et de Saint-Luc, 1877, t. IV.
(4) L. Cloquet, Description de l'église paroissiale de Lobbes, dans les Documents de la Société paléontologique et archéologique de Charleroi, t. XVI, 1888, p. 341 Schayes, op. cit.. t. 1 1 . p, I 22 ; — J{evue de l'Art chrétien, 1 867, t. XI , p. 97.
orné d'arcatures entrecoupées par des pilastres. Une vaste crypte s'étend T.' Ctrchitecsous le chœur, portée par quatre rangées de soutiens de sections variées. ture romane On y trouve des piliers carrés, des colonnes rondes ou octogonales mono- enBelgtCjue, lithes. Les voûtes d'arêtes sont consolidées par des arcs doubleaux. Les bases et les chapiteaux présentent des tracés curieux. L'église date de la fin du xi^ siècle.
\J église de Deux-Jlcren (i) n'a plus que son clocher primitif. Celui-ci
, , Chapelle de Chièvres.
s'élève entre l'abside et les nefs, quoiqu'il n'y ait pas de transept. Le rezde-chaussée forme la première travée du chœur.
L'église de la petite commune d'Jlubechies (2) est digne d'être notée ici à
(1) Gilde de Saint-Thomas et de Saint-Luc, )8;7, t. IV ; — Annales du Cercle archéologique de Mans, t. VU, p. 376.
(2) Bulletin de la Commission royale d'art et d'archéologie, t. XXXVII, 1899, p. 177 et suiv., et t. XXXIU. 1895. p. .40.
FiG. 12. Eglise Saint-Adelin, a Celles.
T^ archttec - cause de sa grande antiquité. C'est un édifice fondé par les Bénédictins, au fure romane xi^ siècle. Ses matériaux renferment de nombreux débris gallo-romains. en^elgtCjue* dessous du chœur, existe une petite crypte couverte d'une voûte en
berceau dont les assises inférieures sont maçonnées en encorbellement. Dans la nef unique, on voit de grandes arcades bouchées qui font supposer que, primitivement, il y avait des bas-côtés. La charpente originelle à chevrons-fermes est conservée, de même qu'une couverture en tuiles plates.
Autrefois, il existait k Monceau (Elouges) (i) une petite église romane, en partie intacte, dont le plan primitif ne comportait qu'une seule nef rectangulaire, un chœur à chevet plat et un clocher occidental relevé d'arcatures au-dessus de la porte percée dans l'axe de l'édifice.
h' église de Ma rcq, près d'Enghien, a conservé son clocher occidental, de même que celle de Marcinelle (2). Celle de Familleureux, incendiée il y a quelques années, conserve en partie son chœur bâti en 1 186 (3) et qui était
(1) Annales du Cercle archéologique de Mons, t. XI 1, p. 363 ; — Jbid., t. XV, pl. II.
(2) Bulletin de la Cctnmission royale d'art et d'archéologie, t. XXXVll, 1899, p. 3o.
(3) Jbid., t. XL, 1902, p. J73.
primitivement une chapelle castrale. A Mons et à Chièvres, subsistent des chapelles très anciennes de forme rectangulaire, à une seule nef. Celle de Chièvres (fig. i j), a une belle porte occidentale à grand linteau, de petites fenêtres situées très haut, un plafond plat et un chœur rectangulaire de date plus récente quoique encore roman.
Nous voyons encore à Couillel une tour occidentale à bas-côtés en partie romane, des nefs romanes à Tfoves et à Satnt-Kaasl, un clocher central et un transept roman à Blahn et une chapelle à une seule nef à Cordes, près d'Ath.
Le monument le mieux conservé et le plus intéressant de la province actuelle de Namur est V église Saint-Hadelin à Celles (fig. i 2) (i ). Comme elle est très connue des archéologues, nous pourrons être bref à son sujet.
Elle a le plan basilical sur piliers, à trois nefs et transept moins élevé que que le vaisseau central. Chaque nef est terminée, du côté oriental, par une abside semi-circulaire. Du côté opposé, s'élève un clocher très massif flanqué de deux épaisses tourelles d'escalier. Les absides sont voûtées en cul-de-four et le rez-de-chaussée de la tour en arêtes. Tout le reste de l'édifice, sauf les cryptes, est couvert de plafonds. L'église possède deux cryptes. Celle du chœur épouse à peu près la forme de l'abside. Ses voûtes d'arêtes, sans doubleaux, sont portées sur quatre piliers. Dans le fond est une niche ou confession rectangulaire. La crypte du clocher, simple réduit destiné à abriter la châsse de saint Hadelin, n'est pas éclairée de l'extérieur, elle est portée sur des piliers carrés et a des arcs doubleaux très surbaissés.
]1 n'y a pas d'entrée occidentale à l'église. Les portes se trouvent dans les bas-côtés nord et sud à la première travée. Toute la décoration se réduit à des arcades peu saillantes reposant sur des pilastres à impostes et encadrant chaque fenêtre. La maçonnerie est exécutée en moellons très irréguliers.
L'église-sœur de Celles est Voratoire de l'ancien prieuré d'HasHère (fig. 1 3)
( I ) Annales de la Société d'archéologie de JSamur. t. 1 1 1 , 1 853, p. 340 ; — Messager des sciences historiques, i 862, p. 353 ; — Gilde de Saint-Thomas et de Saint-Luc, t. VI , 1 885, p. lyi .
'L'architecture romane en Belgique,
T.' CtrchlfeC" qui fut une dépendance de l'abbaye de Waulsort depuis 968 (1). Au ture romane xiii« siècle, on y a ajouté trois chœurs gothiques, mais la disposition primienSelgï(Jue» ^ive se laisse deviner aisément au moyen de la crypte. Tout comme l'église de Celles, l'église d'Hastière a un clocher occidental sans entrée et voûté d'arêtes au rez-de-chaussée, mais elle n'a qu'un seul escalier. L'étage de la tour communique avec les nefs au moyen d'une triple arcature encadrée d'un grand arc de décharge. Pour le reste, mêmes piliers carrés sans bases, même transept moins élevé que la nef, même entrée latérale à la première travée, mêmes petites fenêtres au-dessus de la toiture du transept, même
(1) Chronic. Walciodor. éd. d'Achéry, t. II, p. 709; — Annales de la Société d' archéologie de JSamur, iSS6, p. i et suiv.; — Bulletin de la Gilde de Saint-Thomas et de Saint-Luc, t. XVI 1, ) 885, p. ) 04 et suiv.
FiG. i3.
Église d'HastiÈre-par-dela.
crypte — découverte il y a quelques années — dont le plan est identique à celui de la grande crypte de Celles, mêmes arcatures aveugles à l'intérieur de la tour, même nombre de travées. La crypte nous indique que le chevet, lui aussi , était primitivement semicirculaire. On le voit, la ressemblance entre les deux monuments est des plus frappantes et Ton pourrait, en continuant la comparaison, trouver encore bien d'autres détails identiques. Comme la grandepartie de l'église d'Hastière a été édifiée de io33 à io35 (i), nous pouvons en inférer, sans trop de témérité, que l'église Saint-Hadelin à Celles est également de cette époque.
Les détails de cette comparaison nous permettent de considérer l'église de Thynes (2), près Dinant, comme du même âge et de la même influence. Il ne nous en reste plus, malheureusement, que le chœur, les nefs ayant été démolies en 1 845.
L'antique oratoire de Thynes (fig. 14) était moins important que les deux monuments précédents ; il n'avait qu'une seule nef de plan rectangulaire et un chevet terminé en abside. L'entrée unique était pratiquée dans le mur sud. ]] n'y avait pas de clocher, mais, pour le reste, l'édifice présentait beaucoup d'analogie avec les églises d'Hastière et de Celles : plan de la crypte identique, trois nefs portées sur quatre colonnes monolithes à chapiteaux cubiques, niche rectangulaire au fond de l'abside, arcades aveugles
(1) Chronic. Walc, p. 720.
(2) Annales de la Société d'archéologie de J\amur, 1 8^3, p. i et suiv.
Fig. 14.
Crypte de Thynes.
L'architecture romane en Belgique^
J^'archttec- encadrant les fenêtres de la nef et du chœur. Ces trois églises se sont donc ture romane évidemment influencées mutuellement. Laquelle est la plus ancienne? On ne enBelgique. pourrait le dire.
Au nord de Thynes, dans le village de Wierde (fig. i 5) (i), se trouve une église mieux conservée que la précédente, et qui a également beaucoup de rapports avec l'église de Celles, sans en avoir l'importance. Elle a trois nefs, sans transept, ou plutôt celui-ci n'existe qu'à l'état embryonnaire; il est peu large, ne fait pas saillie sur les bas-côtés, et constitue, à proprement parler, la dernière travée de la nef, séparée des autres par des arcs
doubleaux et couverte d'une voûte d'arêtes, tandis que le reste n'a que des plafonds. Le chœur a le chevet carré, mais les nefs latérales se terminaient autrefois, comme à Celles, par des absides semi-circulaires dont l'une, du côté sud, a été démolie.
Une voûte d'arêtes à formerets, appuyée, aux angles, sur des pilastres, surmonte le chœur. L'église a cinq travées comme celle de Saint-Hadelin, mais on lui a enlevé des piliers.
Le clocher est occi-
( I ) Annales de la Société d'archéologie de J^amur,
Fig. i5. Église de Wierde. t. XLIll, 1893, p. 119.
dental et massir, et l'entrée est dans la première travée du côté sud. Enfin, nous voyons aussi, dans ce monument, des arcades aveugles au rezde-chaussée, mais elles manquent aux ^ murs goutterots.
\J église d'Andenelle(fig. i 6) (i ) avait d'abord, comme celle de "Wierde, un chevet plat et trois nefs sans transept.
Dans le courant du siècle dernier, on l'a agrandie en y ajoutant un transept et une abside semi-circulaire. Cette église, dont le niveau primitif est notablement moins élevé que celui des terrains environnants, est recouverte de plafonds plats sur les trois nefs, et — chose rare — d'une voûte en berceau
très basse sous la tour. L'ancienne porte d'entrée, aujourd'hui condamnée, se dessine dans la seconde travée sud. La nef était primitivement portée par des piliers carrés à impostes très grossières qui furent remplacés, à la fin du moyen âge, par des colonnes de forme curieuse. Le modèle des soutiens primitifs nous est toutefois donné par les pilastres engagés dans la tour. Cette tour, d'une extrême simplicité, couverte de sa toiture
FiG. j6.
Église d'Andenelle.
'L'architecture romane en "Belgique^
(1) Annales de la Société d'archéologie de JSainur, t. VII, 1861-62, p. 33.
T^* Ctrchttec- originale à quatre pans, est moins massive que celles des églises de ture romane W^ierde et de Celles; elle ne possède pas d'escalier.
enSelgicjfue^ ^'église de Sclayn (i), près d'Andenne, se rapproche du type de Celles par son plan cruciforme, mais ses absides sont rectangulaires.
\J église de Biesmes (2), dont le chœur et le transept furent renouvelés à l'époque gothique, a conservé une belle tour occidentale en saillie sur les nefs et un vaisseau porté sur deux rangées de piliers sans bases ni impostes et recouvert par un plafond. Les fenêtres supérieures sont demeurées intactes. Anciennement le chœur se terminait par un chevet plat.
De l'ancienne église Sainl-Teuilien de Tosses (3), dont les nefs datent des temps modernes, nous demeurent la tour occidentale et une partie de la crypte, actuellement située derrière le chœur, ainsi que les assises inférieures des murs des bas-côtés. Le clocher a l'aspect lourd et trapu ; il est flanqué, comme à Celles, de deux tourelles d'escalier. On le fait communément remonter au siècle, mais nous n'avons pas de preuve de cette assertion. 11 n'y a pas d'entrée du côté de la tour, au rez-de-chaussée de laquelle se trouve le baptistère. La crypte a des piliers carrés couronnés de grossières moulures et des voûtes d'arètes.
\J église de Saint-Germain (4) a aussi certaines parties anciennes : la grosse tour occidentale, bâtie en moellons et remaniée ; le large vaisseau, appuyé sur des piliers carrés avec une vieille charpente à chevrons portant ferme, et le chœur raccourci d'une travée.
Au nord de Namur on voit une église romane à Corroy-le-Chdleau (5). Bâtie en croix latine, à trois nefs, elle a un sanctuaire à chevet plat. Six piliers carrés massifs, sans bases ni chapiteaux, supportent les murs goutterots. La nef n'a qu'un plafond, et le chœur est voûté en arêtes. Les bas-côtés ont été reconstruits.
En dehors de ces églises relativement bien conservées, il existe plusieurs fragments intéressants dans le pays de Namur, surtout des clochers occidentaux. Citons celui de Tranière, celui de Mont-Sainte-Marie (6), celui
(1) Annales delà Société archéologique de J\amur, t. 111, i853, p. 188.
(2) Bulletin de la Commission royale d'art et d'archéologie, t. XXXIX, 1901 , p. 64.
(3) Jbid., t. XXXV, 1897, p. 45; — L'Ami de l'Ordre, supplément du 14 décembre 1891.
(4) Bulletin de la Commission royale d'art et d'archéologie, t. XXXVI 11, 1900, p. 1 3y.
(5) Annales de la Société d'archéologie de J\amur, t. XI , 1 86 1 -62, p. 77.
(6) Jbid., t. 111, i853, p. 186.
de Walcourl qui a été incorporé dans une magnifique église gothique, et T-^' Ctrchitec qui était dépourvu d'entrée ; celui de T^amèche qui fut profondément ture romane modifié et qui est le seul reste d'une église romane démolie vers le milieu eriBelgique
FlG. ij.
Eglise de Waha.
du siècle dernier. A Dînant, la première église était aussi en style roman ; il nous en reste, dans la paroi nord du temple actuel, une belle porte historiée, malheureusement très endommagée.
\Séglise de Ciney (i ) a conservé aussi un clocher occidental dénué d'ouvertures du côté du couchant, sauf à l'étage du clocher. Une crypte existait autrefois sous le chœur de cette église.
L'église paroissiale de Soulmes (2) est un mélange de gothique et de roman. A ce dernier style, appartiennent la tour occidentale et le chœur à chevet plat. La nef est du xvi^ siècle.
(1) Annales de l'Académie d'archéologie, t. VU, j85o, p. 201.
(2) Bulletin de la Commission royale d'art et d'archéologie, t. XXXI V, 1896, p. 58.
11 existe, k Hammerenne (i)une chapelle romane qui a perdu ses bas-côtés et se compose actuellement d'une nef et d'une abside semi-circulaire couverte par un plafond et éclairée par six petites fenêtres.
Le chanoine Reusens signale encore la chapelle de Huhinne (2), près de Ciney, comme possédant d'intéressantes sculptures, et le clocher de Saint- Denis, près Namur, couvert d'une toiture en batière à croupes.
Nous parlerons, dans le second volume, de la belle église de l'abbaye de FlorefFe.
Dans le nord du Luxembourg, nous trouvons plusieurs édifices qui se rattachent étroitement, par leur clocher occidental et leur plan, au type dont nous venons de mentionner plusieurs exemples. Telle est d'abord une de nos églises les plus anciennes, de date certaine, celle de Waha (fig. 1 7) (3) dont l'acte de naissance authentique a été découvert au siècle dernier: c'est une inscription sur pierre relatant qu'elle fut consacrée le 23 juin de l'an 1 o5o.
La tour occidentale est une masse carrée sans ouverture aucune, sauf une porte moderne. Le vaisseau comprend trois nefs couvertes par des plafonds et séparées par des piliers sans bases ni chapiteaux. Le chœur, au chevet rectangulaire, est lui aussi couvert d'un plafond- Chose digne de remarque, les fenêtres hautes de la nef ne correspondent aucunement aux travées. Cet édifice est d'une simplicité extrême: on n'y remarque ni ornementation ni moulure.
\J église de Wéris{4), située plus au nord, est du même style mais le chœur est terminé en abside couverte d'un cul-de-four. Les piliers carrés ont été arrondis dans la suite et, de même qu'à Waha, les fenêtres hautes, très étroites, ne correspondent pas aux arcades de la nef.
(1) Annales de la Société d'archéologie de JSamur, t. 111, i853, p. 117.
(2) Reusens, op. cit., t. 1, p. 359; — Annales de la Société d'archéologie de JSamur, t. Vil, 1 860-1 861 , p. 79.
(3) ScHAYES, op. cit., t. 11, p. 125; — Annales de la Société pour la conservation des monuments dans la province de Luxembourg, t. 111, 1 852-53, p. 154; — Bulletin de la Commission royale d'histoire, 5' série, t. X, p. 97-1 2 3.
(4) J{evue catholique, t. XLVll, «879, p. 3oo ; — Bulletin de la Commission royale d'art et d'archéologie, t. XXXVl,i898 , p. 164.
L architecture romane en Belgique,
A Tohogne, se trouve également une église presque intacte du même modèle que les deux précédentes. ]1 en est de même à J\y et à Vieuxville.
11 existe des clochers romans occidentaux à Laroche, à Buret (Tavigny) et à Bastogne, Ce dernier est surmonté d'une toiture décorée de mâchicoulis et a des allures de forteresse. 11 n'a pas de communication avec l'extérieur. Les églises de Chérain, près Houffalize, de Jamoigne, de Longlise et d'Jlmberloup conservent aussi des parties romanes.
Signalons enfin la crypte de la grande église de Saint-Hubert, qui est portée par quatre colonnes octogonales, mais qui fut profondément modifiée lors de la reconstruction de l'abbatiale au xvi' siècle.
L' architecture romane en Belgique^
La ville de Liège fut, au xxi' et xn' siècles, le centre intellectuel et artistique le plus brillant de la région du nord (i). Elle renfermait jadis beaucoup de monuments de cette époque; malheureusement, la plupart ont subi les injures irréparables du temps et des restaurateurs maladroits.
Nous avons parlé plus haut des églises Saint-Jean, Saint-Denis et Saint- Lambert, dont l'origine remonte au delà de l'an looo. De l'époque postérieure, l'église la mieux conservée est Saint-Barthélémy (fig; i 8) (2).
Elle se compose de trois nefs, d'un transept plus bas et d'un chœur à chevet rectangulaire. Les fenêtres supérieures sont d'une ouverture assez large, et les trois nefs étaient couvertes de plafonds. La partie la plus intéressante est, à coup sûr, le narthex occidental ou grand avant-corps rectangulaire comprenant deux étages, avec voûtes au rez-de-chaussée. Deux clochers carrés le dominent. Primitivement, ce narthex n'avait pas d'entrée; les portes de l'église donnaient accès dans les nefs latérales. On attribue assez communément cet édifice au début du xi^ siècle; mais, étant données la richesse relative de l'ornementation, la présence de l'arc brisé et sa ressemblance pour l'ensemble et les sculptures avec les avant-corps de Saint-Jacques de Liège et de Saint-Germain à Tirlemont (3), nous
(1) Cf. PiRENNE, Histoire de 'Belgique, t. I, p. 142.
(2) Gilde de Saint-Thomas et de Saint-Luc, t. 111, 1876, p. i85; — Bulletin de llnstitut archéologique liégeois, t. XI, 1872, p. 367 et suiv. ; — Schayes, op. cit., t. II, p. i25.
(3) Bulletin des Métiers d'art, t. IV, 1905-1906, p. 33 et suiv.
1^* archîtec- sommes enclins à reculer de plus d'un siècle la date de sa construction. ture romane L'édifice entier ne nous paraît pas antérieur à la seconde moitié du xii' siècle. en^elgtijue^ narthex de ïégîise Saint-Jacques (i), auquel nous venons de faire allu-
sion, est le seul reste d'une église fondée par l'évêque Baldéric, en 1016, mais achevée seulement en 1 1 73. Plus simple que celui de l'église Saint- Barthélémy et tout aussi fruste, il n'est couronné que par un petit clocher octogonal. ]1 est divisé, à l'intérieur, en trois travées couvertes par des voûtes d'arêtes sur arcades ogivales. Le plan est moins compliqué que celui de Saint- Barthélémy.
h' église S a in te - Croix, reconstruite au xiii' siècle sur
FiG. 18.
Narthhx de Saint-Barthélémy, a Liège,
l'emplacement du
temple de Notger, peut être placée déjà parmi les édifices gothiques. C'est pourquoi nous préférons en parler dans le second volume.
Tout près de Liège, se trouvent les ruines du choeur de l'ancien prieuré de Saint-JNicoîas-en-Glain {^) qui fut consacré en 11 Si. C'est un presbyte-
(1) ScHAYES, op. cil., t. 11. p. m6; — Bulletin de V Académie royale de Belgique, t. XllI, 1 846, p. 395,
(2) ScHAYES, op. cit., t, 11, p. i55; — Bulletin de la Commission royale d'art et d'archéologie,
rium rectangulaire terminé par une abside semi-circulaire. Le style en est 'L'architecassez riche : les fenêtres sont décorées de tores et l'abside est entourée fure romane d'une galerie rhénane ajourée, reposant sur de belles colonnettes. La par- enBel^taue tie inférieure des murs est relevée de grandes arcades aveugles dont trois encadrent des fenêtres.
Au sud-ouest de Liège, subsiste un édifice du plus haut intérêt, étant donné son état de conservation remarquable et le caractère spécial de son style, c'est y église de Saint- Séverin - en - Condroz (fig. 19) (1). Elle a le plan en croix latine à trois nefs. Le chœur se compose d'une travée rectangulaire et d'une abside semicirculaire beaucoup moins élevée, qui forme un bel ensemble avec les absides latérales faisant office de chœur aux bascôtés. Un clocher central octogonal domine toute la construction.
L'entrée principale est dans la façade. Le rez-de-chaussée des
nefs est décoré de -
Fig. jp. Intérieur de l cglise
grandes arcades Saint-Séverin-en-Condroz.
t. XXX, 1892, p. 319 et suiv. ; — Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, t. 111, iSSj, p. 23.
( ) ) Bulletin de la Commission royale d'art et d'archéologie, t. XXXI , ) 892, p. 322 ; — Bulletin de la Gilde de Saint-Thomas et de Saint-Luc, t. 1 1 1 , i 876, p. 80 ; — 7{evue de l'Art chrétien, 1 906, p. 85.
T.' architec- comme à Celles; l'étage et le chœur ont une décoration formée de pilastres ture romane reliés par des corniches de petites arcatures.
en^elgique^ L'intérieur du temple est des plus intéressants; il est divisé en trois nefs par des piliers cruciformes alternant soit avec des colonnes appareillées, galbées et couronnées de chapiteaux cubiques, soit avec des faisceaux de quatre colonnettes de coupe cruciforme également galbées.
Les basses nefs sont voûtées en arêtes, les doubleaux retombent sur des pilastres saillants. La nef principale n'a pas de voûtes, mais nous pensons qu'elle était destinée à en recevoir. Ce qui le prouve, c'est l'alternance des soutiens forts et faibles, les arcs formerets des voûtes, qui sont saillants sur les murs, et surtout la disposition des fenêtres supérieures, qui sont rapprochées deux à deux pour pouvoir trouver place sous une seule arcade de voûte.
En tous cas, Saint-Séverin est une église exceptionnelle, elle a peu de traits communs avec les autres églises de la région. Elle se rapproche davantage de celles que nous avons rencontrées, en grand nombre, dans la partie occidentale de la Belgique, tant par l'alternance des soutiens que par le clocher central et par l'entrée occidentale. Elle a aussi certains traits de ressemblance avec les édifices romans de la Bourgogne. Les voûtes, la fenêtre forme tréfilée du chevet et le soin apporté à sa construction dénotent qu'elle n'est guère antérieure au milieu du xu' siècle.
Le gros bourg de Seilles, près Andenne, a conservé assez intacte sa rustique église romane. Elle a le plan à trois nefs sans transept, un clocher occidental très massif, un chœur formé d'une partie carrée et d'une abside. Les piliers, d'abord carrés, ont été chanfreinés dans la suite ; la vieille charpente primitive est conservée. L'entrée occidentale est précédée d'un beau porche gothique et le rez-de-chaussée du clocher a une belle voûte d'arêtes sur ressauts descendant jusqu'au sol.
De Véglise de Xhignesse, à Hamoir (fig. 20) (1), il ne reste intacte que la partie orientale. Les trois nefs ont été réunies sous une toiture, mais la claire-voie supérieure fut conservée. Le vaisseau repose sur de gros piliers carrés ; les bras du transept ont des chapelles orientées rectangulaires et le chœur est terminé en hémicycle. Ce chœur, dont nous donnons la
()) Bulletin de la Commission royale d'art et d' archéologie, t. XXXVll, 1898, p. 41 5.
photographie, est une imitation assez grossière de celui de Saint-Nicolas- 'L'architecen-Glain. On y voit des arcades élancées encadrant les fenêtres, mais la ture romane galerie rhénane est enBeîgtque remplacée par une série de niches peu profondes. Une coupe horizontale sur ces niches ressemble à la coupe d'une colonne corinthienne cannelée.
A Herstal {\), existait, autrefois, une petite chapelle se composant d'une tour occidentale, d'une nef carrée et d'un petit chœur rectangulaire; l'entrée était du côté sud.
YJéglise de Theux possède un clocher latéral massif, surmonté d'un étage saillant qui avait, sans doute, une destination défensive, comme celui de Bastogne.
A Polleur (2), subsiste une église romane très remaniée. La haute nef est encore intacte, mais le choeur est du xv' siècle. La nef était couverte primitivement d'un plafond plat dont les entraits sont encore visibles, de même que les fenêtres supérieures. Le clocher était occidental.
FiG. 20.
Chœur de l'Église de Xhignesse a Hamoir.
(1) J{evue de l'Art chrétien, t. IX, i865, p. 495.
(2) Bulletin de la Commission d'art et d'archéologie, t. XXXVllI, 1 899, p. 245.
'L'architecture romane enBelgique,
La commune de Lincent (i) conserve aussi, en partie, une église romane du xii' siècle dont la tour occidentale est construite en silex et le reste en pierre jaune de l'endroit. La nef a cinq travées sur piliers carrés et de petites fenêtres bouchées; elle était couverte d'un plafond.
L'ancienne collégiale d'Amay (2) est une grande église qui a un avantcorps à trois tours juxtaposées, un chevet plat et un transept moins élevé que la nef.
Les environs de Liège nous ont, en outre, conservé beaucoup de clochers d'églises rurales. Tous sont occidentaux, simples et massifs. Citons ceux de Wezeren et de Overwinden près Landen ; celui de Goë ; celui de Dieupart {V), qui a des arcatures romanes au rez-de-chaussée ; celui d'Tteure-le- J^omatn (4), qui est construit en grande partie avec des débris de maçonnerie romaine; ceux de Yisé, Moha, Lixhe, Texhe, Hollogne, Doncel, Blerel, Baelen, etc. 11 existe aussi des détails de style roman aux églises de La Gleize et d'Ocques.
Le long de la Aleuse, au nord de Liège, on trouve encore plusieurs monuments romans des plus intéressants, mais qui n'appartiennent plus, actuellement, à notre domaine artistique national. Étant donné leurs rapports étroits avec nos monuments, nous croyons cependant utile d'en dire un mot. Ce sont les églises de Saint-Servais et de Notre-Dame, à Maestricht, et celle de Susteren. Elles sont, en général, connues ; nous indiquerons simplement le type dont elles relèvent.
h' église Saint-Servais de Maestrichl {S) est une grande basilique présentant, pour les traits essentiels, la disposition de l'église Saint-Barthélémy de Liège, mais plus riche et plus vaste : croix latine, transepts de même hauteur que les nefs, grand avant-corps à deux tours et coupole intérieure, piliers carrés, plafond plat, chœur en demi-cercle flanqué de deux clochers
(1) Bulletin de la Commission d'art et d'archéologie, t. XXXVIU, 1899, p. 202,
(2) yues et perspectives de toutes les villes du pays de "Liège. Liège, Plomteux, 1 700.
(3) Bulletin de la Commission royale d'art et d'archéologie, t. XXXVIU, 1899, p. 428.
(4) Ibid., t. XLU, 1903, p. 27-
(5) ScHAYES, op. cit., t. 11, p. 137; — DcHioet VON Bezold, op. cit., pl. XLVll ; — Gilde de Saint-Thomas et de Saint-Luc, t. XI, 1903, p. i 10 et suiv.
carrés, vaste crypte sous le chœur. En comparant le style de ce monument avec celui d'autres édifices de date connue, on constate qu'il ne peut guère être antérieur au xf siècle.
U église JNotre-Dame (i ) présente à peu près la même disposition que Saint- Servais, mais son narthex est d'un aspect différent ; il se rapproche davantage du type que nous avons vu à Celles et à Fosses. L'entrée est latérale et le magnifique chœur est entouré d'un circuit et repose sur de belles colonnes monolithes à chapiteaux historiés.
h'égîise de Susteren (2) est une fondation de l'abbaye de Saint-Willebrord à Echternach et sa construction relève des mêmes principes. Elle porte des traces de l'influence clunisienne. L'avant-corps, surmonté de deux tours carrées encadrant le pignon de la nef, a déjà plus d'un trait commun avec les façades françaises, sauf toujours l'entrée latérale. La nef, sans voûtes, est portée sur des piliers alternant avec des colonnes, le transept est rectangulaire, le chœur en hémicycle. Des galeries existent au-dessus des bas-côtés.
Nous ne faisons que mentionner ici le beau munster de T^uremonde, qui appartient déjà, par ses voûtes et sa sculpture, au style gothique. Donnons, comme point de repère, la date de sa construction : 1218 à 1224.
Les églises du Limbourg belge sont très loin d'égaler en importance celles du territoire néerlandais. 11 ne nous est resté que quelques petits édifices plus ou moins intacts et un bon nombre de fragments.
L'une des mieux conservées est Véglise Saint-Pierre à Saint-Trond (3 , qui présente des caractères rhénans très accentués : tour occidentale inachevée, escalier logé dans l'épaisseur des murs, voûtes d'arêtes aux trois nefs, piliers cruciformes, chevet semi-circulaire orné d'une galerie ajourée comme celle de Saint-Nicolas-en-Glain et absides aux bas-côtés. Cet édifice doit dater de la seconde moitié du xii^ siècle.
La ville de Saint-Trond a encore deux autres églises romanes précédées
L'architec ture romane enBelgique^
(i) ScHAYEs, op. cit., t. 11, p. 144 ; — Gilde de Saint-Thomas et de Saint-Luc, t. XI, 1903, p. 47 et suiv.
(a) Gilde de Saint-Thomas et de Saint-Luc, t. XI, 1903, p. 56; — Dehio et von Bezold, op. cit., pl. XLVn.
(3) Messager des sciences historiques, 1861, p. 269 ; — Gilde de Saint-Thomas et de Saint- Luc, t. 11, 1871-1873, p. 2 38 ; — T^evue de l'Art chrétien.
'L'architec- d'une tour occidentale, celles de Saint-Martin (i) et de Saint-Gangulphe. ture romane La première avait, avant sa reconstruction, trois nefs à piliers carrés, en^elgicjue^ sans voûtes, mais pas de transept. La seconde a encore des piliers carrés, un transept, une abside semi-circulaire et les fenêtres supérieures sont encadrées d'arcades reposant sur des demi-colonnettes.
Près de Saint-Trond, V église gothique de Zepperen a gardé sa remarquable tour romane occidentale, très décorée, assez semblable à celle de Hérent, dont il sera question plus loin.
1^'église de Wilderen, près de la même ville (2), possède un clocher couvert en bâtière à croupes.
UégUse JNotre-Dame à Tongres n'a plus de roman que son magnifique cloître, le plus beau de la Belgique (3).
Près de Tongres, existent plusieurs églises relativement bien conservées. Celle de Berg contient un chœur ogival, mais la base du clocher occidental et la nef centrale, ainsi que des parties du transept, sont romans. Les piliers rectangulaires sont arrondis aux angles et couronnés d'abaques saillantes de deux côtés seulement; le plafond est plat, le transept orné à l'extérieur d'arcatures et de pilastres.
\Jéglise de Sluze était jadis très intéressante, mais elle a été restaurée de façon malheureuse il y a peu d'années (4). Le clocher occidental est orné, aux étages supérieurs, d'ouïes géminées séparées par des colonnettes sans arc de décharge commun. Le choeur se compose d'une partie carrée et d'une abside en cul-de-four. La nef a été entièrement renouvelée.
On rencontre près de Maeseyck une des plus intéressantes églises de la contrée : celle d'Jlldeneyck (5), qui, elle aussi, a été fort mal restaurée. L'avant-corps est de l'époque de transition. Les nefs sont portées sur des piliers carrés à impostes ; les fenêtres supérieures ne correspondent pas aux travées. 11 n'y a pas de voûtes. Cette église était en ruines au milieu du siècle dernier.
(1) Messager des sciences historiques, i858, p. 129.
(2) Reusens, op. cit., t. 1, p. 4o3.
(3) Gilde de Saint-Thomas et de Saint-Luc, X. W , 1903, p. 64; — Schayes, o;?. cit., t. Il, p. 147.
(4) SCHAYES, op. cit., t. 11, p. 149.
(5) Messager des sciences historiques, 1 861 , p. 1 33.