B. — DANS LA VALLÉE DU SAINT-LAURENT
Le premier « foyer d’appel » avait été la baie de Fundy que sa largeur et sa profondeur avaient fait prendre pour un bras de mer, un détroit ou l’embouchure d’un fleuve mettant en commurication avec le Pacifique. Or la baie est une impasse. On le constata bientôt. Déçu, on descendit le long,de la côte jusqu’au cap Cod sans renconiver toutefois de cours d'eau dé conséquence. C’est alors qu’on se resouvint des explorations de Cartier et de la « grande rivière de Canada ». « Pour le désir qu’a le Sieur de Monts de pénétrer dans les terres jusques à la mer Occidentale, et par là, parvenir quelque jour à la Chine, il délibéra de se fortifier en un droit de la rivière du Canada... » (2) À l’ambition de découvrir un passage vers l’Asie, il se méêlait des raisons de défense et de « proffit >». Champlain nous explique que son maître « changea de lieu, afin d’oster aux envieux (Basques et Bretons) l’ombrage qu’il leur avait apporté; meu aussi de l’esperance d’avoir plus d'utilité au dedans des terres où les peuples sont civilisez, et est plus facile de planter la foy Chrestienne et establir un ordre comme il est nécessaire pour la conservation d’un pays, que le long des rives de la mer, où habitent ordinairement les sauvages: et ainsi faire que le Roy en puisse tirer un profjit inestimable: Car il est aisé à croire que les peuples de l’Europe rechercheront plutost cette facilité que non pas les humeurs envieuses et farouches que suivent les costes et les barbares » (3).
(1) Champlain, [. 231-232 (1022).
(2) Lescarbot, III. 614.
(3) Champiain, Les Voyages, Paris, Jean Berjon, 1613, 5-06.