PU CC TNA 1 FA
lutionnaire, une gazette hebdomadaire, le Socialisme. Ils reprennent ainsi la tradition de l’ancien Parti ouvrier français, fondé en 1882 par M. Jules Guesde et Paul Lafargue. Ils ont avec eux la doctrine offcielle du socialisme international, qui n'a jamais reconnu au syndicalisme la valeur révolutionnaire spécifique que lui assigne la Confédération Générale du Travail.
Mais le syndicalisme révolutionnaire, dès cette année 1906 qui est bien son « pôle », à quelque point de vue que l'on veuille se placer, a conquis dans le Socialisme des assentiments considérables. Des théoriciens éminents, M. Georges Sorel, M. Hubert Lagardelle, M. Édouard Berth et les autres « intellectuels » qui, de 1899 à 1909, ont rédigé en commun les deux premières séries de la revue le Mouvement socialiste (1), ont trouvé dans Paffirmation du syndicalisme révolutionnaire par la Confédération Générale du Travail les éléments d’une rénovation de la pensée et de l’action socialistes. Bon nombre de militants du parti socialiste les ont suivis. Ceux-ci, soit dans des journaux publiés en commun avec des dirigeants de la Confédération Générale du Travail (l' Avant garde,en 1905, l'Action
1. Ils sont aujourd’hui divisés. La pensée de M. Sorel et de M. Édouard Berth a évolué vers le néo-monarchisme de l’ Action française, auquel ils apportent l'appoint des thèses syndicalistes. Voir Sorel, la Révolution dreyfusienne. Marcel Rivière, éd. 1909.
directe, en 1905), soit à l'intérieur du parti ou dans les agitations socialistes quotidiennes, ont mené contre le « guesdisme » une bataille où leurs efforts se sont joints aux efforts des socialistes partisans de l’insurrection armée, dont M. Gustave Hervé est le chef, et qui publient le journal /a Guerre sociale. Parfois même, M. Jaurès et les socialistes réformistes on! fail cause commune avec eux.
L'année 1906 étant ainsi l'année par excellence des affirmations syndicalistes révolutionnaires, on s’explique : d’une part, que presque toute la littérature consacrée au syndicalisme révolutionnaire par ses apologistes, ses critiques, ou ceux qui l'ont étudié objectivement, soit postérieure à 1906 ; d’autre part, que les éléments de la présente étude aient presque tous été recherchés dans la période antérieure à l'année 1906.
Les exposés du syndicalisme révolutionnaire ont été nombreux dans les années qui ont suivi 1906. Sans vouloir dresser une bibliographie générale, on doit signaler surtout,en laissant de côté les ouvrages mêmes des théoriciens ou des hommes d'action syndicalistes :
Camille Bouglé, Syndicalistes et Bergsoniens,in Revue du Mois(avril 1909).— Maurice Bourguin, Un Nouvel essaisur le régime socialiste, in Reoue poliliqueet parlementaire (février 1908). — KF. Challaye, Syndicalisme révolutionnaire et syndicalisme réformiste, dans Zievue de Mébathysique, et chez Alcan. Paris, 1909. — Paul Deschanel, Discours prononcés
à la Chambre des députés le 8 mai 1907 et le23 octobre 1908 (l'Organisation dela Démocratie, p. 39 à 115). — Duguit, Le
Syndicalisme, in Revue politique et parlementaire, juin 1908.
— Eugène Fournière, les Illusions de la violence, in Revue socialiste, février 1909. — Guy-Grand, la Philosophie syndicaliste (d’abord articles des Annales des Jeunesses laïques. depuis septembre 1908, puis 1 volume chez Grasset). — M'e Kristsky, l'Évolution du syndicalisme, Giard et Brière, éd. 1908. — H. de Larègle, la Confédération Générale du Travail,son état-major, Correspondant, 25 septembre 1908. — Le Gouélec, l’/dée syndicaliste, thèse de doctorat en droit (province, 1908). — Leroy-Beaulieu, le Syndicalisme et la Confédération Générale du Travail,Reoue des Deux-Mondes, 1er août 1908, — Levasseur, ie Syndicalisme en France, Revue Économique internationale, novembre 1908. — Martin Saint-Léon, le Syndicalisme révolutionnaire (conférence à la Semaine sociale d'Amiens 1907, éditée en 1907 à Lyon par la Chronique locale du Sud-Est). — Appendice à la 2° édition de l'Histoire des Corporations de métier. Alcan, édition 1909. — Olivier-Lacroye, À propos du matérialisme historique (Demain,12 avr.1907).— E.Para, les Contre-Révolutionnaires d’extrême-gauche (Revue l'Action française, 15 nov. 1908). — Plekhanoïf, Critique de la théorie et de la pratique du syndicalisme: Revue socialiste, janvier 1909.— Léon de Seilhac, le Syndicalisme révolutionnaire ‘et la C. G. T. (Correspondant, 25 juin 1908). — Maurice Spronck, l'Esprit nouveau des révolutionnaires : un théoricien du syndicalisme, M. Sorel (Correspondant, 10 janv. 1909). — Turgeon, l'Esprit sy ndicalisie (Revue d'Économie politique, févr. 1908). — Villey, les Nouvelles forees sociales, le Syndicalisme (Revue d'Économie politique, nov. et déc. 1907). — A... et Z..., les Contradictions du syndicalisme révolulionnaire, Revue socialiste, fév. 1907. — Ajouter: Ch. Gide et Ch. Rist, Histoire des Doctrines économiques, p. 375, 564, 947 (2° éd., Larose et Tenin, 1913).