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LA PÉRIODE CORPORATIVE

Pendant les dernières années du second Empire, le mouvement qui portait les ouvriers vers l’association professionnelle s'était manifesté avec force. On vit reparaitre les « mutualités », apparues pour la première fois sous le régime de Louis-Philippe, et les «résistances ». Les « Chambres syndicales » furent créées, et quarante d’entre elles s’unirent, en 1869, pour former la Chambre fédérale des sociètés ouvrières de Paris. Enfin et surtout l’Association internationale des travailleurs exerçait une action puissante (1).

Ce mouvement syndical aurait probablement

1. Voir notamment : Paul Louis, Histoire du mouvement syndical en France. Alcan, éd. Paris, 1907, chap. VII. — Puech, le Proudhonisme dans l'association internationale des travailleurs. thèse de doctorat en droit. Paris, 1907. — Albert Thomas, t. X de l'Histoire socialisté. Rouff éd. Paris, 1907. — Zévaës, le Syndicalisme contemporain. Albin Michel, éd. Paris, 1911, chap. HI.

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amené la classe ouvrière à prendre une attitude combative. Les grèves devenaient nombreuses, quelquesunes étaient considérables. Elles inquiétaient la bourgeoisie libérale et conservatrice opposanie à l'Empire (1). Quant au gouvernement, depuis la loi du 25 mai 1864 abrogeant le délit de coalition, sa ligne de conduite n’était plus bien nette. Il adoptait successivement des attitudes contradictoires (2).

La guerre survint, puis l'insurrection communaliste et sa répression sévère. Le nombre des insurgés tués dans la lutte contre l'armée de Versailles ou exéculés sommairement est évalué à 20.000 par M.Bourgin (3),à 19.000 par M. Gabriel Hanotaux (4). Il y eut environ 46.000 procès, dont 23.000 aboutirent à des condamnations. Bon nombre d'ouvriers syndiqués furent ainsi frappés. Non pas que l'insur-

1. Lire un curieux ouvrage, à tendances orléanistes, d'Edmond Villetard, rédacteur au Journal des Débats, Histoire de l’'Internationale. Garnier frères, éd. Paris, 1872, — Voir aussi M. de Molipari, le Mouvement socialiste, Garnier éd. Paris, 1871.

2. Les membres du Conseil général de l’Internationale se vantèrent au Congrès de 1868, à Bruxelles, d’avoir été sollicités d’une entrevue par M. Rouher. Au même moment, le premier procès de l’Internationale se terminait par des condamnations à 100 fr. d'amende seulement (arrêt du 22 avril 1868). Au deuxième procès, chacun des prévenus fut condamné à trois mois de prison (arrêt du 24 juin 1868). Aux troisièmes poursuites intentées par le ministère libéral de M. Émile Ollivier, ce furent des condamnations à une année de prison (jugement du 8 juillet 1870).

3. Histoire de la Commune, un volume de la « Bibliothèque socialiste », Cornély et Cie, éd. Paris.

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