‹ Les origines du style gothique en BrabantChapitre 8 sur 55 · CHAPELLE DE MONT-SAINT-JEAN · texte numérisé non relu

CHAPELLE DE MONT-SAINT-JEAN

[Oiché du Bulletin des Métiers d'art.) PRÈS MAESEYCK.

'L'architec - Le vaisseau de Véglise de Vliermael (i) est moderne, mais le clocher occiture roincine dental est très ancien. Son appareil renferme du silex, des pierres ferrugien^elgiijue» neuses, du tuf et des débris de tuiles romaines.

11 en est de même de la tour d'Oostham (2), très large et très trapue, où la pierre ferrugineuse domine à la partie inférieure — on y trouve de la maçonnerie en arête de poisson — et où l'étage supérieur est en charpente.

Les nefs de Véglise de Looz avaient été très abîmées, mais on vient de les rétablir dans leur état primitif. Elles faisaient partie d'une église très ancienne bâtie en silex, à piliers carrés, chevet plat et transept.

l^'égiise de Cortessem et celle de Wintershoven ont le même caractère et sont bâties avec les mêmes matériaux. La seconde n'a qu'une seule nef, mais la première a trois nefs, un chevet plat et elle est ornée à l'extérieur de grandes arcades encadrant les fenêtres.

11 reste des tours occidentales simples et carrées à T^usson, près de Tongres, à Gruitrode et à Brée ; des détails de sculpture romane à Cothem, près Saint-Trond.

Enfin, à Mont-Saint-Jean, près Maeseyck (fig. 21), subsiste le chœur d'une ancienne église qui forme actuellement une petite chapelle en ruines (3). On verra, d'après le croquis que nous en donnons, qu'elle avait, dans un plan rectangulaire, deux espèces de voûtes juxtaposées : la voûte d'arêtes et la voûte en cul-de-four. Elle est extérieurement décorée d'arcatures sur pilastres.

La partie la plus pauvre de notre pays en églises romanes est, à coup sûr, celle qui répond à la province d'Anvers actuelle. Le seul monument quelque peu important qu'on y rencontre est un édifice d'importation : l'abbatiale de Postel (4). C'est une église de l'ordre de Prémontré, au caractère cistercien, consacrée en 1190. Elle comporte trois longues nefs portées par des piliers trapus, échancrés aux angles, un petit transept bas et peu saillant, et une abside semi-circulaire. Les piliers sont reliés deux à deux par de grands arcs de décharge. La voûte de la grande nef est du xvii' siècle; mais, à l'origine, les bas-côtés seuls étaient voûtés sur

( 1 ) Bulletin de la Commission royale d'art et d'archéologie, t. XXXV, 1 896, p, 89.

(2) Jhid.. t. XXXVIU, 1899, p. 254.

(3) Bulletin des Métiers d'art, t. 1, 1901-1902, p. 212.

(4) Annales de l' Académie d'archéologie, t. XXVIU, p. i38 et suiv.

FlG. 22.

Crypte de l'Église de Bornhem.

arêtes. Toutes les fenêtres furent agrandies. Le clocher qu'on voit actuellement est moderne, il n'y avait au début qu'un campanile de bois.

A Lierre, à côté de la belle collégiale de Saint-Gommaire, on voit une chapelle romane composée d'une nef et d'une abside ronde, actuellement modifiée. A Jiérenthals, le clocher central de la grande église est vraisemblablement de l'époque romane ou de la transition. A Wavre-JMotre- Dame, le clocher central et les fondations du transept sont des restes d'une église romane disparue ; il en est de même de la tour centrale de Schelle, près Boom, qui date de l'époque de transition.

Des clochers occidentaux, notablement modifiés, existent encore à Nombeek et à Bornhem. Ce dernier village possède aussi une remarquable crypte qui date probablement du xu' siècle et dont nous donnons la photographie (fig. 22). Contrairement à l'usage suivi généralement dans les cryptes, elle repose sur de gros piliers cylindriques appareillés et couronnés d'abaques circulaires.

Ces soutiens sont reliés par des voûtes d'arêtes très surbaissées et consolidées par des doubleaux.

11 existe une tour carrée latérale de l'époque de transition à Tfingene.

Un vieux dessin très sommaire, dans l'album de l'abbaye de la Cambre, conservé à la Bibliothèque royale, nous donne une vague idée de l'ancienne église de Boom. Ce n'était guère qu'une chapelle à une nef et à clocher devant le chœur.

Quelles conclusions se dégagent de cette sommaire énumération de monuments romans? Quels sont les caractères de tous ces édifices, leurs points de ressemblance, leurs affinités?

Si nous jetons un coup d'oeil sur la carte topographique de nos contrées, une première remarque s'impose : c'est que les zones les plus riches en monuments de cette époque sont précisément celles qui avoisinent le cours de nos deux grands fleuves, la Meuse et l'Escaut.

Nous n'avons pu, dans notre analyse, mentionner tous les restes d'édifices de style roman, mais ces quelques omissions ne peuvent modifier le résultat de cette première constatation. 11 importe d'observer aussi qu'une foule d'autres localités ont dû posséder des églises du même âge, et nous n'avons aucun motif de croire que les causes de destruction ou de reconstruction aient été plus grandes dans une contrée que dans une autre. Nous pouvons donc supposer qu'il reste partie à peu près égale des anciennes églises dans chacune des régions du pays. 11 n'y a certainement pas eu, au xii' siècle, dans le Luxembourg et la province d'Anvers, autant d'églises que dans les environs de Liège ou de Louvain ; la Campine et l'Ardenne étaient des régions pauvres et peu habitées avant le xiii^ siècle. C'est pourquoi aussi on y rencontre tant de monuments gothiques.

11 est notoire que la civilisation et aussi le christianisme — l'inspirateur des églises — ont suivi les grandes voies de communication entre les peuples, dont les plus importantes étaient les cours d'eau navigables. Dans les contrées situées à distance de ces voies de pénétration, le défaut de matériaux résistants et la difficulté des transports ont certainement contribué à maintenir plus longtemps qu'ailleurs la coutume des édifices en bois ou en torchis.

'L'architecture romane en Belgique^

Nous pouvons donc supposer avec raison que le tableau d'ensemble des TL* architec-

monuments romans, tel que nous le donnons, est une réduction à peu près ture romane

exacte de ce qu'il était au xiii^ siècle. Les conclusions que nous en dédui- etl^elgiciue sons s'appliquent par le fait même à l'état primitif.

On peut distinguer deux groupes d'églises romanes : celui de la Meuse et celui de l'Escaut.

Ces deux groupes accusent des difiFérences de caractère et de tendance? Y a-t-il, parmi nos églises romanes, un type mosan et un type scaldin? C'est ce que notre analyse a déjà montré. Depuis Hastière jusqu'à Aldeneyck, tout le long de la Meuse, il n'y a qu'une seule forme, invariable, d'églises : la basilique à piliers carrés (i), développée dans le sens longitudinal, dominée, du côté occidental, soit par un clocher, soit par un avant-corps monumental (2). Cette règle supporte à peine quelques — exceptions. Les transepts, quand ils existent, ont moins d'élévation que la nef principale (3) et, dans ces édifices, c'est le chœur rectangulaire qui est le plus fréquent. Souvent ce chœur n'a que la hauteur du transept (4). Dans les petites églises sans croisillons, on trouve le plus souvent une ou trois absides semi-circulaires.

Presque tous ces monuments avaient primitivement leur entrée dans les côtés latéraux, et la porte dans l'axe de l'église a été construite plus tard (5). Tous sont couverts de plafonds sur poutres et n'ont des voûtes romanes qu'aux parties basses : des voûtes en berceau ou en arêtes qu'au rez-de-chaussée des tours, en arêtes ou en cul-de-four qu'aux absides, en arêtes exclusivement qu'aux cryptes romanes (6). Plusieurs petites églises même, comme celle de Waha, sont absolument dépourvues de voûtes.

(j) Exceptions : Saint-Séverin, Susteren.

(2) Saint-Barthélémy et Saint-Jacques à Liège; Saint-Servais et Notre-Dame à Maestricht ; Amay, Susteren.

(3) Exceptions : Saint-Servais de Maestricht, Saint-Séverin, Susteren.

(4) Exceptions : Saint-Servais de Maestricht, Notre-Dame, Hastière, Celles, Xhignesse.

(5) Exceptions : Saint-Séverin, Seilles, Lobbes, Saint-Pierre à Saint-Trond.

(6) Exceptions : Saint-Séverin, Saint-Pierre à Saint-Trond.

On constatera que la plupart des exceptions sont constantes et appartiennent à un petit nombre d'églises : Saint-Séverin, qui relève plutôt du domaine de la Belgique occidentale ; Saint-Pierre à Saint-Trond, qui est une église tout à fait rhénane ; Susteren, qui est un abbatiale clunisienne.

ï.^ archttec- La décoration architecturale la plus fréquente est celle des arcatures ture romane aveugles reliées par des bandes murales, soit qu'elles revêtent la forme de enSelgi(Jue^ grandes arcades autour des fenêtres, comme à Celles (fig. ] 2, page 44), soit qu'elles se composent de corniches de petites arcatures, comme à Andenelle et à A/lont-Saint-Jean (fig. 21, page 61).

Si nous comparons cet ensemble de caractères avec ceux que nous avons rencontrés dans les écoles voisines de notre pays, en Champagne et aux bords du Rhin, nous constatons, à première vue, que, si notre style a subi des influences étrangères, c'est du côté du Rhin qu'il faut les rechercher.

Nous retrouvons au pays rhénan, dans les édifices d'importance analogue aux nôtres, des dispositions absolument semblables, tandis qu'aucun des caractères que nous venons de relever ne peut s'appliquer aux monuments français. Les grands avant-corps ou narthex mosans ne se retrouvent ni en Champagne ni en Normandie, alors qu'ils constituent une des caractéristiques propres à l'art rhénan (1). La simple tour-clocher occidentale, qui est une réduction de cette disposition, n'est pas moins germanique. 11 n'y a, dans le pays du Rhin, que quelques grandes églises conventuelles qui en soient dépourvues. Dans les petites églises, elle est de règle et il y a fort peu d'exceptions (2).

Le plan basilical à trois nefs sans transept est très commun en Allemagne dans les églises de village (3). On ne rencontre guère, dans ces mêmes églises, tout comme ici, d'autres soutiens que des piliers carrés. 11 y a également beaucoup d'exemples d'entrées latérales, quoique la règle soit moins générale que chez nous. En France, par contre, ces entrées sont totalement inconnues.

Or, le clocher occidental et l'entrée latérale sont deux caractères importants pour la classification, parce que ces dispositions sont surtout des créations arbitraires d'école, tandis que les plans, les soutiens, les moyens de couverture peuvent être quelquefois le résultat de nécessités matérielles

(1) Quedlinbourg, Saint-Castor à Coblence, Spire, Jerichow, Brauweiler, ete.

(2) Clemen, op. cit., passim.

(3) Exemples : Himmelgeist (Kr. Dusseldorf), Wichterich (Euskirchen), Odenthal (Miillheim), etc.

communes à plusieurs pays. Nous pouvons faire la même remarque pour la î> CXrchttecdécoration d'arcatures, qui est aussi germanique. fure rOTïlCtne

11 nous paraît donc indiscutable — plusieurs archéologues en ont déjà en3elgic[ue* fait l'observation — que l'art roman de la Belgique orientale est étroitement apparenté à l'art roman du Rhin.

Cette proche parenté n'exclut pas cependant quelques divergences.

Tout d'abord, nous ne rencontrons guère, chez nous, ces grandes églises, si nombreuses dans les pays du Rhin. A peine peut-on comparer l'un ou l'autre de nos monuments aux cathédrales de Spire, Worms, Mayence, ou aux grandes basiliques de Cologne, Neuss, Laach, Trêves et Bonn. Nos édifices sont plus pauvres et plus rudimentaires : point de luxe de clochers, de lanternes, de chapelles, de sculptures; tout y est simple, quelquefois barbare. Tandis que le Rhin adopte, dès le xii^ siècle, pour la nef centrale, les voûtes d'arêtes et, peu de temps après, les croisées d'ogives (]), il y a chez nous absence presque totale de voûtes, même dans les édifices les plus importants. La plus grande et la mieux conservée de nos basiliques mosanes, Sainte»Gertrude à Nivelles, a les dimensions, le plan, l'avant-corps, les deux absides, les deux transepts des cathédrales du Rhin, mais elle n'avait pas de voûtes dans les nefs, et n'a pas de lanterne au transept. Ces belles tours-lanternes, qui se voient dans presque toutes les églises monastiques d'Allemagne (2), sont presque inconnues dans notre pays.

Les caractères communs au style roman et au style rhénan sont donc le plan, la forme des soutiens, l'esprit général de la construction, l'ornementation en arcatures, mais surtout la disposition du clocher et des entrées. Ils se diffèrent par une plus grande simplicité chez nous, par l'absence des sculptures, des voûtes, des clochers multiples et des tours-lanternes.

Si nous passons maintenant aux églises de la partie occidentale de notre pays, nous y trouvons moins d'unité de caractères, quoique certaines tendances soient bien déterminées. Le type le plus fréquent et aussi le plus caractéristique est celui des bords de l'Escaut et de la Lys. Le plan y est

(1) Cf. Kraus, op. cit., t. 11, p. 159, note 2.

(2) Gerresheim, Werden, Bcdburg, Brauweiler, Knechtsteden, toutes les églises de Cologne, etc.

L archttec- plutôt d'aspect rayonnant^que longitudinal, le clocher est placé au-dessus ture romane de la croisée et non à la façade, il repose sur quatre grandes arcades poren^elgtCfue, tées par des piliers et c'est vers lui que converge, pour ainsi dire, tout l'édifice (]). L'aspect général du plan est la croix grecque ou légèrement allongée. Sauf dans quelques très petites églises à une seule nef, il y a partout un transept. Les absides en cul-de-four, si fréquents dans les petites églises de la Meuse, sont inconnues dans les campagnes des Flandres ; les chevets du chœur y sont terminés par des murs plats (2) ; les transepts ont généralement la même hauteur que la nef principale (3) ; les clochers sont ou bien carrés sur toute leur hauteur (4), ou bien, et plus fréquemment, octogonaux au-dessus des toitures de l'église. La façade n'est cachée par aucune espèce d'avant-corps ou narthex, mais elle est couronnée de son pignon, et la porte principale est invariablement percée dans l'axe de la grande nef.

Comme dans la partie orientale du pays, le plafond en bois est employé ici d'une manière générale. On ne trouve de voûtes que dans les basses nefs des très grandes églises et dans les chapelles adjacentes au transept. Les piliers carrés y sont plus rares et remplacés par des piliers en maçonnerie ronds ou composés (5). La décoration des galeries d'arcatures a pénétré jusqu'ici, mais d'une façon moins régulière que dans le pays de la Meuse (6).

Les églises de la région de l'ouest se distinguent donc de leurs voisines de l'est par trois caractères principaux : le clocher central, le plan rayonnant et les entrées occidentales, et par des caractères secondaires : la variété des soutiens, les chevets plats et les galeries sur les bas-côtés.

Or, nous constatons que, dans la grande majorité des églises françaises du nord, le clocher central et l'entrée occidentale (7), souvent aussi les

( 1 ) Voir le plan de Maria-Laethem et de Saint-Quentin de Tournai.

(2) Exception : chapelle de Saint-Basile à Bruges.

(3) Exception : Afsné.

(4) Westrem-Saint-Denis, Harlebeke.

(5) Saint-Basile à Bruges, Tournai, Soignies.

(6) Saint-Jacques de Gand, Élouges, Cathédrale et Saint-Donat de Bruges, chapelle de Chièvres, etc.

(7) Oi'geval (Seine-et-Oise), Feucherolles (id.), Guarbecques (Pas-de-Calais), Caudun (Oise), Lillers (Pas-de-Calais), etc. — Cf. JSouveJles archives de la Commission des monuments historiques; — Lefebvre-Pontalis, op. cit., passim.

étages supérieurs des tours y deviennent octogonaux. Cependant les tours T.' Ctrchitec françaises sont, en général, beaucoup plus riches et plus variées, avec leurs fure romane nombreuses rangées de lumières et d'arcatures, leurs contreforts et leurs en^eîgtcjue^ élégantes flèches en pierres.

Dans le type scaldin, l'école de Tournai présente quelques variantes, tant par sa richesse que par certaines caractéristiques du plan. La façade tournaisienne, tout en restant intimement dépendante de l'édifice, est relevée parfois par une ou plusieurs tours plus ou moins importantes (i) surtout vers le début de l'époque gothique.

Les triforiums intérieurs ou extérieurs trouvèrent place dans les nefs (2). La décoration riche et de bon goût, dont la cathédrale donna l'exemple, fut imitée en bien d'autres églises (3). Ce type tournaisien se répandit tout le long de l'Escaut jusqu'à Gand (4).

Dans l'école d'architecture de l'Escaut, nous ne voyons de clochers occidentaux qu'à certaines petites églises à une seule nef (5) ; mais, dans le bassin immédiat de la mer du Nord, ce type remplace presque exclusivement l'autre. Bruges, Snellegem, Thourout, Ypres, etc., ont des clochers scaldins pour la forme, mais néanmoins occidentaux. La constance de ce fait doit peut-être s'expliquer par des influences directes venues par mer, soit de l'Allemagne, soit de la Normandie. Ces églises se distinguent, du reste, des autres par un certain développement donné aux contreforts des clochers (6) et par l'emploi fréquent des arcades portées sur demi-colonnettes, consolidant les grands arcs. Ces deux particularités sont essentiellement françaises. On en trouve une foule d'exemples dans toute la région du nord, surtout dans le Soissonnais (7).

Par leurs plans, par la disposition des clochers et des entrées, par les galeries au-dessus des bas-côtés des grandes églises et par d'autres détails de structure, les églises de la partie occidentale de la Belgique ont donc

(1) Saint-Quentin, Sainte-Madeleine (xiii' siècle), Saint-Jacques (xiii' siècle).

(2) Saint-Piat, Saint-Pierre, Saint-Nicolas.

(3) Saint-Piat, Saint-Jacques.

(4) Saint-Jacques, Saint-Nicolas, Notre-Dame à Deynze (xiv' siècle), Notre-Dame de Pamele à Audenarde (xiii' siècle).

(5) Landskouter, Mespelaere.

(6) Ypres, Thourout.

(7) JSouvelles archives de la Commission des monuments historiques ; Lefebvre-Pontalis.op- cit.

'L*architec - subi l'influence de la France du nord. Comme celles-ci aussi, elles manquent ture romane totalement de voûtes. Elles sont cependant, en général, plus simples et plus enBelgique, grossièrement construites.

De tout ce qui précède, il résulte que les deux grands fleuves de notre pays commandent vraiment à deux régions où le style roman s'est surtout développé et où il a revêtu des formes différentes. La Meuse et la Sambre voient régner un style d'influence rhénane, la Lys et l'Escaut un style apparenté à celui de la France. Dans les régions intermédiaires, telles que le Hainaut, nous voyons les deux tendances se coudoyer et se confondre. L'objet du chapitre suivant sera d'examiner en détail quelle est la situation dans le Brabant.

En résumé, le style roman n'a guère en Belgique de caractère propre. 11 emprunte tout aux écoles voisines dont il dépend, sauf précisément ce qu'il y a de plus difficile à imiter : la décoration riche et les voûtes. Le style rhénan est le premier de l'Allemagne, le style champenois est, au contraire, un des plus arriérés de la France. Tous deux, même le dernier, ont cependant donné des œuvres dépassant de loin celles de la Flandre et de la Lotharingie. Ils ont connu, l'un et l'autre, l'emploi de la voûte dès le xii' siècle, tandis qu'en Belgique, nous espérons le montrer dans le second volume, on ne trouvera l'emploi systématique des voûtes qu'à partir du XIV* siècle.

Pauvreté d'ornementation et absence de voûtes : tels sont, en somme, les seules particularités du style roman dans notre pays.

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